Essai Mitsubishi Grandis de 158 ch

Le Mitsubishi Grandis revient sur le marché européen, mais pas sous la forme qu’on attendait. Adieu le monospace familial d’antan, bienvenue à un SUV compact hybride de 4,41 mètres. Basé intégralement sur le Renault Symbioz, le modèle nippon hérite de la plateforme CMF-B et de l’hybridation E-Tech de 158 ch. Une formule pragmatique pour affronter la concurrence des SUV familiaux peu gourmands en carburant. Mais au-delà de ces origines communes, Mitsubishi parvient-il à se démarquer ? La réponse réside dans notre essai sur route.

Bonnet blanc, blanc bonnet

Reconnaissons-le, les stylistes de Mitsubishi ont dû faire preuve de finesse pour imposer l’ADN de la marque sur ce Grandis. L’avant s’inspire clairement du Symbioz, mais s’en distingue avec une calandre Dynamic Shield plus massive. Cette dernière domine le bouclier avant noir, tandis que le logo aux trois diamants gagne en présence. Le message passe, subtil mais efficace. À l’arrière, la différenciation s’exprime par des détails. Les feux s’agrandissent légèrement, accueillant la signature lumineuse Hexaguard Horizon, tandis que des bandeaux noirs structurent le pare-chocs. C’est dans ces subtilités qu’on reconnaît la touche Mitsubishi.

Le Grandis profite de cette alliance stratégique avec le groupe Renault. Cette synergie lui confère agilité industrielle et liberté de conception limitée à la fois. C’était le prix à payer pour pouvoir proposer dans son catalogue un SUV hybride en phase avec le marché européen. Ses proportions affichent un engin robuste aux lignes épurées, sans extravagance. Un design qui vieillit bien, pragmatique, fondamentalement dénué de prise de risque excessif.

Badge différent, qualités identiques

À bord, on constate que Mitsubishi a limité les changements. Honnêtement, seul le logo diffère. L’habitacle demeure extrêmement proche du Symbioz dans ses formes, matériaux et teintes. Cela n’est point un reproche. L’ambiance s’avère franchement agréable, l’ergonomie d’une limpidité exemplaire. Pour le conducteur, tout s’organise autour de l’écran tactile vertical de 10,4 pouces animé par Google Automotive. Ce dernier s’avère facile à appréhender, fluide dans sa navigation. Bien entendu, il n’empêche pas la connectivité avec CarPlay et Android Auto.

Les équipements de dernière génération garnissent le Grandis. Régulateur adaptatif, freinage autonome, alerte de franchissement involontaire de ligne. Tout se retrouve sous la bannière Mitsubishi Intelligent Pilot, rebaptisant la conduite semi-autonome de niveau 2. Ces aides gagnent réellement en efficacité. La modularité demeure un atout majeur. La banquette arrière coulisse sur 160 millimètres, permettant d’ajuster l’habitabilité des passagers. Le coffre s’adapte de 492 litres jusqu’à 1 682 litres dossiers rabattus. Identique au Symbioz, c’est logique, mais c’est terriblement efficace.

Une motorisation hybride qui a fait ses preuves

En lançant notre parcours, on ne franchit pas une frontière inconnue. Les sensations du Symbioz hybride se retrouvent d’emblée. Plateforme technique partagée, puissance identique à 158 chevaux. Suffisant ? En ville, l’affaire se traite sans tracas. Le moteur thermique s’efface régulièrement en mode électrique, offrant fluidité, discrétion et sobriété remarquable. Sur autoroute, c’est un autre registre. Le 0 à 100 km/h s’exécute en 9,1 secondes, soit à peine une seconde de moins que l’Outlander de 306 ch. Les reprises s’avèrent correctes, bien que quelques hésitations de la transmission se manifestent lors des transitions entre bloc électrique et thermique.

En s’appuyant sur Renault pour l’hybridation, Mitsubishi gagne du temps et de l’efficacité. Le système fonctionne avec une batterie lithium-ion de 1,4 kWh. La récupération d’énergie au freinage cohabite donc avec les freins mécaniques, expliquant l’inconstance parfois perceptible de la pédale. Entre 3,5 et 5,0 l/100 km en conduite mixte, voilà les chiffres réalistes. Sur autoroute à allure soutenue, l’appétit atteint 6,5 l/100 km. Sur notre parcours réel, nous avons oscillé constamment dans cette fourchette, honnête pour le segment. Pas de mauvaise surprise à la pompe. On ne comprend pas toujours ce qui se passe sous le capot, mais peu importe. Ça marche.

Confortable pour aligner les kilomètres

Le Mitsubishi Grandis coche les cases du SUV familial hybride et peu gourmand en carburant. Il propose un comportement routier prévisible, stable et rassurant. On notera tout de même un amortissement légèrement percutant à basse vitesse, notamment en ville. Renault maîtrise l’art de la mise au point de châssis, et là encore, Mitsubishi en bénéficie. Le freinage s’avère plutôt efficace pour gérer les régénérations rapides, nécessaires au bon fonctionnement du système hybride. On regrettera cependant une fois encore, cette pédale qui réagit parfois différemment entre deux freinages. Rien de bien méchant, mais on le ressent.

Sur route sinueuse, le Grandis maintient le cap avec un assez bon ressenti dans la direction. L’insonorisation s’avère correcte, limitant les bruits en tout genre. La transmission assistée par le système hybride accepte les accélérations progressives sans vraiment d’à-coups, en dehors des kickdown. Le bloc électrique booste nettement les reprises, qui ont quelque chose de rassurant quand on s’apprête à entamer un dépassement. Pour les trajets quotidiens en agglomération ou les longs parcours autoroutiers, le Grandis demeure plutôt agréable. En s’appuyant sur l’expertise du constructeur européen de l’Alliance, évidemment le Japonais vise plutôt juste par rapport à ce marché.

Gamme réduite, garantie maximum

Le Mitsubishi Grandis séduit par son approche équilibrée. Ni flamboyant, ni révolutionnaire, il se positionne entre bon sens et efficacité. Pour le client de la marque en quête d’un SUV familial confortable, motorisé en hybride, le produit mérite sérieusement l’attention. Les tarifs débutent à 36 890 € pour l’entrée de gamme. Les versions intermédiaires franchissent les 39 000 €, tandis que les finitions haut de gamme approchent les 42 000 €. Mitsubishi joue la carte de la sérénité en proposant une garantie de 5 ans minimum ou 160 000 km, l’une des plus généreuses du secteur. En regard du Symbioz, c’est justement valorisé. Le Grandis ne révolutionne rien. Il n’en a nulle ambition. Ses véritables atouts résident dans sa consommation maîtrisée, son intérieur fonctionnel.

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