Cyberattaque contre JLR : la production automobile britannique s’effondre

La cyberattaque visant Jaguar Land Rover fait chuter de 27 % la production automobile britannique en septembre, aggravant la crise du secteur.

Une cyberattaque qui paralyse l’industrie automobile britannique

Le secteur automobile britannique a subi un choc majeur en septembre, marqué par une chute de 27 % de sa production, conséquence directe de la cyberattaque ayant paralysé Jaguar Land Rover (JLR). Selon les chiffres publiés le 24 octobre par la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), la production nationale est tombée à seulement 51 090 unités le mois dernier. Cette attaque informatique, la plus grave subie par un constructeur britannique depuis des années, a plongé l’industrie dans une crise sans précédent.

La baisse globale de la production automobile, incluant les véhicules commerciaux, atteint même 36 %, un recul aggravé par la fermeture de l’usine de fourgonnettes Vauxhall de Stellantis à Luton plus tôt dans l’année. Cette combinaison de facteurs illustre la fragilité du tissu industriel britannique, confronté à des défis structurels allant de la transition électrique à la compétitivité internationale.

Jaguar Land Rover au cœur de la tourmente

Premier constructeur automobile du Royaume-Uni, Jaguar Land Rover a été contraint de suspendre la production de ses modèles pendant plus de cinq semaines à la suite de la cyberattaque. Les systèmes informatiques, essentiels à la gestion des chaînes d’assemblage et de la logistique, ont été gravement touchés. Cette paralysie prolongée a eu des répercussions en cascade sur des centaines de fournisseurs, notamment des PME locales fortement dépendantes de l’activité de JLR.

Face à l’ampleur des dégâts, le gouvernement britannique est intervenu en urgence, octroyant un prêt garanti de 1,5 milliard de livres sterling (environ 2 milliards de dollars) afin d’éviter une crise de liquidité et de soutenir la reprise progressive de la production. Le redémarrage des usines s’effectue désormais par étapes, mais la cadence reste loin des niveaux habituels.

Cette cyberattaque a également mis en lumière la vulnérabilité numérique du secteur automobile, de plus en plus dépendant des technologies connectées et des systèmes de gestion automatisés. Pour JLR, dont les modèles de luxe sont synonymes d’innovation et de performance, l’impact sur la réputation et la confiance des clients pourrait être significatif à moyen terme.

Une industrie déjà fragilisée

Avant même cette attaque, l’industrie automobile britannique connaissait une période de forte contraction. Le pays, autrefois l’un des piliers de la production automobile européenne, peine à retrouver son dynamisme d’avant-Brexit. Selon les analystes du SMMT, la production britannique pourrait atteindre cette année son plus bas niveau depuis plus de 70 ans, un seuil symbolique qui illustre la lente érosion de la compétitivité nationale.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la hausse des coûts de production, les difficultés logistiques post-Brexit, la transition vers les véhicules électriques et la réduction des volumes chez certains constructeurs historiques. Jaguar Land Rover en est un exemple frappant. Le groupe a mis en pause la production de nouvelles voitures Jaguar, le temps de préparer le lancement d’une nouvelle gamme 100 % électrique haut de gamme, prévue dans les prochaines années.

Cette phase de transition vers le luxe électrifié, bien que stratégique à long terme, a contribué à la baisse temporaire des volumes de production. Le constructeur espère repositionner la marque Jaguar sur le segment des véhicules de prestige à forte valeur ajoutée, tout en consolidant les performances de Land Rover sur le marché des SUV premium.

Un secteur sous tension mais tourné vers la reprise

Selon Mike Hawes, directeur général de la SMMT, la reprise reste fragile malgré quelques signes d’amélioration. « Bien que la situation se soit améliorée, le secteur reste sous une pression immense », a-t-il déclaré. Cette pression s’exerce à plusieurs niveaux : logistique, technologique et économique. Les fabricants doivent non seulement renforcer leur cybersécurité, mais aussi investir massivement dans les infrastructures de production de véhicules électriques et dans la formation de la main-d’œuvre.

La cyberattaque contre JLR agit ainsi comme un révélateur des faiblesses structurelles du secteur automobile britannique. Elle met en lumière la dépendance d’un grand nombre de sous-traitants à un nombre restreint de donneurs d’ordre, ainsi que le manque de diversification de la chaîne d’approvisionnement.

Malgré tout, le gouvernement britannique et les acteurs de l’industrie espèrent que les mesures de soutien et la modernisation des sites industriels permettront un rebond progressif. L’avenir du secteur reposera sur sa capacité à allier innovation technologique, sécurité numérique et transition énergétique, tout en maintenant la réputation du luxe automobile britannique.

Notre avis, par leblogauto.com

La cyberattaque contre Jaguar Land Rover souligne la fragilité d’une industrie automobile britannique déjà en difficulté. Si la reprise progressive de JLR est un signe encourageant, la dépendance du pays à quelques grands constructeurs reste un risque majeur. Le soutien gouvernemental apporte une bouffée d’air, mais la crise rappelle la nécessité de renforcer la cybersécurité et de diversifier les sources de production. L’avenir de la filière passera inévitablement par une modernisation accélérée et un recentrage sur le haut de gamme électrifié.

Crédit illustration : JLR.

(10 commentaires)

  1. « la production automobile britannique s’effondre »

    Avec un peu de méchanceté …. Je poserais la question : de beaucoup ?

    A part l’épisode « Evoque »… Franchement, depuis 20 ans, les JLR sont en voie de disparition…
    Ils n’ont pas besoin de cyberattaque pour vendre moins ! 🧐

    1. Le New Defender c’est 110 000 exemplaires écoulés l’an passé, à un tarif moyen de 60 000 ou 70 000€.
      Il y a beaucoup de constructeurs européens qui aimeraient avoir ce type de ventes.
      Pour comparer, l’ancien Defender c’était environ 20 000 exemplaires chaque année, le Classe G c’est 42 000 exemplaires, tous modèles confondus, donc inclus les versions diesel réservées aux marchés non européens et aux militaires si des armées en achètent encore, et le Grenadier ce serait 25 000 à 28 000 exemplaires en 2024.
      Donc non, ce n »est pas parce que les LR neufs sont rares sur nos routes que c’est le cas dans le reste du Monde.

        1. Ne pas oublier les études de fiabilité internationales … Donc pas forcément française … Qui place JLR dans une position pire que Stellantis ? Quand même !
          Cela ne doit pas être une bonne pub pour les ventes dans le monde !?

          1. vous avez un lien vers ces études ?
            Parce que parfois elles sont basées sur du flou.
            Par exemple un rapport d’un association de consommateurs US qui casse le VW ID4 alors qu’aucun client n’avait été livré, il s’agissait uniquement d’essais sur des modèles de démo en concession.
            Où qui parle des coûts des pannes subies sur de véhicules asiatiques. Problèmes connus ayant fait l’objet de rappels préventifs et pris à 100% par la marque.

  2. En fait pour vous le Brexit est responsable de tout !!
    Même de la cyberattaque tant qu’on y est …c’est ridicule
    Quand à JLR il a réalisé le meilleur résultat fiscal de son histoire sous l’ère du groupe TATA et les défender et range Rover font un carton partout dans le monde sauf en France ou massacre ce type de véhicules à coups de malus délirants ….resultat il ne s’immatricule plus en France de grosses voitures et la conséquence est une baisse de recette de TVA dramatique …alors le Brexit comparé au naufrage économique de la France c’est un rêve !

    1. @Paris
      Désolé, je n’ai pas suivi le rapport avec le Brexit…
      Pour le Brexit, une majorité des Anglais le regrette aujourd’hui !
      Ce n’est pas parce que cela va mal en France … Que le Brexit est une réussite !

  3. Connaît on l’origine de la cyberattack ? Russie, Chine, Pakistan, ou plus simplement des cybercriminels demandant une rançon ?
    Dommage pour JLR leur nouvelle gamme redresse la tête je trouve

    1. Les articles ont surtout parlés de cybercriminels demandant une rançon. Mais il va falloir un peu de temps avant que tous les éléments soient connus et la réalité de l’attaque dévoilée.
      C’est un peu comme l’attaque du Louvre, au départ c’était une bande de supers bandits, et au final des mecs qui perdent une partie de l’outillage et du butin, ont des téléphones allumés sur eux et laissent des bouts d’ADN partout derrière eux, donc plutôt cambrioleurs pas vraiment futés qu’autre chose.

  4. A ne pas oublier! JLR était en en déficit de plusieurs milliards il y a quelque années seulement.
    Depuis peu le groupe a inversé la situation et génère des profits qui ne cessent de croître. La cyber attaque a mis à l’arrêt les usines voyons les chiffres d’ici quelques mois.

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