Chine : réduction des droits sur les déchets de batteries

La Chine réduit ses droits d’importation sur les déchets de batteries pour stimuler le recyclage et sécuriser les matières premières.

La Chine soutient l’industrie du recyclage des batteries

La Chine a décidé de réduire les droits d’importation sur certains déchets de batteries, dans une initiative visant à renforcer son secteur de recyclage et à sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques. À partir du 1er janvier, le droit de douane sur la masse noire des batteries lithium-ion, un matériau de rebut clé dans la filière, est passé de 6,5 % à 3 %. Cette mesure s’inscrit dans une série d’actions entreprises par Pékin pour soutenir les recycleurs confrontés à une surcapacité et diversifier les sources d’approvisionnement en métaux stratégiques.

Edgar Gao, analyste chez Sublime China Information Co., souligne que « cette modification tarifaire peut être considérée comme un coup de pouce politique à l’industrie du recyclage des batteries au lithium. Elle pourrait offrir certains avantages aux clients qui importent directement d’Europe et des États-Unis ». Cependant, il tempère ces attentes en rappelant que l’effet sera limité, car des pays comme la Corée du Sud et plusieurs nations d’Asie du Sud-Est bénéficient déjà de droits douaniers plus faibles sur ces produits.

Depuis août, la Chine avait déjà assoupli certaines restrictions sur l’importation de déchets de batteries, autorisant notamment l’entrée de matériaux répondant aux normes nationales. Ces matériaux incluent les batteries au lithium-fer-phosphate ainsi que celles contenant du nickel ou du cobalt, deux métaux essentiels pour l’industrie automobile et les véhicules électriques.

Une surcapacité persistante malgré la demande

La Chine est aujourd’hui le leader mondial du traitement de la masse noire, un mélange poudreux de métaux extrait des batteries usagées de véhicules électriques et des déchets de fabrication. Cette ressource revêt une importance stratégique pour l’industrie automobile, car elle permet de récupérer du lithium, du nickel et du cobalt, éléments cruciaux pour la fabrication de nouvelles batteries.

Cependant, l’industrie chinoise du recyclage fait face à une problématique structurelle : de nombreux recycleurs ont construit des capacités supérieures à la demande réelle, entraînant de faibles taux d’utilisation. Lee Allen, analyste principal chez Fastmarkets, explique que « en théorie, la légalisation des importations et la baisse des taux tarifaires devraient stimuler les niveaux d’opération de recyclage, mais des règles de contenu strictes mettent à l’épreuve les flux commerciaux ». La plupart des masses noires disponibles sur le marché mondial peinent à répondre aux exigences chinoises concernant la teneur en fluorure soluble dans l’eau, limitant ainsi les volumes réellement importables.

Le prix de la masse noire, calculé en fonction du pourcentage de métal récupérable, a augmenté sur des marchés clés tels que la Corée du Sud au cours de l’année écoulée. Cette hausse reflète une combinaison d’offre restreinte et de forte demande, notamment liée à la croissance rapide du marché des véhicules électriques et à la pression pour sécuriser les matières premières essentielles pour les batteries lithium-ion.


Une orientation vers l’innovation technologique

Face à ces contraintes, les recycleurs chinois se tournent vers la technologie pour améliorer la qualité de traitement et se conformer aux normes d’importation strictes. Edgar Gao précise que l’industrie « se concentre désormais de plus en plus sur le développement technologique afin de traiter la masse noire provenant d’Europe et des États-Unis pour répondre aux standards chinois ». Cette stratégie vise à rendre les flux commerciaux plus efficaces et à soutenir la chaîne d’approvisionnement en matériaux critiques pour les batteries, tout en maximisant la valeur des métaux récupérés.

L’initiative de Pékin s’inscrit dans un contexte global de transition énergétique et de montée en puissance des véhicules électriques, qui augmente la pression sur les chaînes d’approvisionnement en lithium, nickel et cobalt. La réduction des droits d’importation peut donc être considérée comme un signal politique clair en faveur d’un recyclage plus efficace, mais son impact dépendra de la capacité des acteurs à répondre aux normes techniques et environnementales imposées par les autorités chinoises.

Notre avis, par leblogauto.com

La réduction des droits d’importation par la Chine est une mesure ciblée pour soutenir un secteur clé du recyclage des batteries. Elle pourrait légèrement améliorer la compétitivité des importations depuis l’Europe et les États-Unis, mais son effet restera limité face aux exigences strictes de qualité. L’accent mis sur le développement technologique indique que les acteurs cherchent à sécuriser les flux de matières premières critiques. À moyen terme, cette politique pourrait favoriser un recyclage plus efficace et renforcer la chaîne d’approvisionnement pour l’industrie automobile électrique.

(2 commentaires)

  1. Je reconnais que tout ce qui était encore répressible en Chine au niveau environnement sont en cours de « traitement » vers une façon plus vertueuse.
    Peu importe qu’ils vont avoir du pétrole pas cher … Ils continuent invariablement vers plus de nucléaires et EnR.

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