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    Accueil » Fin de la production automobile à Poissy : quel avenir pour le site historique après 90 ans ?
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    Fin de la production automobile à Poissy : quel avenir pour le site historique après 90 ans ?

    Thibaut EmmeThibaut Emme16 avril 202618 commentaires
    L'usine de Poissy (crédit Stellantis)
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    L’usine Stellantis de Poissy, en activité depuis 1938, s’apprête à cesser l’assemblage de véhicules au profit de nouvelles activités industrielles promet-on. Le groupe investit plus de 100 millions d’euros pour transformer le site francilien d’ici 2030, avec pour objectif affiché de maintenir 1 000 postes ouvriers.
    Du côté des syndicats, on se montre inquiets.

    Un tournant stratégique après 2028

    Le site historique de Poissy va progressivement abandonner sa vocation première. Si la fabrication de voitures neuves est confirmée jusqu’à la fin de l’année 2028, Stellantis prépare déjà la reconversion totale du complexe. Ce projet de transformation, chiffré à plus de 100 millions d’euros, vise à adapter l’outil industriel aux nouveaux cycles de vie des véhicules et à l’économie circulaire.

    Quatre nouveaux pôles industriels

    La mutation du site s’articulera autour de quatre domaines d’activité complémentaires qui seront pleinement opérationnels d’ici 2030 :

    • Production de composants : Le site fabriquera des pièces et sous-ensembles pour les véhicules neufs et le service après-vente. Cet axe nécessite la modernisation des ateliers de ferrage et de peinture, ainsi que l’installation d’une nouvelle ligne d’assemblage moteurs et d’une troisième ligne de presse pour l’emboutissage.
    • Économie circulaire : Une unité dédiée au démontage et au reconditionnement de pièces d’occasion sera créée pour permettre leur commercialisation.
    • Transformation de véhicules : L’usine assurera la préparation de séries spéciales, de véhicules de compétition ou l’aménagement d’utilitaires pour les flottes d’entreprises.
    • Impression 3D et prototypage : Un centre sera consacré à la fabrication de pièces en petites séries par impression 3D et à la réalisation de prototypes pour la recherche et développement (R&D).

    Impact sur l’emploi et les compétences

    Cette transition industrielle redéfinit le paysage social de l’usine. Stellantis annonce le maintien de 1 000 postes ouvriers à l’horizon 2030. L’entreprise précise que l’évolution des effectifs s’appuiera sur la pyramide des âges, privilégiant les départs naturels et le volontariat. Parallèlement, des programmes de formation seront mis en place pour accompagner les salariés vers les nouveaux métiers induits par ces activités, notamment dans la fabrication additive et le reconditionnement.

    L’outil industriel français n’en finit pas de se contracter. Si on se concentre sur l’automobile, la production a atteint un maximum vers 2004 avec plus de 3,65 millions de véhicules « made in France ». Désormais, on peine à atteindre 1,5 million, utilitaires compris. Et c’est tout l’écosystème industriel qui gravite autour de la production qui en pâtit : siège, feux, collecteurs fonte, carters, etc.

    Ici, Stellantis le jure, l’avenir de Poissy est assuré. Cependant, certains syndicats se méfient et estiment qu’il va falloir rester vigilants. Certains salariés de Poissy travaillaient avant à Aulnay, site fermé en 2014.

    Une usine au passé riche

    1938-1954 : L’empreinte américaine de Ford

    L’histoire commence en 1938 sous l’impulsion de Ford. Le constructeur américain cherche alors à s’implanter durablement en France et choisit Poissy pour sa situation stratégique, en bord de Seine et à proximité des voies ferrées. Le site, ultra-moderne pour l’époque, est conçu pour la production de masse. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine subit des bombardements alliés avant de reprendre sa vocation civile dès 1946. C’est ici que naîtra la célèbre Ford Vedette, modèle phare de l’immédiat après-guerre.

    1954-1978 : L’âge d’or avec Simca et Chrysler

    En 1954, Ford cède le site à Simca (la « Société industrielle de mécanique et carrosserie automobile »). Sous la direction d’Henri Théodore Pigozzi, l’usine devient le bastion de la marque et connaît une expansion fulgurante. Le site est agrandi pour devenir l’un des plus performants d’Europe, produisant des modèles iconiques comme l’Aronde, l’Ariane ou la Simca 1000. Dans les années 1960, le géant américain Chrysler prend progressivement le contrôle de Simca. À son apogée, au milieu des années 1970, l’usine est une véritable « ville dans la ville » employant près de 27 000 salariés.

    1978-2021 : L’ère PSA et le renouveau de Talbot

    En 1978, face aux difficultés de Chrysler Europe, le groupe PSA Peugeot Citroën rachète l’usine. Il ressuscite pour l’occasion la marque Talbot, qui devient l’identité visuelle du site pendant près d’une décennie. Poissy voit alors défiler sur ses chaînes des succès populaires majeurs : la Talbot Horizon, puis les Peugeot 205, 306, 206 et 207. Plus récemment, le site s’était spécialisé dans les véhicules urbains et premium du groupe, produisant notamment la DS 3 Crossback et l’Opel Mokka.

    2021-2030 : Vers une nouvelle identité industrielle

    Avec la création de Stellantis en 2021 (fusion de PSA et Fiat Chrysler), le site entre dans une phase de rationalisation. Après 90 ans de production ininterrompue et des millions de véhicules sortis de ses lignes, Poissy s’apprête à tourner définitivement la page de l’assemblage automobile en 2028. Ce virage vers l’économie circulaire et les services industriels marque la fin d’une ère, mais assure la pérennité d’un site qui aura survécu à tous les bouleversements de l’industrie automobile française.

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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    18 commentaires

    1. Commandant Tour on 16 avril 2026 16h19

      On en parlait déjà en interne y a plus de 15 ans quand je bossais chez PSA donc c ‘est loin d’etre une nouveauté ou une surprise. Malheureusement compte tenu de l’évolution de PSA en Stelantis avec cette galaxie de marques et donc d’usines, le contexte marché, la recherche de rentabilité… et l’évolution du secteur auto dans les années à venir, ca ne va malheureusement pas toucher que Poissy et d’autres usines seront touchées à plus ou moins court/moyen terme … 🙁

      Reply
    2. SAM on 16 avril 2026 20h23

      Même commentaire que pour Renault … c’est chouette de donner du boulot aux espagnols quand nos constructeurs autos nationaux sont subventionnés par nos impôts et profitent largement des consommateurs français pour les accabler d’un déficit commercial record en biens manufacturés depuis 2001.

      C’est ce que nous reprochent les allemands, à savoir une puissance industrielle importante des entreprises françaises à l’échelle européenne mais tellement destructrice maintenant pour l’équilibre budgétaire de la France.

      On a l’a bien vu avec le Covid, pour avoir un système de santé efficace qu’on peut se payer il faut des usines en France qui tournent.

      Reply
    3. Will on 16 avril 2026 21h27

      Faut faire des drones de combat, il semble que ça ait de l’avenir…

      Reply
    4. Amazon on 17 avril 2026 0h20

      Moi qui ai vécu à Aubergenville, à poissy, il y a 30 ans c’est toute la vallée de le Seine qui est sinistrée. flins, poissy, Aulnay il y a 10 ans. C’est moche

      Reply
    5. amiral on 17 avril 2026 10h13

      une de plus, et ce n’est pas fini… C’est triste mais c’est inéluctable, meme en Allemagne l’industrie automobile souffre.
      Les raisons:
      – le marché européen qui sature, pas mal de foyers ont 3 voitures !
      – des voitures qui durent plus longtemps
      – une politique pro transports en commun/vélo qui fait moins de place aux voitures et facilite la mobilité douce
      – l’arrivée de nouveaux constructeurs tesla, BYD, MG, etc qui prennent des parts de marché aux vieux constructeurs
      – la saturation des financements par la location qui est très rentable
      – la saturation des suv qui sont très rentables
      Le déclin de l’industrie automobile européenne n’est pas pret de s’arrêter, même si il faut remplacer toutes les voitures thermiques

      Reply
      • amazon on 17 avril 2026 10h33

        Le remplacement de toutes les voitures par des VEs prendra très longtemps:
        la production mondiale en 2025 a été de 21 millions de VEs (pour 90 millions au total).
        250 millions de voitures en UE, 1.4 milliard dans le monde (ce qui fait une espérance de vie de 15.5 ans en moyenne au rythme de remplacement, en considérant que le parc ne grossit plus)
        pour l’Europe, 12 ans de production mondiale, 67 ans pour la planète.

        Le pétrole à encore de beau jour devant lui, investissez chez Total

        Reply
        • amiral on 17 avril 2026 14h51

          tout à fait. Le litre à 3€ accélèrera le remplacement, mais l’âge d’or de l’industrie automobile européenne est derrière nous, ça va être un long déclin

          Reply
      • Thibaut Emme on 17 avril 2026 15h11

        @Amiral : « pas mal de foyers ont 3 voitures ! ».

        Où cela ? Pas en France en tout cas. Selon les statistiques de l’INSEE, en Métropole en 2022, nous ne sommes que 81,4 % à avoir au moins une automobile (c’est faible en fait).
        Evidemment, cela varie de 65 % en IdF à 88/89 % en Bretagne ou Corse.

        Si on regarde les foyers multi-équipés, ils ne sont que 34,7 % en moyenne à avoir 2 voitures ou plus.
        Et si on regarde très spécifiquement les couples avec 3 enfants, ils ne sont que 15 % à avoir 3 voitures ou plus (ce sont eux qui en ont le plus car il en faut une dès qu’un ado a 17/18 ans).
        Sinon en moyenne on est sur 5 % à peine (et souvent en gardant la voiture de papy/mamie par nostalgie).

        Donc non…très peu de foyers en France ont 3 voitures 😉 Et la France est très équipée en Europe.

        Reply
        • Thibaut Emme on 17 avril 2026 15h12

          J’ajouterai que si on ne mettait pas du malus à tout va, on aurait sans doute encore un marché plus vigoureux que ce qu’il est.
          Mais comme on taxe maintenant même une basique Sandero SCe 65….à quoi bon changer et se faire plaisir ? 🙂

          Reply
    6. Xavier on 17 avril 2026 10h33

      On ne peut pas précipiter une industrie dans le mur et s’en plaindre par la suite.
      Les raisons sont multiples mais les avons favorisées au lieu d’en réduire l’impact: diminution du temps de travail, droit du travail, impôts société, importations subventionnées, taxes, taxes, en encore taxes.
      L’automobile, la métallurgie, le textile, la chimie, l’agriculture, l’électricité qui a failli rejoindre le peloton après avoir été sabotée par nos politiques par démagogie ou incompétence.

      Reply
      • amazon on 17 avril 2026 14h12

        Hola, on ne va pas accuser le droit du travail français quand même! je pense que personne en France n’est prêt à travailler comme les travailleurs chinois, à être payer comme eux et avoir leur retraite et leur protection sociale!
        Par contre, il faut se poser la question pourquoi aussi Renault licencie 2000 ingé pour maintenir le niveau de rémunération des actionnaires « Gagner en agilité et en performance » quand BYD revendique 120 000 ingénieurs… Si les chinois gagnent aujourd’hui, c’est que leurs actionnaires sont moins greedy que les européens et qu’ils mettent les moyens en face de leurs ambitions.
        si les voitrues chinoises sont fabriquées avec des salariés français en France, pas de pb d’en acheter. Renault, Peugeot et Citroen sont plus français dans nos coeurs que dans les faits!

        Reply
      • zafira500 on 17 avril 2026 15h52

        « diminution du temps de travail, droit du travail, impôts société, importations subventionnées, taxes, taxes, en encore taxes. »
        Je ne vois pas en quoi le droit du travail, ka diminution du temps de travail sont responsables de la berezina automobile en France. Chez VW, les salariés ont un temps de travail plus favorables que chez nous – Jre ne sais pas pour les autres marques – ça ne les a pas empêché d’être leader en Europe – et même dans le monde.
        Sinon, pourquoi passer sous silence les dividendes pharaoniques versés aux actionnaires, la rigidité du management et une vision trop franco-française de l’industrie.

        Reply
        • zafira500 on 17 avril 2026 15h56

          Ah et j’oubliais, il serait bien aussi que nos gouvernants arrêtent de se comporter comme si la France a encore du poids dans le monde et que chacun reste à sa place.

          Reply
        • Thibaut Emme on 17 avril 2026 22h11

          @Zafira500 : VW ? Qui a annoncé il y a quelques semaines la suppression de 50 000 emplois d’ici 2030 ? Rien qu’en Allemagne… (on était sur 30 000 fin 2024 prévus….cela augmente).
          https://www.20minutes.fr/economie/4205418-20260310-volkswagen-va-supprimer-50-000-postes-allemagne-quatre-ans

          Opel aussi annonce des coupes de mémoire.

          La Bérézina n’est pas qu’en France.
          L’Espagne a pris un coup derrière les oreilles, puis a décidé de faire des gestes fiscaux pour conserver ou attirer les constructeurs…jusqu’à ce qu’un autre pays décide de faire un autre geste et les industries migreront là-bas…

          Sans oublier que les robots évolués arrivent (les humanoïdes aussi) et que cela supprimera encore plus d’emplois.
          Bref, marché castré par des prix exorbitants et des malus à la gomme, productivité largement en hausse…et ce ne sont pas des philanthropes…

          Reply
    7. Moi on 17 avril 2026 11h36

      En voilà une bonne opportunité pour un constructeur de l’Empire du Milieu qui ne voudrait plus avoir à payer les droits de douanes ! Qui sait, d’ici 2030, on verra peut-être sortir des usines de Poissy des milliers par jour de « Qiān » et de « Qiān Sānbǎi » du nouveau constructeur franco-chinois « Sacmi » ?

      Reply
      • amiral on 17 avril 2026 14h53

        je ne pense pas qu’un constructeur chinois s’installerait en France, les dernières élections législatives ont dissuadé les éventuels candidats
        L’europe de l’est ou l’Espagne sont bien plus adaptés à l’industrie

        Reply
        • Amazon on 18 avril 2026 0h35

          Oui j’abonde

          Reply
    8. SGL on 18 avril 2026 22h04

      C’est extrêmement triste.
      Mais perdu pour perdu, pourquoi ne donne pas une chance au site de produire des clones des Leapmotor dans une usine robotisée !?
      D’un mal (apparemment inévitable) pourrait sortir un bien… C’est-à-dire : démocratiser beaucoup plus quand 2026 le VE toutes catégories.
      Manifestement presque aucun modèle de Leapmotor est mauvais !? Surtout pour le prix, bien sûr !
      On pourrait imaginer des cimétidines a 10 k€ et des familiales a 20 k€.

      Reply
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