Ferrari s’apprête à détruire plusieurs exemplaires de sa nouvelle Luce avant même son lancement commercial. Une décision inhabituelle pour un modèle affiché à 550 000 € et qui pourrait représenter plusieurs millions d’euros de véhicules sacrifiés.
Quatre voitures neuves destinées aux crash-tests
La Ferrari Luce, premier modèle 100 % électrique du constructeur italien, sera soumise aux crash-tests de l’Euro NCAP. Une grande première pour la marque, et rare dans l’automobile de luxe.
Cette démarche est notable car ces essais ne sont pas obligatoires pour commercialiser un véhicule en Europe. Ferrari aurait donc pu choisir de ne pas y participer. En effet, l’Euro NCAP n’est qu’une note « de mercatique » même si elle présente un intérêt pour connaître en partie la sécurité d’un véhicule.
Pour obtenir une évaluation complète, l’Euro NCAP nécessite plusieurs véhicules. Selon les informations communiquées, au moins quatre Ferrari Luce devraient être utilisées lors des différents tests de collision, puis détruites.
Il a plusieurs percussions, contre des barrières déformables, ou contre un poteau.
Une pratique rare chez les constructeurs de supercars
Les marques spécialisées dans les supercars ne participent jamais aux évaluations de l’Euro NCAP. C’est souvent aussi le cas avec les marques de luxe.
Ces essais impliquent en effet la destruction de véhicules particulièrement coûteux. Ils exposent également les constructeurs à un éventuel résultat décevant, susceptible d’affecter leur image.
À l’inverse, de nombreux grands groupes automobiles ainsi que plusieurs nouveaux constructeurs présents sur le marché européen recherchent régulièrement les meilleures notes de sécurité attribuées par l’organisme indépendant. Ce sont eux qui ont donné « trop de pouvoir » à l’Euro NCAP et à ses résultats. Tant pis si désormais l’organisme impose des équipements superflus sous peine de supprimer des étoiles.
Une Ferrari pensée pour un usage familial
Le positionnement de la Luce diffère des modèles traditionnellement proposés par Ferrari. Elle inaugure plusieurs premières pour Maranello.
Cette voiture 100 % électrique dispose de cinq places (et de quatre portes ce qui n’est pas une première). Elle intègre également deux points de fixation ISOFIX pour les sièges enfants à l’arrière, plus classique.
Selon Ferrari, cette configuration vise un usage quotidien et familial. La participation aux crash-tests doit permettre d’évaluer officiellement le niveau de sécurité du véhicule.
Plusieurs millions d’euros potentiellement sacrifiés
Avec un prix annoncé de 550 000 € par exemplaire, la destruction de quatre véhicules représente un coût particulièrement élevé. Enfin plus qu’un coût c’est un manque à gagner pour Ferrari.
Le montant total engagé dépasse ainsi les deux millions d’euros, sans compter les autres frais liés au programme de tests. Car il faut payer l’organisme pour ces tests.
Le cas de la Luce pourrait constituer l’une des opérations les plus coûteuses jamais réalisées dans le cadre des évaluations Euro NCAP, qui concernent rarement des modèles dépassant 200 000 à 250 000 €.
Le premier modèle électrique de Ferrari
Le véhicule développe 1 035 chevaux, embarque une batterie de 122 kWh et affiche un poids de 2,3 tonnes. Visiblement, Ferrari tient à rassurer les futurs clients de la Luce qui ne seront sans doute pas les mêmes que celle des bolides habituels.
Les résultats des crash-tests Euro NCAP permettront de mesurer les performances du modèle en matière de sécurité une fois les essais réalisés. Gageons que la Ferrari Luce obtiendra les 5 étoiles. Mais qu’en sera-t-il des notes elles-mêmes ?
Illustration réalisée avec l’aide de l’IA


5 commentaires
Le coût de fabrication d’une Ferrari Luce est extrêmement faible par rapport au prix annoncé de 550 000€. Les moteurs électriques Yasa retenus sont certes très performants 8et encore), mais ils ne représentent pas un coût particulièrement élevé pour une marque comme Ferrari. Quant à la batterie de 122 kWh, elle n’a rien d’exceptionnel, des batteries comparables équipent aujourd’hui des véhicules chinois vendus entre 40 000 et 50 000 €.
Par conséquent, ce crash-test ne représente probablement pas une perte de plusieurs millions d’euros pour Ferrari, mais plutôt de quelques centaines de milliers d’euros. De plus, la production doit être lancée et maintenue même si les commandes ne suivent pas immédiatement. Ces quatre véhicules auraient tout aussi bien pu finir comme modèles de démonstration dans des salons au Qatar, dans l’espoir de séduire une clientèle au goût discutable.
@Enzo : vous confondez le coût et la perte.
Le coût des 4 voitures est plus faible que 550 000 € pièce. Cependant, c’est bien une perte puisqu’elles ne pourront pas être vendues pour ce prix.
Dommage qu’ils n’en détruisent que 4.
Ça … Je l’attendais. 😄
Comme je disais déjà, c’est peut-être leur Prius de 1997 pour apprendre en VE !?
Histoire de n’en vendre pas trop un modèle qui pourrait avoir en plus des ennuis de jeunesse.
Peut-être qu’ils les rachèteront pour les détruire pour sortir un nouveau modèle … Beau, cette fois-ci ? 😉
Oui, c’est éventuellement un manque à gagner.
Normalement, une Ferrari qui sort à 550 000 € doit coûter, pour Ferrari, environ 400 000 € en début de carrière.
Si les ventes sont franchement plus importantes que prévu pendant trois années, le coût sortie d’usine peut être sous les 300 000 € pour la suite… Après, on atteint le plancher des frais et des coûts structurels de la masse salariale et des taxes.
Mais quatre Luce neuves, ça va !
… Certains médias parlaient de 15 à 20 exemplaires… Ouf ! Ce n’est que quatre… moins de 1,5 million d’euros de coût réel en réalité… pour Ferrari, une broutille !