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    Accueil » Grand prix de Suzuka : le FIAsco !
    Actualité

    Grand prix de Suzuka : le FIAsco !

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani11 octobre 20229 commentaires
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    FIAsco 1 : des tracteurs en piste, encore une fois et mauvaise foi !

    C’est l’image du grand prix : alors qu’il route à un rythme soutenu suite à un arrêt aux stands pour rattraper le peloton regroupé derrière la voiture de sécurité, et que la visibilité est exécrable, Pierre Gasly croise avec stupeur un engin de levage sur le côté de la piste, affairé à intervenir sur la Ferrari accidentée de Carlos Sainz. Puis un autre engin de levage qui intervient sur la Williams immobilisée d’Albon quelques mètres plus loin. En descendant de sa voiture juste après le drapeau rouge, le français ne décolérait pas : « j’aurais pu me tuer » ! Impossible de ne pas penser au drame de 2014, déjà à Suzuka, quand Jules Bianchi s’était encastré dans une grue identique. D'ailleurs, le père du regretté pilote niçois ne manqua pas l'occasion d'exprimer sa colère sur les réseaux sociaux en évoquant "le manque de respect pour Jules".

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    Mais voilà que la FIA n’a rien d’autre de mieux à dire que Gasly est fautif car il roulait trop vite ! Assurément, et le français l’a reconnu lui-même, son allure était un peu excessive vu les conditions, bien qu’aucune vitesse maximale ne soit règlementée sous régime de SC, mais cela ne permet pas de fermer les yeux sur la présence d’engins de levage sur la piste, avec le risque qu’une voiture parte en aquaplaning et s’y encastre ! Quand bien même cela se passerait à vitesse réduite, et malgré le halo, un impact direct contre une grue, avec une décélération brutale, occasionnerait sans doute des conséquences graves ! Comme l’a très bien dit George Russell, « ce n’est pas l’incident de Gasly, mais l’incident de la FIA ».

    Au final, Gasy écope d’une sanction avec des points de pénalité pour sa vitesse excessive, une mauvaise couverture qui est jetée sur des failles gravissimes. Quand le drapeau rouge a été brandi, les caméras embarquées montrent que le français n’était qu’à quelques dizaines de mètres de la grue et donc déjà lancé. Aurait-il dû piler ? N’oublions pas que les pilotes devaient rouler avec des pneus « full wet » qui sont décriés depuis des années car leur gomme dure ne monte pas en température. On a bien vu au restart, alors que la FIA avait imposé les "full wet", que Vettel et Latifi ont très vite opté pour les intermédiaires et sont allés plus vite tout de suite…

    Moins une F1 va vite, moins elle a de grip et rouler trop doucement ne fait qu’empirer les choses, tel un cercle vicieux. Déjà en 2020, en Turquie, les pilotes avaient été lancés dans les qualifications sous la pluie avec la présence d’un camion-grue sur la piste. On se rappelle aussi du bowling de monoplaces au Nürburgring en 2007 ou de Schumacher qui avait frôlé un engin similaire en sortant de la piste au Brésil en 2003. On s’en était ému, mais visiblement les leçons ne sont pas tirées. La FIA a finalement annoncé l’ouverture d’une enquête, mais elle a encore trouvé le moyen de se mettre tout le monde à dos, à commencer par les pilotes qui, unanimement, ont pris la défense de Gasly.

    FIAsco 2 : ça finit quand la course ?

    La course a été longuement interrompue par un drapeau rouge dès les premiers instants du grand prix, à cause de l’intensification de la pluie et des sorties de piste de Sainz et Abon, mais la règlementation prévoit qu’une fois le départ donné, un évènement ne peut dépasser une durée de 3 heures au total, interruption incluse. L’interminable mascarade du Canada 2011 avait servi de leçon ! Le grand prix a été relancé avec une quarantaine de minutes de course encore à effectuer et la mi-course venait à peine d’être franchie (27 tours) quand le temps imparti des 3 heures était sur le point de s’écouler. Max Verstappen a bouclé son 28e tour et franchi la ligne alors qu’il restait encore 4 secondes de temps imparti, ce qui signifiait normalement qu’il devait achever le tour entamé puis encore en boucler un autre. L’article 5.4 du règlement sportif de la F1 stipule en effet : « Si deux heures s’écoulent avant que la distance de course prévue ne soit complétée, le leader recevra le signal de fin de session lorsqu’il franchira la ligne de contrôle (la Ligne) à la fin du tour suivant celui au cours duquel la période de deux (2) heures a pris fin, à condition que cela n’entraîne pas un dépassement du nombre de tours prévu. »

    Sauf que, une fois Verstappen passé, le drapeau à damier a été brandi ensuite à Charles Leclerc et Sergio Perez, qui arrivaient sur la ligne avec un temps imparti écoulé…signifiant ainsi la fin de la course un tour trop tôt ! Dans le doute, plusieurs pilotes ont ensuite continué de pousser au cas où, comme Alonso qui a encore effectué quasiment un tour à pleine charge, tandis que d’autres, comme Ocon et Hamilton, étaient en phase de décélération. Des différentiels de vitesse anormaux qui auraient pu créer des situations dangereuses.

    FIAsco 3 : au fait, t’es champion du monde !

    La FIA s’est emmêlée les pinceaux dans ses propres règles. Après le ridicule grand prix de Belgique 2021, où la moitié des points avaient été attribués pour seulement 3 tours effectués sous neutralisation, une nouvelle règle avait été instaurée pour les cas de courses interrompues et avait listé un certain nombre de situations dans lesquelles le barème de points devait être échelonné en fonction du nombre de tours parcourus en conditions de course.

    Ainsi, pour la victoire dans une course d'au moins deux tours mais de moins de 25% de la distance originale, le gagnant obtiendrait six points ; pour les courses ayant fait plus de 25% mais pas 50% de la distance, le gagnant obtiendrait 13 points ; pour les courses ayant parcouru 50% mais pas 75% de la distance, ce serait 19 points ; au-dessus de 75%, l'ensemble des points serait attribué.

    Verstappen ayant couvert 52% de la course, beaucoup pensaient qu’il n’obtiendrait que 19 unités, contre 14 pour Pérez et 12 pour Leclerc ; ce qui n'aurait donc pas été suffisant pour sacrer le néerlandais et aurait ainsi automatiquement repoussé le titre à Austin. C'était toutefois sans compter sur le fait que la réécriture du règlement avait en réalité fait disparaître une règle pourtant historique de la discipline.

    En effet, ce barème précis ne s'applique que pour les courses qui ont été interrompues mais n'ont pas pu être relancées par la suite : "Si une course est suspendue conformément à l'article 57, et ne peut être reprise, les points pour chaque championnat seront attribués selon les critères suivants…", peut-on ainsi lire dans le règlement. Or, dans le cadre de l'épreuve 2022 à Suzuka, la course est bien allée à son terme de temps imparti (comme à Singapour la semaine dernère avec la limite de 2 heures consécutives d'un grand prix sans interruption) . L'attribution complète des points n'est désormais  plus dépendante de la distance couverte, ce qui est un changement majeur par rapport à l'histoire de la discipline. La règle, mal écrite, a donc semé la confusion et entraîné l’annonce de titre la plus rocambolesque de l’histoire : alors que Max Verstappen venait de commenter sa victoire au micro de Johnny Herbert sans être sûr d'avoir acquis le titre, et que Charles Leclerc commencçait à réagir à son tour à la course au micro, on annonça subitement que Verstappen était bien champion du monde, à la surprise quasi-générale.  

     

    Morale de l’histoire : alors que la FIA a changé ses statuts pour fonctionner comme une entreprise et que le Liberty Media multiplie les courses comme des pains, il serait bien de penser aussi au respect du sport, le cas échéant !

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    9 commentaires

    1. Achille Talon on 11 octobre 2022 18h47

      Le règlement est devenu une telle usine à gaz que même les passionnés, genre les commentateurs en premier lieu, n’y comprennent plus rien.
      La FIA voudrait redonner du pouvoir à la GPDA qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Il suffit de voir la tête de Georges Russel, la grue en piste, ça ne l’a pas fait rire du tout. Côme il l’a dit, il n’y a pas de cas Gasly, il y a un problème de sécurité et c’est inacceptable.

      Reply
    2. Scal on 11 octobre 2022 19h01

      Merci pour ce compte rendu qui résume les errements de la FIA. Pire que l’incompétence, la malhonnêteté devant l’évidence. Affligeant.

      Reply
    3. Twin Spark on 11 octobre 2022 19h05

      il faudra du temps, mais on finira par réhabiliter Masi. ce week-end l’illustre encore une fois.
      la FIA a puni Masi suite à Abu Dhabi 2021 et estime avoir réglé le problème. Or, le problème n’était pas Masi : c’est la complexité du règlement, l’impossibilité de traiter en temps réel la multitude de questions qui se posent et, surtout, la contradiction entre sport et spectacle. Régler tout ça demande plus de courage qu’envoyer une lettre de licenciement

      Reply
    4. Thibaut Emme on 11 octobre 2022 19h38

      Il y a plusieurs pbm oui. Le principal, c’est les commissaires et les engins sur la piste.

      Car oui Gasly (ou les autres qui sont arrivés derrière le SC mais tout de même à « bonne vitesse ») roulait vite (il voulait rattraper le SC) et le drapeau rouge ne lui a été présenté qu’en arrivant sur l’engin #1.

      Mais il y a surtout le pbm que personne ne semblait au courant qu’il y avait des interventions sur la piste. Sur un angle de caméra depuis la voiture de Sainz, on voit un commissaire avec la voiture de Gasly qui doit passer à 2m.

      Tom Pryce, Kyalami 1977 ! Les gens n’ont-ils pas de mémoire ?

      Règle simple, pas d’intervention tant qu’on est certain que tout le monde à l’information.
      Et on stipule des vitesses limites strictes et pas des limites floues comme « ralentir suffisamment » ou « être près à s’arrêter sans délai » 🙂

      Reply
    5. seb on 12 octobre 2022 11h24

      L’année dernière, le GP qui va désigner le champion du monde, ils font de la merde. Cette année, le GP qui va désigner le champion du monde, ils font de la merde:
      Si je résume bien, la FIA ne tient pas la pression.

      Reply
    6. Martin on 12 octobre 2022 14h55

      Pourquoi je ne suis pas surpris ??? Peut-être parce-que depuis un moment je ne crois plus à la réalité sportive de ce cirque médiatique. J’étais pourtant fan de la discipline. Aujourd’hui je ne regarde plus le moindre GP.

      Reply
    7. Stabak on 12 octobre 2022 15h13

      Sans vouloir faire le complotiste, la victoire de Verstappen lors de ce GP me semblait calculée. RB savait que Max serait dans tous les cas champion cette année.

      Étrangement lors du dernier GP de Singapour rien n’allait pour le pilote. Les qualifs, la course etc… Comme si il y avait une volonté de l’équipe de faire en sorte que son sacre soit reporté au GP suivant pour qu’il soit déclaré vainqueur sur les terres de Honda (qui pour l’occasion retrouvait son nom sur la monoplace). Le coup rêvé pour le motoriste. Marquer les esprit sur ses terres natales et faire gagner un championnat à un pilote RB…

      Reply
      • Thibaut Emme on 12 octobre 2022 15h45

        @Stabak : il y a largement plus discret pour une écurie de faire que son champion ne soit pas à l’arrivée.

        « Max, box box, box box….we saw datas on the monitoring »…..et le pilote de s’exécuter.

        A Singapour, tout par d’un coup de poker tenté par RBR avec le carburant. Ils auraient très bien pu mettre 1 ou 2 kg de plus de carburant (2 litres et qq) sans que cela ne change la pole promise à Verstappen.

        Mais, comme la FIA a tiré sa voiture pour un échantillon de carburant, il a fallu lui faire avorter sa tentative. Résultat, 8e.

        Et à Singapour on « ne peut pas doubler ». Rien qu’avec cette donnée, il a dû tenter un départ canon, qu’il a raté….Rien d’anormal en fait.

        Un peu comme les courses d’endurance, désormais en F1 pour la victoire, cela se joue à une perfection ou presque.

        Les victoires « chanceuses » qui existaient avant (casse moteur, défaillance suspension, etc.) n’existent quasiment plus.
        Et on se souvient des dernières comme Hamilton en Malaisie 2016, ou Leclerc qui perd la victoire à Bahreïn 2019 etc. On peut citer Silverstone 2020 avec Hamilton qui finit sur 3 roues.

        Bref, il faut limite un weekend parfait pour gagner. A Singapour, ce ne fut pas le cas. Heureusement que cela arrive 😉

        Reply
    8. Achille Talon on 12 octobre 2022 19h20

      Le truc qui va entacher le titre de Verstappen, c’est le plafond budgétaire crevé par Red Bull.

      Reply
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