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    Galop d’essai : Mansory Siracusa Monaco Edition

    Soufyane BenhammoudaSoufyane Benhammouda22 mai 2013Aucun commentaire
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    Monaco, capitale de tous les luxes, synonyme de richesse, de raffinement et de rêve. Un autre monde où l’argent coule à flot à travers les ancres des plus gros yacht, les aiguilles de montres hors de prix ou celles des compte tours des supercars les plus exclusives. Chaque année, cette effervescence retrouve son heure de gloire au sein du Grimaldi Forum durant le Top Marques Monaco, un véritable salon de jouet pour milliardaires où les artisans, constructeurs et préparateurs de renom exposent leurs dernières créations. Mansory, un habitué du rendez-vous monégasque, a même poussé l’hommage jusqu’au bout avec la Siracusa Monaco Edition. Grâce à la société AAA Luxury, spécialisée dans la location de voitures de prestige, nous avons eu le privilège de prendre les commandes d’un des trois exemplaires au monde. Gentlemen, start your engine !

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    Style et équipement :

    Version décapsulée du coupé, la Siracusa Monaco Edition reprend élément pour élément le même kit carrosserie. La Ferrari 458 Spider accueille ainsi un nouveau bouclier rappelant vaguement celui de la Ferrari Enzo : le nez plongeant vient former trois entrées d’air distinctes, encadrées par des écopes en carbone et soutenues par une lame moulée dans le même matériau. La fibre se retrouve également sur les ailettes situées au dessus des roues avant, sur les rétroviseurs, sur les montants ou sur les bas de caisse nervurés. A l’arrière, même combat. Les trois sorties d’échappement centrales en hommage à la F40 disparaissent au profit de deux embouts carrés et d’un diffuseurs proéminent. Pour finir, l’ensemble repose sur une caisse abaissée de 20 mm et des jantes de 20 pouces à l’avant et de 21 pouces à l’arrière. Ce cocktail détonnant permet de faire baisser le poids de l’engin à 1 475 kg, soit 60 kg de moins qu’une version de série, et permettrait d’augmenter l’appui aérodynamiques à haute vitesse. La démarche est louable mais mérite-elle pour autant une chirurgie esthétique aussi poussée ? Une affaire de goût, mais force est de constater que Mansory a fait de grands progrès dans le tissage de la fibre magique.

    A l’intérieur on retrouve les habituels ingrédients qui font l’essence de ces préparations : le cuir cousu en diamant pousse aux quatre coins de l’habitacle et la fibre de carbone habille les contre-portes, le volant, la planche de bord ou la console centrale basse. Hommage à Monaco oblige, cette série limitée affiche fièrement les couleurs de la principauté avec des touches de blanc et de rouge. Passé outre ces aspects stylistiques, la finition répond aux exigences de l’artisanat et on se sent bien à bord de la 458 Spider : les passagers sont à l’aise dans les sièges Daytona, la position de conduite frise la perfection et les grandes palettes tombent directement sous les mains. Seul ce volant à l’ergonomie détestable vient entacher le tableau. Toutes les commandes liées aux clignotants, aux feux de route, à la suspension, aux réglages de boite ou aux essuie-glace se retrouvent au centre du cerceau. Cela fait beaucoup pour nos deux pouces et forcément, ces touches ont la mauvaise idée de tourner avec le volant !

    Au volant :

    Avoir une Ferrari entre les mains dans un écrin comme celui de la principauté monégasque met tout de suite dans l’ambiance. Hélas, le ciel grisâtre, la circulation et le peu de temps que nous avions pour cette prise en main n’ont pas laissé d’échappatoire à notre conscience professionnelle : ni une ni deux, la main droite se dirige automatiquement sur le manettino pour sélectionner le mode Race. Nous aurions pu laisser la Siracusa travailler toute seule à travers les rues, il paraît qu’elle fait très bien son boulot, mais… on n’a qu’une vie, non ? Passé les encombrements, la première portion vide s’ouvre à nous et, ironie du sort, c’est un tunnel. Nous lançons la voiture lentement jusqu’au régime du couple maximal puis on appuie en essayant d’aller chercher la zone rouge. Ce qui se passe à bord de cette voiture de 6 000 à 9 000 tr/min est tout simplement indescriptible. Le moteur, dénué d’inertie, pousse continuellement et la sonorité devient explosive dès que les clapets actifs s’ouvrent. Quel son ! Mener la Siracusa au son nous ferait passer les rapports à 5 000 ou 6 000 tr/min. Et le plaisir auditif est encore plus prononcé au rétrogradage, quand l’aiguille remonte vers la zone rouge, dans un confort assez remarquable. Malgré la hausse de puissance, la boîte garde son tempérament d’origine et monte ou descend les rapports sans à-coup. Le principe de la boite à double embrayage n’est plus un mystère, mais le fonctionnement de l’unité F1 de chez Ferrari a toujours un arrière gout de magique, de surnaturel. Cet ensemble situé derrière notre dos nous pousse à répéter l’opération encore et encore, juste pour le plaisir. Sans rupture de couple, la voiture ne bouge pas, même lorsque l’on s’amuse avec la boite en virage.

    Avec son régime à base de fibre de carbone et sa puissance relevée à 590 ch pour 560 Nm (ajout d’un nouveau filtre à air et d’une ligne d’échappement revue), la Ferrari 458 Spider gagne quelques dixième sur les exercices d’accélération. Ainsi, le 0-100 km/h est expédié en 3,2 secondes, soit le temps d’une Lamborghini Murcielago LP670 SV ou d’une Koenigsegg CCX-R. La vitesse maximale, donnée pour 330 km/h, permet de venir se ventouser au bouclier arrière de son ennemie première, la McLaren MP4-12C.

    Après un court essai comme celui-ci, on se demande encore pourquoi certains propriétaires (spéculateurs ?) abandonnent leur(s) supercar(s) devant la porte de grands palaces. Certaines d’entres elles, comme la 458 Spider, méritent plutôt d’étaler leur potentiel sur les routes de l’arrière pays. Chose que nous aurions fait volontiers avec un peu de temps pour prendre toute la mesure de l’engin. C’est certain, nous n’avons aucun doute sur le travail des suspensions. Cependant, la garde au sol abaissée de 20 mm risque d’être un vrai problème pour le bouclier avant sur route dégradée.

    Conclusion :

    Par définition, l’essai d’une telle sportive est toujours trop rapide. Toutefois l’occasion a été suffisamment exceptionnelle pour appréhender la technologie de la Ferrari 458 Spider et l’originalité d’un engin mijoté à la sauce Mansory. Les quelques chevaux délivrés par le V8 4,5 l offrent un subtil supplément d’âme à un auto déjà extrême : nous avons contenu notre enthousiasme sur la pédale de droite lors de cette prise en main mais même à un rythme urbain, la 458 Spider dispose d’un scalpel en lieu et place d’une simple direction assistée et d’un ensemble moteur/boite au caractère particulièrement jouissif. Même le style discutable parvient à remplir sa mission, en dévissant la tête des badauds. A moins de s’appeler Brad Pitt, il n’y a sans doute rien de mieux pour se faire remarquer sur le Rocher.

    Soit, la Mansory Siracusa Monaco Edition perpétue le rêve créé par la Ferrari 458 Spider et rehausse son niveau d’exclusivité. Mener un des trois exemplaires dans le monde, qui plus est à travers les rues de Monaco, n’a pas de prix. Ou presque, puisque la facture totale approche celle d’une Lamborghini Aventador, quand bien même il y en aurait un exemplaire sur le marché de l’occasion ! Pour les bourses légèrement plus modestes, AAA Luxury propose cet exemplaire à la location à partir de 3 000 € par jour. Définitivement un autre monde…

    Mansory Siracusa Spider Monaco Edition
    Moteur
    Type et implantation V8 32 soupapes central arriËre
    Cylindrée (cm3) 4499
    Puissance (ch) à tr/min 590 à 9 000
    Couple (Nm) à tr/min 560 à 6 000
    Puissance fiscale (cv) 49
    Transmission
    Roues motrices Roues arrière
    Boîte de vitesse Robotisée à double embrayage, 7 rapports
    Châssis
    Freins 398x223x36 mm (av) et 360x233x32 mm (ar)
    Jantes et pneus 235/35 ZR 20 (av) et 305/30 ZR 21 (ar)
    Performances
    Vitesse maximale 330 km/h
    0 à 100 km/h 3,2 s
    Consommation
    Cycle mixte 11,8 l/100km
    CO2 275 g/km
    Dimensions
    Longueur 4527 mm
    Largeur 1 937 mm
    Hauteur 1 211 mm
    Empattement 2 650 mm
    Voies AV / AR 1 672 mm
    Volume de coffre 1 606 mm
    Réservoir 86 l
    Poids en ordre de marche 1 535 kg

    La galerie de cet essai (Crédit photo : Joris Clerc et Soufyane Benhammouda/Leblogauto) :

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    Soufyane Benhammouda

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