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    Accueil » Carlos Ghosn révoqué par le Conseil d’Administration de Nissan
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    Carlos Ghosn révoqué par le Conseil d’Administration de Nissan

    Thibaut EmmeThibaut Emme22 novembre 201813 commentaires
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    C’était attendu, c’est désormais officiel. Le conseil d’administration de Nissan a révoqué ce jeudi soir son Président non exécutif, Carlos Ghosn. C’est la suite de son arrestation et des fuites non officielles qui sortent dans la presse.

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    Selon le média NHK, 6 hommes et 1 femme se sont réunis au siège de Nissan à Yokohama. « Le bureau des directeurs de Nissan Motor Co., Ltd s’est réuni aujourd’hui au siège social à Yokohama. Au début de la session, le bureau a reconnu le sens de cette réunion et a confirmé que la stabilité de l’Alliance avec Renault demeurait inchangée et que sa mission était de minimiser les conséquences potentielles et la confusion vis-à-vis des partenaires de l’Alliance dans la coopération de tous les jours ».

    « Après avoir parcouru un rapport détaillé de l’enquête interne, le bureau à unanimement voté :

    – la révocation de Carlos Ghosn de son poste de Président du conseil

    – la révocation de Carlos Ghosn de son porte de Directeur non exécutif

    – la révocation de Greg Kelly de son porte de Directeur non exécutif

    – la mise en place d’une étude sur la création d’un comité spécial chargé de prendre les avis appropriés d’une tierce partie indépendante concernant le système de gestion de la gouvernance ainsi qu’une meilleure gouvernance de la rémunération des administrateurs. Conformément à ce mandat, les trois administrateurs indépendants – Masakazu Toyoda, Keiko Ihara et Jean-Baptiste Duzan – dirigeront cette étude.

    – D’approuver la création d’un comité consultatif présidé par Masakazu Toyoda et comprenant Keiko Ihara et Jean-Baptiste Duzan. Le comité proposera des candidatures du conseil d’administration pour le poste de président du conseil.

    Donc, pour l’instant, Hiroto Saikawa, patron exécutif de Nissan et ex-protégé de Ghosn, n’est donc pas encore le calife à la place du calife. Renault, la « maison mère » de Nissan a demandé à exercer son droit à nommer des administrateurs et on peut remarquer que Jean-Baptiste Duzan (ex-Renault et membre du bureau des directeurs de Nissan depuis 2009) fait partie du comité consultatif pour proposer les fameuses candidatures.

    Saikawa pas encore officiellement le boss

    Si la nomination de Saikawa aux commandes officielles de Nisssan ne fait pas de doute, il n’est pas certain que son traitement de l’affaire et ses déclarations fracassantes dans les médias japonais lui valent l’assentiment de tout le monde. Opposé à une fusion avec Renault, Saikawa ne devrait pas avoir changé d’avis malgré l’éviction de celui qui l’a placé tout en haut de Nissan. « Brutus » comme on le surnomme désormais, continue d’enfoncer son ancien mentor.

    On en sait d’ailleurs un peu plus sur cette affaire Ghosn. Dans un premier temps, la presse japonaise s’était fait l’écho d’une accusation de fraude fiscale. Ghosn aurait minimisé ses déclarations de revenus de 50% pendant 5 ans. En fait, il semble que cela ne soit pas cela du tout. Il y a bien eu minimisation des revenus, mais dans les documents comptables remis officiellement à l’Etat et aux actionnaires.

    Difficile de démêler le vrai du faux

    Ce document, le « yukashoken hokokusho », validé par le patron d’alors, Carlos Ghosn, aurait dissimulé une énorme part des revenus (pour ne pas choquer les actionnaires ?). D’autres révélations filtrent dans la presse (à prendre avec tout le conditionnel qui s’impose vu que rien n’est confirmé ou infirmé par la justice). Ghosn aurait bénéficié de maisons luxueuses achetées par Nissan, mais sa soeur aurait aussi bénéficié d’un emploi à forte rémunération et aurait pu aussi séjourner dans les villas appartenant à Nissan.

    En France, une première plainte contre X a été déposée par l’avocat d’un actionnaire de Renault. Ce dernier se plaint de la chute du titre Renault en bourse et attaque pour « abus de bien social » et « diffusion de fausse information au marché ». Difficile de savoir si cette plainte pourrait aboutir puisque l’affaire au Japon est théoriquement extérieure au groupe Renault.

    Toutes ces rumeurs ne sont pas officiellement sourcées par la presse japonaise et la justice ne poursuit visiblement pas Monsieur Ghosn pour cela mais pour le manquement sur le « yukashoken hokokusho ». Pour le moment, seul Saikawa a annoncé des abus de bien sociaux sans en préciser la nature. Tout ce que l’on sait, c’est que Ghosn est détenu à Tokyo, dispose de 3 bols de riz par jour et ne dispose pas de son avocat pendant les interrogatoires. Cette affaire permet au moins de découvrir le système judiciaire japonais, très différent du nôtre.

    Avec AFP

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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    13 commentaires

    1. Peter Wheeler on 22 novembre 2018 14h11

      Petite coquille, c’est Yokohama, pas Yokoama.

      Reply
      • Thibaut Emme on 22 novembre 2018 14h14

        Tout à fait @Peter Wheeler. Corrigé merci

        Reply
    2. Rickyspanish on 22 novembre 2018 14h26

      et oui, Ghosn a triché … Personne ne peut réussir le Kobayashi Maru de la Nissanfleet LOL.

      Reply
      • Peter Wheeler on 23 novembre 2018 16h58

        Belle référence, bien joué !

        Reply
    3. SGL on 22 novembre 2018 17h27

      Le pauvre, encore un chômeur de plus… il va coûter cher en allocs !? 😉

      Reply
      • miké on 22 novembre 2018 23h40

        Rigole, il va couter 10x plus cher en chomage qu’un smicard. Sans en avoir le besoin.

        Reply
    4. Francois on 22 novembre 2018 19h01

      J’applaudis le Japon pour le régime alimentaire de ses prisonniers parce que le riz, c’est vegan et sans gluten, si en plus il est bio alors c’est le grand chelem !

      Reply
    5. SAM on 22 novembre 2018 19h54

      Le 1er juin 2018, la réforme du système judiciaire japonais avait comme objectif de faciliter la répression du grand banditisme (mafia). Plusieurs outils on été mis en place pour fluidifier les enquêtes … l’un des premiers en en faire les frais est M. Carlos Ghosn.

      N’oublions pas que les scandales qui ont entachés Toshiba, Takata, Mistubishi et bien d’autres ont bouleversé l’industrie japonaise … Ajoutez à cela la relance économique qui tarde à venir au Japon, la dette abyssale du pays : 239,2%, les délocalisations fréquentes en Chine et Inde … vous avez une opinion publique comme en France sur le replis.

      Toyota, Honda, Suzuki ou encore Subaru sont encore des acteurs économiques forts au Japon … Nissa ne l’est plus, il ne vend sur son marché domestique que des autos basées sur des Mistubishi et son succès commercial est le Nissan Leaf (extrapolation de la Nissan Micra 4, elle même extrapolée de la Clio 2). Nissan se fait souvent (toujours) doubler par Honda et Suzuki au Japon. Les usines sont en Inde, en Chine … Infiniti a son siège social à Hong-Kong, les achats du groupe sont concentrés sur la plate forme d’Hong-Kong ….

      Que ce soit pour le personnel de Renault ou de Nissan, Carlos Ghosn n’est pas apprécié … même détesté.

      On s’inquiète de la suite. La justice japonaise a aussi des comptes à demander à Nissan pour sa passivité, son manque de gouvernance sur la rémunération de son PDG … M. Saikawa joue sa tête mine de rien, il se désolidarise de son boss pour ne pas partir avec l’eau du bain. Renault récupère Thierry Bolloré comme boss? Est-ce une mauvaise chose.

      Saikawa joue l’exubérence, Bolloré joue la discrétion.
      Au final lequel des deux a raison?

      Reply
      • SAM on 22 novembre 2018 19h55

        La Nissan Note pas Leaf.

        Reply
      • greg on 23 novembre 2018 8h48

        http://ameliemarieintokyo.com/pourquoi-il-ne-vaut-mieux-pas-se-faire-arreter-au-japon/

        Reply
    6. Scal on 22 novembre 2018 20h15

      Ils n’y vont pas par le dos de la baguette les japonais ! Imagine-t-on la même chose chez nous, avec un étranger qui plus est ?!

      Reply
    7. Scal on 22 novembre 2018 20h25

      A voir maintenant les effets sur l’alliance :
      – une explosion ? peu probable en regard des status juridiques, mais pas impossible (rien n’est définitif dans les affaires !)
      – un français remis à la tête de l’alliance ? pourquoi pas, mais qui ? De toute façon, l’état français, et le conseil d’administration de groupe Renault seront-ils assez forts pour défendre la position devant les investisseurs et les japonais qui n’ont pas fait ce putsch juste pour l’honneur.
      – un japonais ? le plus probable, avec quelles conséquences pour le groupe Renault. Limitées probablement, car il serait stupide de sacrifier Renault qui « pèse » pas loin de 3,5 millions de véhicules, et avec lequel les synergies apportent la rentabilité de l’alliance. Toutefois, on peut s’interroger dans ce cas de l’avenir des sites de production français, dont on dit qu’ils sont moins performants que ceux des « alliés » asiatiques.

      Wait and see …

      Reply
    8. shooby on 27 novembre 2018 18h07

      C’était le but de la manœuvre, non ?

      Reply
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