La hausse des prix du carburant relance les ventes de véhicules électriques en Europe, mais les experts doutent d’une tendance durable.
La hausse des prix des carburants provoquée par les tensions liées à la guerre en Iran entraîne un regain notable de la demande pour les véhicules électriques en Europe. Selon plusieurs données de l’industrie automobile relayées à Reuters, les ventes de voitures électriques neuves et d’occasion progressent fortement sur le continent, portées par un contexte énergétique tendu. Toutefois, de nombreux acteurs du secteur estiment que cette dynamique pourrait rester conjoncturelle si les prix de l’essence venaient à se stabiliser ou à reculer dans les mois à venir.
Dans un marché automobile européen en pleine transition énergétique, les véhicules électriques bénéficient également de facteurs structurels favorables. L’amélioration continue des infrastructures de recharge, combinée à l’arrivée de nouveaux modèles plus accessibles en termes de prix, contribue à élargir la base de consommateurs. Les constructeurs automobiles chinois jouent un rôle important dans cette évolution, en proposant des modèles compacts et compétitifs qui renforcent la pression concurrentielle sur les acteurs historiques européens.
Une hausse des immatriculations portée par le contexte énergétique
Les données communiquées par le groupe de recherche New Automotive et l’organisation E-Mobility Europe montrent une progression significative des immatriculations de véhicules électriques. En mai, les ventes ont augmenté de 34 % sur un an dans 17 marchés européens représentant la majorité des immatriculations de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange.
Les modèles entièrement électriques représentent désormais près d’une immatriculation sur quatre sur ces marchés, illustrant une pénétration croissante du segment dans les habitudes d’achat des consommateurs européens. Cette évolution intervient dans un contexte où les prix des carburants restent élevés en raison des perturbations liées aux flux pétroliers et aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Les acteurs du secteur automobile observent néanmoins avec prudence cette dynamique. Certains dirigeants estiment que l’effet d’entraînement lié à la hausse des carburants pourrait s’estomper si les conditions énergétiques se détendent. Le marché automobile reste ainsi sensible aux variations des coûts d’exploitation des véhicules thermiques, qui influencent directement les arbitrages des consommateurs entre motorisations essence, diesel et électrique.
Constructeurs automobiles et montée en puissance des modèles abordables
Les constructeurs automobiles européens et internationaux accélèrent le lancement de véhicules électriques à prix plus accessibles afin de soutenir la demande. Cette stratégie vise à lever l’un des principaux freins à l’adoption des véhicules électriques, à savoir leur coût initial plus élevé par rapport aux véhicules à moteur thermique.
Les constructeurs chinois occupent une place de plus en plus importante sur ce segment, en élargissant leur gamme au-delà des SUV vers des modèles compacts destinés au marché européen. Des marques comme BYD ont récemment introduit de nouveaux modèles dans plusieurs capitales européennes, renforçant la concurrence dans le segment des véhicules électriques abordables.
Selon plusieurs analystes du secteur automobile, cette concurrence contribue à stimuler la demande globale. L’arrivée de véhicules électriques à prix compétitifs améliore l’accessibilité du marché et accélère la transition énergétique du parc automobile européen. Cette évolution s’accompagne également d’une diversification des offres, tant sur le marché du neuf que sur celui de l’occasion.
Le marché des véhicules électriques d’occasion en forte expansion
Le marché des véhicules électriques d’occasion connaît lui aussi une croissance soutenue en Europe. La hausse de l’offre, combinée à une demande en progression, contribue à dynamiser ce segment encore relativement récent. Les plateformes de vente en ligne et les acteurs spécialisés observent une augmentation significative des transactions impliquant des véhicules électriques, notamment des modèles issus de constructeurs chinois.
Dans certains marchés, les indicateurs de demande ont fortement progressé sur un an, traduisant un intérêt croissant des consommateurs pour les véhicules électriques d’occasion. Cette évolution est également soutenue par la baisse des prix observée ces dernières années, notamment après les réductions tarifaires appliquées sur certains modèles neufs, qui ont influencé la valeur de revente des véhicules.
Dans certains pays européens, les véhicules électriques d’occasion restent néanmoins moins chers que les véhicules thermiques comparables, ce qui renforce leur attractivité. Les données du marché britannique montrent par exemple un écart important entre la valeur résiduelle des véhicules électriques et celle des voitures à moteur thermique après quelques années d’utilisation.
Une tendance soutenue mais incertaine à long terme
Malgré la dynamique actuelle, les experts du secteur automobile restent prudents quant à la pérennité de cette croissance. Plusieurs dirigeants estiment que l’augmentation de la demande est fortement corrélée au niveau des prix des carburants, ce qui pourrait limiter la durabilité de cette tendance si les conditions énergétiques évoluent.
L’expansion de l’offre de véhicules électriques neufs et d’occasion, associée à une amélioration de l’accessibilité financière, constitue néanmoins un facteur structurel favorable à long terme. Certains observateurs du marché considèrent que la stabilisation progressive des prix et la maturité croissante du segment pourraient permettre de consolider durablement la place des véhicules électriques dans le paysage automobile européen.
Notre avis, par leblogauto.com
La hausse des prix des carburants agit comme un accélérateur conjoncturel pour les ventes de véhicules électriques en Europe. Les données montrent une progression nette des immatriculations, soutenue par l’amélioration de l’offre et la montée en puissance des constructeurs chinois. Le marché de l’occasion contribue également à cette dynamique en rendant l’électrique plus accessible. Toutefois, plusieurs acteurs du secteur soulignent que cette croissance dépend encore fortement du contexte énergétique.
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11 commentaires
Bah pourtant ça descend non ? J’ai payé ce matin 30 cts de moins qu’u plus haut des prix. On est presque revenu aux prix d’avant la guerre USA Iran
@François Tessier
Fait le bilan du passé (pardon du pléonasme) de ces 4 derniers mois.
Il oublie volontairement la tendance des 10 derniers jours.
Dans un mois, il fera un article sur la soudaine baisse des ventes de VE ??? … Je ne l’espère pas ; ça voudrait dire que les Français ont une mémoire de poisson rouge !
@Panama : 1,82 €/l de GO ici contre 1,60/1,65 avant la guerre en Iran…
1,85 le SP95 E10 contre 1,75 €/l avant la guerre…
Certes ce ne sont plus les 2,20 € de mi-mai, mais on est encore à 10/20 centimes des prix d’avant, et même à 50 centimes des prix d’avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
le blocage du détroit d’ormouz a été un electrochoc: au boulot on ne me demande plus pourquoi je roule en électrique ou si j’en suis content, les collègues me demandent leur avis sur des modèles d’occasion. La bascule psychologique a eu lieu
C’est surtout que les VE sont de moins en moins cher
le prix du litre a été un électrochoc
En France, nous ne sommes pas très bons dans l’anticipation et nous sommes souvent frappés par une amnésie extrêmement immédiate dès que le pétrole baisse. (Moi, j’anticipe les chiffres futurs.)
Je suis sûr que quatre mois de hausse n’ont pas suffisamment marqué les esprits pour faire de réels changements… sauf à la marge.
Bon, il faut reconnaître que, jusqu’à maintenant, il n’y avait pas vraiment de VE « avantageux », sauf les Tesla, qui restent encore à un certain niveau de prix excluant d’office les 3/4 des Français.
En plus, le 1/4 de Français qui pouvait facilement s’acheter une Tesla a largement les moyens de payer un plein à 2,30 € le litre ; ce n’était donc pas la cible idéale en France et en Europe… un peu le serpent qui se mord la queue…
la zoe en 2012 démarrait à 13k€
Tant pis pour ceux qui ont préféré une clio, leur pognon est allé à Bercy, chez poutine et chez les mollah
Et a contribué à notre canicule
Tu vas en vacances en avion électrique ?
C est vrai que le pognon du kw payé à envie ne vas pas a bercy ? ….
Sacré amiral toujours à raconter des âneries. Le tonton Roger de l electrique.
Dommage qu Amazon prenne la meme voie.
Il n’y a pas que BYD en VE, mais comme d’hab leblogauto prefere promouvoir les voitures chinoise.. il ne manque plus que les petites etoiles jaunes a votre bandeau