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    Accueil » Xpeng lance le premier robotaxi de série sans lidar en Chine
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    Xpeng lance le premier robotaxi de série sans lidar en Chine

    François TessierFrançois Tessier28 mai 2026Aucun commentaire
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    Xpeng sort son premier robotaxi de série à Guangzhou : 3 000 TOPS, IA pure sans lidar ni cartes HD, service autonome prévu début 2027 en Chine.

    La course à la mobilité autonome en Chine vient de franchir un cap symbolique. Xpeng a annoncé la sortie de chaîne de son premier robotaxi de série à Guangzhou, revendiquant le statut de premier constructeur automobile chinois à passer de la phase de prototypes à la production en série d’un véhicule autonome destiné au transport de passagers. Ce lancement marque une étape décisive dans la transition de l’industrie automobile chinoise des démonstrations technologiques vers la validation commerciale à grande échelle de la conduite entièrement autonome. Le constructeur chinois, connu pour ses véhicules électriques grand public équipés de systèmes avancés d’aide à la conduite, transpose son savoir-faire logiciel et matériel dans un véhicule conçu dès l’origine pour opérer sans conducteur humain à bord — une ambition que l’entreprise prévoit de concrétiser commercialement dès le début de l’année 2027.

    Une architecture technique sans lidar ni cartes HD

    Le choix architectural le plus frappant du robotaxi de Xpeng est son abandon délibéré du lidar — capteur laser de référence dans l’industrie de la conduite autonome — et des cartes haute définition préétablies. Là où la plupart des acteurs du véhicule autonome s’appuient sur une combinaison de lidars, radars, caméras et cartographies précises pour permettre à leurs systèmes de percevoir l’environnement et de planifier leurs trajectoires, Xpeng a choisi une approche radicalement différente : la vision machine pure, sans dépendance à des données cartographiques préenregistrées.

    Cette philosophie technique, identique à celle utilisée par Xpeng dans ses modèles de voitures particulières conventionnels, repose entièrement sur le traitement des flux vidéo captés par les caméras embarquées et sur l’intelligence artificielle pour interpréter l’environnement en temps réel et prendre les décisions de conduite. Le cerveau du système est un grand modèle d’IA de bout en bout baptisé VLA 2.0, dont la latence de réponse est annoncée à moins de 80 millisecondes — un délai de réaction suffisamment court pour permettre des décisions de conduite fluides et sécurisées dans des environnements urbains dynamiques.

    Pour alimenter ce système de traitement de l’information en temps réel, le robotaxi embarque quatre puces Turing développées en interne par Xpeng, offrant une puissance de calcul combinée atteignant 3 000 TOPS — une capacité de traitement considérable, dimensionnée pour analyser simultanément les flux de données de multiples caméras et générer des décisions de conduite complexes à haute fréquence. Le véhicule est construit sur la plateforme GX de Xpeng et conçu pour atteindre le niveau 4 de la conduite autonome, soit une automatisation complète dans des conditions opérationnelles définies, sans intervention humaine requise dans la majorité des situations de conduite.

    L’abandon du lidar et des cartes HD n’est pas seulement un choix technologique — c’est aussi un pari sur la scalabilité du service. Un véhicule autonome qui n’a pas besoin de cartes préétablies et détaillées de chaque zone de desserte peut théoriquement être déployé plus facilement dans de nouvelles villes et sur de nouveaux marchés, y compris à l’étranger, sans nécessiter au préalable une phase longue et coûteuse de cartographie haute définition du territoire concerné. C’est précisément sur ce point que se situe le véritable test de l’approche de Xpeng : la robustesse et la fiabilité du système vision-IA dans des environnements urbains chaotiques, denses et imprévisibles seront plus déterminantes que les spécifications techniques annoncées en conditions contrôlées.

    Un habitacle repensé pour le transport sans conducteur

    L’intérieur du robotaxi de Xpeng a été conçu en tenant compte de l’absence totale de conducteur humain à bord lors du service commercial. Les ingénieurs ont repensé l’habitacle autour des besoins et du confort des passagers arrière, qui constituent l’unique occupant humain du véhicule en conditions d’exploitation commerciale autonome.

    Les vitres sont teintées pour garantir l’intimité des passagers, et les sièges ont été pensés selon un concept dit « en apesanteur », visant à offrir une expérience de transport confortable sur des trajets urbains potentiellement plus longs que ceux d’un taxi traditionnel. Des écrans dédiés aux passagers arrière permettent d’accéder à des contenus de divertissement et d’information pendant le trajet, tandis qu’un système de contrôle vocal donne aux passagers la possibilité de régler certains paramètres de confort — température, musique, luminosité — sans interaction physique avec des commandes traditionnelles. Cette conception de l’habitacle reflète la vision de Xpeng d’un service de mobilité autonome qui dépasse la simple fonction de transport pour offrir une expérience de déplacement enrichie, comparable à celle d’un espace personnel mobile.

    Opérations pilotes en 2026, service quotidien autonome en 2027

    Le calendrier de déploiement commercial du robotaxi de Xpeng est précis et ambitieux. Dans la seconde moitié de l’année 2026, l’entreprise prévoit de lancer des opérations pilotes qui permettront de valider trois dimensions essentielles du projet : la fiabilité technique du système de conduite autonome dans des conditions réelles d’exploitation commerciale, la réponse des utilisateurs au service et à l’expérience de transport proposée, et la viabilité du modèle économique associé à l’exploitation d’une flotte de robotaxis sans conducteur.

    Cette phase pilote constituera un test grandeur nature des capacités réelles du véhicule et de son système d’IA dans l’environnement urbain complexe de Guangzhou, l’une des métropoles les plus denses et les plus dynamiques de Chine en termes de trafic automobile et de diversité des situations de conduite. Les enseignements tirés de cette phase d’exploitation pilote alimenteront les ajustements nécessaires avant le passage à un service pleinement autonome.

    Dès le début de l’année 2027, Xpeng prévoit de basculer vers un service de robotaxi entièrement autonome et quotidien, sans opérateurs de sécurité présents dans l’habitacle sur la route. Cette étape représenterait un saut qualitatif majeur par rapport à la phase pilote, imposant au système de conduite autonome de démontrer sa capacité à gérer de manière fiable et sécurisée l’intégralité des situations rencontrées lors d’une exploitation commerciale régulière, sans filet de sécurité humain à bord.

    Notre avis, par leblogauto.com

    Le lancement en production en série du robotaxi de Xpeng à Guangzhou est une étape industrielle significative qui distingue le constructeur chinois des nombreux acteurs qui en sont encore au stade des prototypes ou des flottes de test limitées. Le choix d’une architecture entièrement basée sur la vision machine sans lidar ni cartes HD est cohérent avec la stratégie technique de Xpeng sur ses véhicules grand public, mais il représente un pari technologique dont la validation en conditions réelles d’exploitation urbaine dense sera déterminante pour la crédibilité de l’ensemble du projet. La puissance de calcul de 3 000 TOPS fournie par quatre puces Turing développées en interne est un indicateur de l’investissement technologique consenti par Xpeng, mais les spécifications matérielles ne préjugent pas de la robustesse du système dans les innombrables situations imprévues qu’un environnement urbain peut générer. Enfin, le calendrier annoncé — opérations pilotes fin 2026, service entièrement autonome début 2027 — est ambitieux et sa tenue dépendra autant des performances techniques du système que de l’évolution du cadre réglementaire chinois applicable aux véhicules autonomes de niveau 4 en exploitation commerciale.

    Crédit illustration : Xpeng.

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