Victoire Porsche aux 24 Heures de Daytona
A la fin, c’est Porsche qui gagne. Pour la troisième année consécutive, la firme allemande remporte les 24 Heures de Daytona. C’est la 21e victoire de la marque en Floride. Pas mal, sur un total de 64 éditions…
Une n°7 sans histoire. « Pas d’erreurs de pilotage, pas de bévue de l’équipe, pas de pénalité », résume Jonathan Diuguid, le directeur général de Porsche Penske Motorsport, à propos de la course menée par l’équipage de la 963 n°7, victorieuse sous le damier. Au volant : Felipe Nasr, Julien Andlauer et Laurin Heinrich.
Heinrich ne perd pas de temps. L’Allemand, très récemment intégré au programme 963, disputait seulement sa deuxième course au volant de cette voiture. Solide, calme, il figure même au premier rang du très surveillé indice B-Pillar, classant les pilotes en fonction de leur moyenne chronométrique sur l’épreuve.
Plus de 6 heures dans le brouillard
Dans la brume. Pendant la nuit, l’épreuve a été marquée par l’irruption du brouillard. La faible visibilité a justifié une neutralisation de 6 heures et 33 minutes derrière la voiture de sécurité (qui a elle-même effectué des pleins d’essence), la plus longue jamais vue en IMSA.
Ennui ? Pour tuer le temps, Julien Andlauer jouait à « devine qui je suis » avec son ingénieur piste… Chez Cadillac, le jeune Connor Zilisch chantait dans son cockpit (il n’a malheureusement pas précisé quelle chanson…).
Pas si facile. Mais si les points ci-dessous vous suggèrent que la victoire de Porsche a été facile, détrompez-vous. Dans les deux dernières heures, la Cadillac n°31 est revenue dans les échappements de la 963 de tête. Jack Aitken a même léché le bloc arrière de la Porsche de Felipe Nasr à deux reprises à une vingtaine de minutes du damier.
Moins de 2 secondes d’écart à l’arrivée
Aitken si près. Le Britannique est l’une des valeurs montantes de l’endurance. Au volant de la V-Series.R au départ et à l’arrivée, l’ex-pilote Williams F1 avait déjà remporté les manches d’Indianapolis et Road Atlanta l’an dernier… A l’arrivée, il termine à 1,5 seconde de la Porsche victorieuse.
Dommage… que sa pointe de vitesse impressionnante s’accompagne encore de quelques couacs. En début de course, il a involontairement franchi un feu rouge, décalant la stratégie de la Cadillac Whelen / Action Express.
Vesti brille. Si Earl Bamber est toujours aussi tenace, le jeune Frederik Vesti a confirmé en Floride son très gros potentiel. L’ex-dauphin de Théo Pourchaire en Formule 2 est classé 3e dans la classement B-Pillar, prenant en compte les 50 % de meilleurs tours de chaque pilote.
Cadillac si près…
Action Express vs Wayne Taylor. La « guéguerre » des Cadillac tourne à l’avantage d’Action Express. Les voitures n°10 et n°40 de l’équipe Wayne Taylor n’ont jamais semblé en mesure de l’emporter. La V-Series.R argentée a même terminé sa course par un grand bang en fin de matinée. La voiture émettait un impressionnant panache de fumée sur la banking. Ricky Taylor parvint à la ramener aux stands… où les mécaniciens ne purent qu’éteindre le début d’incendie.

Compliqué pour la n°6. Si les Porsche semblaient à l’aise pour prendre du champ dans les phases de drapeau vert, la n°6 a connu 24 heures compliquées. Un petit accrochage en début de course a endommagé la voiture. Malgré des tentatives de réparations pendant la neutralisation nocturne, la voiture n’a jamais retrouvé son plein potentiel.
Estre déçu. Le champion du monde 2024, désormais chargé des affaires américaines, se montrait déçu à l’arrivée : « Nous ne saurons jamais à quel point nous aurions été forts sans cet incident. Par rapport à la voiture sœur, nous étions toujours un peu en retrait. Compétitifs, oui, mais jamais au niveau de la n°7 ». La n°6 fut classée 4e sous le damier.
Hommage. Quelques heures après l’arrivée, la marque allemande annonçait le décès de Peter Falk, l’un des piliers de Porsche en sport automobile. L’ingénieur, mort à 93 ans, avait notamment collaboré aux projets 917 et 956/962.
BMW brille plus qu’attendu
Podium BMW. Les essais préliminaires et les qualifications n’annonçaient rien de bon. La version 2026 de la BMW M Hybrid V8 ramène pourtant de Daytona une belle 3e place finale, à 21 secondes à peine de la victoire.
Surprise. La n°24 pilotée par Sheldon van der Linde, Dries Vanthoor, Robin Frijns et Rene Rast a effectué une course très propre et finalement véloce. Ce dernier estimait : « La troisième place est aussi une surprise, car nous avions peu de rythme en début de week-end et nous n’imaginions pas du tout nous battre pour la victoire et le podium. C’est une performance collective formidable ».

Disparues. On a en revanche peu vu les Acura. La n°93 a été retardée par une touchette de l’intéressant Kaku Ohta, perdant un tour. Une fois la boucle perdue, elle a réussi à remonter le courant pour finir au 5e rang. La n°60 a bouclé la course à la 9e place. « Nous avons du travail à faire », jugeait Tom Blomqvist après les cérémonies officielles.
Disparue (bis). Très convaincante fin 2025, l’Aston Martin Valkyrie a en revanche disparu des radars ce week-end. Dernière des GTP en qualifs, la sonore voiture de l’équipe Heart of Racing rendait aux 24 Heures de Daytona une grosse seconde au tour aux meilleurs. Elle a aussi subi deux avaries importantes samedi soir et dimanche matin, perdant une quarantaine de tours. La 31e place finale est anecdotique.

24 Heures de Daytona : débuts des nouveaux Michelin
Balles neuves. Cette manche d’ouverture de la saison marquait aussi l’introduction par Michelin d’un tout nouveau pneu, le Pilot Sport Endurance. La gamme sera déployée sur les GTP en IMSA que sur les Hypercars en Championnat du monde (WEC).
Temps clément. La plupart des équipes ont doublé leur relais avec le composé medium, adapté aux températures clémentes de la Floride (entre 16 et 29°C dans l’air, 17 à 35°C sur l’asphalte). Hormis la brouillard, la météo fut du côté des concurrents.
Mise en température. C’était l’une des clés : les ingénieurs du manufacturier espéraient accélérer la mise en température des pneus neufs à la sortie des stands. Cet exercice était auparavant périlleux : il fallait plusieurs tours avec une adhérence limitée avant de rejoindre les 70 à 80°C optimaux.
Nouvelles caractéristiques
Plus rapide au départ. « La nouvelle gamme apporte une amélioration extraordinaire en termes de mise en régime, explique Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport. Le tour de sortie des stands est en moyenne 5 à 8 secondes plus rapide avec le pneu médium 2026 par rapport à la génération précédente, toutes voitures confondues ».
Constance. Ce n’est pas pour cela que ce pneu se dégrade plus vite qu’avant. « Il y a une dégradation entre le premier et le deuxième relais, poursuit le responsable. Mais les deux relais sont extrêmement constants : l’allègement du véhicule dû à la consommation d’essence vient exactement compenser la dégradation du pneu ».
Durable et alvéolé. Ce Pilot Sport Endurance est composé de 50 % de matériaux renouvelables ou durables tout en proposant des performances similaires à la génération précédente. Il présente aussi une fine couche façon velours – avec des alvéoles dessinées sur la bande de roulement – lorsqu’il est neuf.

LMP2 et GTD
Ailleurs. En catégorie LMP2, l’équipe anglo-portugaise Algarve Pro a remporté ses premières 24 Heures de Daytona. L’Oreca n°4 avait pourtant été boutée hors-piste dans le… premier virage. Une astucieuse stratégie a permis à la voiture de revenir au premier plan.
Peugeot ? La voiture était pilotée par Georges Kurtz, pdg d’une entreprise de cyber-sécurité et sponsor de l’équipe, ainsi que par le Britannique Toby Sowery, occasionnel pilote d’Indycar. Les deux autres membres de l’équipage ont un contrat avec Peugeot. Malthe Jakobsen est titulaire sur la 9X8. Et le jeune fermier des Cornouailles Alex Quinn est récemment devenu pilote de développement du Lion. Ce dernier a fait forte impression ce week-end.
Duels intenses en GTD
Ailleurs (bis). En GTD Pro, la lutte a comme souvent été féroce. Les Corvette étaient en ballotage très favorable, menant environ la moitié de l’épreuve. Un bris de suspension sur la n°3, puis une altercation entre Nico Varrone (Corvette n°4) et James Calado (Ferrari n°033) à deux heures du but fit perdre de précieuses positions à l’Américaine. La Ferrari écopa tout de même d’une pénalité. Mais cela ne rendra pas le sourire à Varrone…
Radio gaga. Dans la dernière heure, la BMW M4 n°1 alors menée par Dan Harper tomba en panne de radio. Sans infos sur les écarts et le temps restant, le Britannique parvînt à résister à la Mercedes n°75 pour s’imposer sous le damier. Il partage sa victoire en GTD Pro à ces 24 Heures de Daytona avec Connor de Phillipi, Neil Verhagen et Max Hesse.
GTD. Dans la plus petite classe, le duel final entre la Mercedes n°57 de Philip Ellis et l’Aston Martin n°44 de Nicki Thiim a inquiété les spectateurs… Les deux hommes ont sérieusement frotté leurs voitures dans la banking. La Mercedes s’est imposé sur le fil.
Sebring. La prochaine manche du championnat IMSA est une autre classique du calendrier de l’endurance mondiale. Les 12 Heures de Sebring se disputent le 21 mars.
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