Vous vous souvenez de la Toyota Aygo, qui partageait sa plateforme et ses moteurs avec les Peugeot 107/108 et Citroën C1 ? Aujourd’hui, il ne reste plus que la Japonaise, qui s’appelle désormais Aygo X (prononcez Cross). La nouvelle génération de la voiture évolue encore, mais surtout reçoit sous son capot la motorisation hybride de la Yaris. S’agit-il de la mini-citadine par excellence ? Nous sommes partis chercher quelques éléments de réponse en Toscane.
Une face avant plus sérieuse

Les constructeurs ont plutôt délaissé le segment des mini-citadines qui n’a pas vraiment plus la cote. Le marché européen préfère manifestement des SUV, quitte à ce que la voiture prenne un peu plus de place dans le garage. Pourtant, il demeure une clientèle friande des modèles de petit format. Avec l’Aygo X revue et corrigée, Toyota entend bien continuer à occuper le terrain. Pour cela, il fallait donner un coup de jeune à sa plastique. D’abord, la voiture donne l’impression d’être légèrement surélevée, c’est à la mode. Elle affiche un regard plus sérieux aussi, et même un bouclier qui a quelque chose de sportif, que la finition choisie soit la GR ou non.
Le profil, en revanche, évolue peu par rapport à la précédente mouture. L’arrière encore moins, avec tout juste des feux légèrement assombris. Elle a toujours en tout cas ce petit look très citadin, on adore sa carrosserie bi-ton. Avec ses grandes roues aux quatre coins, elle a un certain dynamisme revendiqué qui lui va plutôt bien. Notre finition disposait du toit ouvrant en toile, qui malheureusement n’est pas sans incidence sur l’insonorisation à haute vitesse, malgré les efforts de Toyota en la matière. Mais pour flâner à la belle saison, il faut reconnaître qu’il s’agit d’une option bien agréable à utiliser.
Une connectivité complète

En entrant à l’intérieur, on retrouve un environnement assez connu. On baigne dans une atmosphère où l’essentiel saute aux yeux, avec des commandes et une instrumentation qui se trouvent là où on s’attend à les trouver. Comme dans toute bonne citadine qui se respecte, on a en bonne place un écran de 10,5 pouces avec une connectivité complète (7 pouces derrière le volant), dont CarPlay et Android Auto pour continuer à plaire à la jeune clientèle. Pour le reste, pas d’emballement côté finition, elle demeure du même niveau. Les plastiques sont durs, l’assemblage plutôt sérieux.
Maintenant, la voiture ne fait que 3,77 m et il ne faut pas s’attendre à des miracles en termes d’habitabilité. À l’arrière, cela reste compliqué pour caser ses jambes. On y reviendra, mais malgré la motorisation hybride, Toyota a réussi l’exploit de maintenir le même volume de coffre, soit 231 litres. Cela devrait suffire à ne pas dérouter les habitués du modèle. À l’usage, on peste sur certains accès dans les menus, notamment pour désactiver les alertes agaçantes. On a droit à des prises USB-C, un chargeur par induction et une climatisation automatique. Il y a tout ce qu’il faut pour égayer les trajets de tous les jours, et même un peu plus.
La motorisation hybride de la Yaris

Cette Aygo X avec sa nouvelle motorisation hybride piquée à sa grande sœur la Yaris change, d’une certaine façon de dimension. Il faut bien avouer qu’elle était un peu juste pour avoir une vie en dehors des agglomérations. Avec désormais 116 chevaux, la voiture ne manque pas de souffle pour affronter les « grandes » routes. Il fallait faire un peu de place pour caser le trois-cylindres, la e-CVT et les cellules de 0,76 kWh du système hybride. Mais les performances sont au rendez-vous avec un 0 à 100 km/h qui passe sous les 10 s et des reprises qui permettent de ne plus transpirer au moment de dépasser un camping-car en côte.
Cela se fait au prix de montées en régime un peu bruyantes avec cette motorisation, à cause d’une insonorisation que nous aurions aimée meilleure. Mais nous sommes sans doute un peu gourmands au regard du gabarit de la voiture. Il y a bien un vrai mode EV, mais qui ne fonctionne que jusqu’à 40 km/h environ. En tout cas, on s’y attendait, les consommations sont au diapason de ce que permet cette motorisation, déjà impressionnante sur la Yaris. Dans notre réalité sur un parcours pourtant assez défavorable pour faire un chiffre, avec de l’autoroute et les routes escarpées de Toscane, on a évolué entre 3,7 et 4,2 l aux 100 km sans user spécialement du mode B.
Agilité impressionnante en ville

Aussi surprenant que cela puisse paraître, notez qu’en termes de poids les deux voitures sont proches à quelques dizaines de kilos près. Oui, l’Aygo X a grossi en passant à l’hybride, ce qui paraît logique. Du coup, en termes de comportement, la mini-citadine avec son embonpoint tenu sous contrôle ne s’est heureusement pas transformée en gros veau en prenant la motorisation plus lourde de son aînée. Le rayon de braquage court de 4,7 m facilite grandement les manœuvres. L’Aygo X brille donc surtout en ville, où elle se faufile avec agilité et où le système hybride fournit de longues phases de conduite silencieuse en 100% électrique. Pour gagner en polyvalence, l’Aygo X dispose d’un châssis à l’amortissement revu pour un comportement plus rigoureux sur les petites routes, et la rendre plus agréable en dehors des agglomérations.
Sur les grands axes, en revanche, la voiture se révèle plus citadine que routière, bien évidemment. Les quatre disques de freinage offrent une meilleure maîtrise qu’auparavant, et on conduit donc une voiture qui se rapproche plus d’un modèle du segment supérieur. Cependant, à vitesse soutenue, l’Aygo X devient un peu nerveuse et l’insonorisation moins efficace sur autoroute rend la motorisation moins agréable à entendre lors de certaines phases. Malgré cela, elle s’avère bien plus sereine sur les grands trajets, démontrant que la petite Japonaise peut désormais dépasser son rôle de simple navette urbaine. Pour ceux qui ont connu la version avant l’adoption du moteur de Yaris et des réglages châssis revus, ce n’est pas très loin du jour et de la nuit entre les deux voitures.
La Yaris comme principale concurrente…

Pour autant, il ne faut pas oublier les tarifs. L’Aygo X hybride débute à 22 200 €, un prix certes séduisant pour la motorisation proposée, mais qui crée une ambiguïté troublante avec la Yaris hybride. Cette dernière s’affiche à partir de 22 400 € en version Dynamic 116 ch, soit seulement 200 € de plus. La Yaris offre pourtant un empattement plus long (2,56 m contre 2,43 m), un meilleur confort de suspension, un habitacle plus spacieux, et une insonorisation plus soignée. Sur les versions supérieures, le tarif de la plus petite des deux se justifie encore moins. L’Aygo X ne peut légitimer sa présence au catalogue que pour ceux qui privilégient l’agilité urbaine absolue et le besoin d’un si petit gabarit.
























