Porsche subit près d’un milliard d’euros de pertes, impactée par la baisse des ventes de véhicules électriques et les droits de douane américains.
Porsche enregistre sa première perte trimestrielle depuis son introduction en Bourse
Pour la première fois depuis son entrée en Bourse, Porsche AG affiche une perte trimestrielle. Le constructeur allemand de voitures de luxe, symbole de performance et de rentabilité dans le secteur automobile, a subi un revers majeur au troisième trimestre 2025. Entre réduction des ambitions dans l’électrification, tarifs douaniers américains et recul du marché chinois, la marque à l’emblématique 911 fait face à une conjoncture difficile.
La société a enregistré une perte d’exploitation de 966 millions d’euros pour les trois mois se terminant en septembre. Ce résultat contraste avec la solidité financière dont Porsche avait fait preuve jusqu’ici. En cause : un coût total de 3,1 milliards d’euros lié à l’abandon de plusieurs projets de véhicules électriques et à la fin de son programme interne de fabrication de batteries.
L’électrification en pause : Porsche revoit sa stratégie
La marque de Stuttgart avait fait de l’électrification un axe central de sa stratégie, mais le ralentissement de la demande mondiale en véhicules électriques (VE) a modifié la donne. L’entreprise a repoussé certains projets de VE et revu à la baisse ses ambitions initiales.
Parmi les décisions marquantes figure la révision d’un projet de SUV de luxe positionné au-dessus du Cayenne. Initialement prévu en version 100 % électrique, ce modèle sera finalement décliné en motorisations thermiques et hybrides. Ce choix illustre la volonté de Porsche de préserver sa rentabilité face à un marché électrique encore incertain et aux contraintes de production croissantes.
Les difficultés dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, conjuguées à la baisse de la demande en Chine, ont amplifié la pression sur les ventes. Ce ralentissement a même entraîné la sortie de l’action Porsche de l’indice DAX, un symbole de la dégradation de la confiance des investisseurs.
Droits de douane américains et baisse du chiffre d’affaires
Le marché américain — désormais premier débouché mondial de Porsche devant la Chine — devient à la fois un levier stratégique et un défi financier. Les droits de douane de 15 % imposés sur les véhicules importés depuis l’Europe devraient coûter environ 700 millions d’euros à l’entreprise cette année.
Pour compenser ces coûts, Porsche envisage d’augmenter ses prix sur le marché américain. Le directeur financier Jochen Breckner a confirmé cette orientation lors d’une conférence avec des analystes, tout en prévoyant que 2025 constituera le point bas avant un retour progressif à la croissance.
Le chiffre d’affaires du troisième trimestre est tombé à 8,7 milliards d’euros, accentuant la pression sur les marges. Malgré tout, les analystes de Citi et de Bloomberg estiment que la performance, bien que négative, reste moins catastrophique qu’anticipé. La marge sous-jacente avoisinerait encore 10 %, signe que Porsche conserve une base solide pour rebondir à moyen terme.
Réorganisation interne et pari sur les SUV
Face à ces contre-performances, Porsche a lancé une réorganisation en profondeur. Une refonte de la direction est déjà en cours : Oliver Blume transmettra ses fonctions de pilotage à Michael Leiters en janvier prochain. Cet ancien cadre de McLaren Automotive, déjà familier de la maison Porsche, s’était illustré dans le développement des Macan et Cayenne, deux SUV best-sellers du constructeur.
Cette expertise pourrait s’avérer cruciale, alors que Porsche prépare le remplaçant du Macan à moteur thermique, dont la production sera arrêtée l’année prochaine. La stratégie SUV reste un axe clé de développement, notamment sur le marché américain. Faute d’usines locales, Porsche importe toutes ses voitures d’Europe, une contrainte qui pèse lourdement dans le contexte des politiques protectionnistes.
Des discussions ont déjà eu lieu concernant une possible production locale aux États-Unis, un scénario qui permettrait d’alléger la facture douanière et de renforcer la compétitivité de la marque sur son marché le plus porteur.
Une perspective prudente mais optimiste
Malgré cette période de turbulences, la direction de Porsche reste confiante. Jochen Breckner anticipe une stabilisation à partir de 2026, soutenue par une offre plus diversifiée et une meilleure maîtrise des coûts. Les investisseurs et analystes restent attentifs à la capacité de l’entreprise à redéfinir son positionnement dans un marché automobile en mutation rapide, où la transition énergétique reste incontournable mais plus complexe que prévu.
Notre avis, par leblogauto.com
Cette perte historique marque un tournant stratégique pour Porsche. Le constructeur semble privilégier une approche pragmatique de l’électrification, en ajustant son rythme à la réalité du marché. La réorganisation interne et le recentrage sur les SUV témoignent d’une volonté de préserver la rentabilité à court terme. Reste à voir si cette stratégie d’adaptation permettra à la marque de retrouver son équilibre face à la double pression des réglementations environnementales et de la concurrence mondiale.

faut dire que la taycan a un positionnement étrange , des coupé et roadster seraient bien plus sexy. Et les gens veulent des éssuvés
Ce qui est très inquiétant c’est que les riches chinois achètent moins de voitures occidentale, preuve irréfutable de la montée en qualité des voitures chinoises. En plus en Chine sans électrique sexy, point de salut, et là les européenns sont à la ramasse (voir le MG cyberster , c’est porche qui aurait du faire ça !)
C’est intéressant ça d’ailleurs que les chinois achètent de moins en mois occidental. Dans les raisons, outre une amélioration de la qualité, on peut aussi se dire que la mentalité chinoise joue peut-être, je veux dire par là (du moins de mon point de vue biaisé de gars qui n’a jamais mis les pieds en Chine) qu’en Chine l’intérêt collectif semble passer avant l’individu, mais que les individus jouent le jeu car les retombées de l’avancée du pays (le « ruissellement ») sont concrètes pour eux.
En Europe, on s’en balance, il n’y a jamais trop eu de patriotisme économique. Je ne vais pas faire d’estimation de qualité française Vs allemande (ni aujourd’hui ni par le passé), mais ici, on a eu beau s’astiquer la nouille sur l’idée du luxe à la française, question auto la classe ça a toujours été d’avoir une premium allemande.
Et si « on » a délocalisé en Chine à tours de bras, c’est peut-être aussi que le patriotisme économique « on » s’en est toujours battu les couilles.
Voila ce qu’il en coute de s’être diversifié.
Porsche fait maintenant face aux problèmes d’un constructeur généraliste
« La société a enregistré une perte d’exploitation de 966 millions d’euros »
996 millions ça aurait été plus stylé :p
Mais sinon, j’ai du mal à saisir les causes exactes. C’est les consommateurs aisés qui rechignent à passer à l’électrique ? Ou bien ils en veulent, certes, mais au même moment il se trouve que les chinois font aussi bien, et que du coup les riches chinois achètent chinois, et que du coup même si les riches non chinois achètent du VE Porsche ben au total ça baisse quand même par rapport aux années précédentes ?
Car si c’est ça, alors électrique ou thermique ça n’arrêtera pas de baisser jusqu’à un certain point.
Car l’article parle de soucis de « chaîne d’approvisionnement mondiale » et de « baisse de la demande en Chine », mais ça ne cible pas spécifiquement l’électrique.
Si c’est juste les riches qui ne veulent pas d’électrique, par idéologie (ou par absence d’idéologie…) c’est une autre histoire.
Les grands coups de barre vers le VE ou vers la VT sont des constats d’échecs.
Parfois, un groupe réussit mieux grâce à ses VE … à l’inverse, tout miser sur les VE comme pour le Macan … C’est un suicide commercial.
Les années 2020 sont une période charnière qui pourrait largement durer jusqu’à 2035 !?
Mais pour le HdG … Les VE restent minoritaires.
Les VE sont imbattables dans une utilisation quotidienne … Mais dans le plaisir de conduire, le bruit est également important !