Tesla voit son bénéfice plonger malgré des ventes record

Tesla enregistre une forte hausse de ses revenus au 3ᵉ trimestre, mais son bénéfice net chute de 37 % malgré des livraisons record.

Le bénéfice en baisse, mais un chiffre d’affaires en pleine accélération

Tesla a publié des résultats contrastés pour le troisième trimestre 2025. Le constructeur américain de véhicules électriques a vu son bénéfice net reculer de 37 %, à 1,39 milliard de dollars (environ 1,3 milliard d’euros), comparé à la même période de l’année précédente. Pourtant, son chiffre d’affaires a progressé de 12 %, atteignant 28,1 milliards de dollars (environ 26,4 milliards d’euros), porté par une hausse des livraisons à un niveau record de 497 099 véhicules.

Cette progression des ventes s’explique notamment par la ruée des acheteurs américains souhaitant bénéficier du crédit d’impôt fédéral sur les véhicules électriques avant son expiration. Le marché intérieur américain a donc joué un rôle clé dans la performance trimestrielle du constructeur.

Les revenus automobiles, cœur de l’activité de Tesla, ont augmenté de 6 % à 21,2 milliards de dollars, tandis que les revenus issus de la division énergie (batteries domestiques, stockage et solaire) ont bondi de 44 % à 3,42 milliards de dollars. Les services et autres activités ont progressé de 25 %, atteignant 3,48 milliards de dollars, selon le rapport publié le 22 octobre.

Malgré ces bons chiffres commerciaux, la marge brute totale de Tesla a reculé à 18 %, contre 19,8 % un an plus tôt. Cette contraction témoigne de la pression sur les prix, accentuée par la concurrence croissante dans le segment des véhicules électriques. En réaction, les actions Tesla ont perdu environ 3,3 % dans les échanges précédant l’ouverture des marchés le 23 octobre.

Dans son communiqué, Tesla a reconnu que l’environnement économique restait incertain : « Nous sommes confrontés à des incertitudes à court terme dues aux changements commerciaux, aux tarifs douaniers et à la politique fiscale, mais nous restons concentrés sur la croissance à long terme et la création de valeur. »

Les analystes financiers tablaient sur un chiffre d’affaires d’environ 26,2 milliards de dollars, selon les données de LSEG citées par Reuters. Les résultats publiés ont donc dépassé les attentes, malgré une rentabilité en baisse.

Musk mise sur la conduite autonome et les robots humanoïdes

Lors de la conférence téléphonique du 22 octobre, le PDG Elon Musk a évoqué les priorités stratégiques du groupe, insistant sur l’importance de la conduite entièrement autonome pour soutenir la croissance future. Selon lui, la production augmentera dès que Tesla sera capable de proposer une version totalement autonome de son logiciel Full Self-Driving (FSD).

« En réalité, tout se résume à : pouvez-vous envoyer des SMS en voiture ? », a plaisanté Musk. « Si les gens savent qu’ils peuvent se détendre et utiliser leur téléphone pendant que la voiture conduit, tout le monde voudra en acheter une. »

Tesla prévoit néanmoins une baisse de ses livraisons annuelles, estimées à 1,6 million de véhicules, contre 1,8 million en 2024, selon les estimations de Visible Alpha.

L’entreprise table sur une reprise de la demande en 2026 grâce au lancement du robotaxi CyberCab, un véhicule entièrement autonome dépourvu de commandes humaines. Ce modèle devrait être intégré à la flotte de covoiturage Tesla, mais également commercialisé auprès du grand public.

Musk a confirmé que Tesla avait déjà lancé des tests pilotes de robotaxis utilisant le Model Y à Austin (Texas) et dans la région de San Francisco, avec des conducteurs de sécurité pour l’instant. Il a annoncé que Tesla prévoyait de retirer ces conducteurs dans certaines zones d’Austin d’ici la fin de l’année et d’étendre le service à 8 à 10 métropoles américaines.

Toutefois, il a reconnu que le déploiement dépendrait des approbations réglementaires locales et fédérales. En juillet, Musk avait affirmé viser une couverture de la moitié de la population américaine par les robotaxis d’ici fin 2025, un objectif ambitieux qui repose sur une validation réglementaire rapide.

Outre la conduite autonome, Musk a réitéré son intérêt pour les robots humanoïdes Optimus, conçus pour fonctionner grâce à l’intelligence artificielle développée en interne. Un nouveau prototype “version trois” devrait être prêt d’ici le premier trimestre 2026, avec l’ambition de lancer une ligne de production d’un million de robots par an d’ici un an.

Musk a ajouté que la montée en puissance serait progressive, mais qu’à long terme, la production pourrait atteindre 50 à 100 millions d’unités par an. Selon lui, ces robots pourraient transformer la société : « Avec Optimus et la conduite autonome, nous pouvons créer un monde sans pauvreté, où chacun a accès aux meilleurs soins médicaux. Optimus sera même un chirurgien exceptionnel. »

Une vision ambitieuse, mais des défis persistants

Tesla continue de réaffirmer sa double ambition : devenir le leader mondial de la mobilité autonome et pionnier dans la robotique intelligente. Cependant, les défis restent considérables : marges sous pression, ralentissement des livraisons, investissements massifs dans la recherche en IA et incertitudes réglementaires autour de la conduite autonome.

En clôture de la conférence téléphonique, Musk a également défendu le plan de rémunération de 1 000 milliards de dollars (environ 930 milliards d’euros) proposé par le conseil d’administration de Tesla, sur lequel les actionnaires voteront le 6 novembre. Ce plan, extrêmement ambitieux, repose sur l’atteinte d’objectifs financiers et technologiques précis, et renforcerait la position de contrôle de Musk au sein de l’entreprise.

« Il faut un contrôle suffisant pour avoir de l’influence, mais pas trop pour éviter les abus », a déclaré Musk, tout en ironisant : « Je ne veux pas construire une armée de robots pour être renvoyé sans raison. »

Notre avis, par leblogauto.com

Les résultats du troisième trimestre confirment une phase de transition stratégique pour Tesla. Si les ventes et les revenus restent solides, la baisse du bénéfice net souligne les tensions sur les coûts et la concurrence croissante dans le secteur des véhicules électriques. Le virage vers la conduite autonome et les robots humanoïdes illustre la volonté de Musk de diversifier les activités du groupe, mais ces projets nécessitent encore des validations techniques et réglementaires complexes. Tesla conserve néanmoins une position dominante dans l’innovation automobile, soutenue par une vision industrielle ambitieuse, mais à haut risque.

Crédit illustration : Tesla.

(15 commentaires)

  1. C’est bien triste de voir le chemin pris par Tesla/Musk. Oubliez l’idée de faire un bon geste pour la planète (qui était largement exagérée, il aurait fallu parler d’un « moins mauvais geste »). Aujourd’hui supporter Tesla c’est soutenir une vision digne des meilleures (pires?) dystopies. Oligarchie-plutocratie, corruption et mensonge, dédain de l’Humain, eugénisme, destruction accélérée de l’habitabilité de la planète, concentration du pouvoir et de la richesse. Wow, si c’était un bouquin ou un film, ce serait drôlement attirant…
    Donc je ne suis que modérément attristé de voir que la mauvaise gestion de l’entreprise l’amène à des fins de trimestre difficiles: dans l’automobile la concurrence est enfin à niveau, le solaire est anecdotique, l’AI est en retard son orientation freine son développement, la robotique avancée et la conduite autonome n’en sont qu’au stade de promesses non-tenues. Financièrement, la fin des crédits d’achats US va plomber la demande dès Q4, et la fin des crédits ZEV va priver Tesla d’un ‘pur profit’ de plusieurs milliards/an (2.76G$ en 2024).
    Et, peut-être encore plus important sur le long terme, Tesla a perdu de son attrait pour certains des meilleurs cerveaux qui ne se retrouvent pas toujours dans la vision ou les méthodes de Musk.

    1. je supporte tesla qui fait à mes yeux les meilleures voitures de l’histoire. Je ne suis absolument pas d’accord avec vous. C’est plutôt les dinausaurus constroctorus qui veulent continuer à cramer du pétrole comme avant qui promeuvent la destruction accélérée de l’habitabilité de la planète. Notez que je ne supporte pas du tout Elon Musk, comme j’ai une renault de l’ère Carlos Ghosn et que je ne supporte pas non plus

        1. Jamais essayé de mon côté. Donc difficile de dire. mais Xiaomi fait un véhicule en face de la modele S, donc un gros véhicule pas le gros volume de vente.

    2. A mon humble avis, c’est le plan produit de Tesla poussé par Musk qui met la marque en porte à faux niveau financier. Tesla est la seule nouvelle marque occidentale indépendante depuis… probablement le début des années 2000. Et quand je dis la seule, c’est la seule qui ai réussi à atteindre des volumes de vente qui rivalisent avec des marques historiques.
      Mais voila, après la S, la 3, la Y et la X, la stratégie est complètement à l’ouest, en grande partie à cause de Musk. Le cybertruck arrivé très en retard est un bide monumental qui a réclamé beaucoup d’investissements qui ne seront jamais financés par les ventes. Et paf le résultat financier. Puis vient le Roadster, promis depuis quoi, 7 ans peut etre? Modèle de niche qui ne vient toujours pas. Puis le Tesla Semi, annoncé depuis bientot 7 ou 8 ans, produit au compte goutte, et la pareil, impact énorme sur les résultats financier. Et en attendant, toujours pas de petite citadine, de petit SUV urbain.
      Et je rajoute le pseudo FSD qui est clairement un foutage de g***** des clients depuis au moins 5 ans.
      Et pendant que l’énergie de Tesla est passée sur des projets fantasques, la gamme vieilli. La S reste superbe, mais a plus de 10 ans. La 3 et Y ont été juste restylée, elles restent de bonnes voitures, mais bon, c’est du déjà vu.
      Kia/Hyundai a une gamme bien plus large, recente et un produit plus adapté aux besoin européens. Avec une image béton.

        1. Le problème pour les Américains, concevoir une auto sous les Model 3, ça leur est très difficile !
          Surtout pour des causes de rentabilité.
          Je me souviens de discussion entre Américains et français qui leur parlaient des caractéristiques d’une Citroën AX dans les années 80… C’est bien simple pour des Américains, c’était un OVNI… Impossible dans le monde réel

  2. 18 % de marge en 2024 quand même pour Tesla au lieu de 19.4% un an auparavant:
    les autres:
    14% Porsche
    11% Toyota
    8% Mercedes
    7.6% BMW et Renault
    5.9% VW
    5.5% Stellantis

    C’est peut être la fin des haricots, mais il y a quand meme de la barbaq avec… Elon devrait conserver un portefeuille bien épais.

      1. VW, Porsche souffriraient.
        je me méfie quand même: les entreprises peuvent facilement orienter à la hausse ou à la baisse leur résultat en fonction des choix stratégiques et du poids politique que cela peut avoir. les 2 font tout pour que la limite de 2035 saute

        1. Exact … Porsche serait même très mal depuis environ un an !?
          Du fait de sa transition trop rapide, selon moi, vers le 100 % VE … Une erreur de mon avis.
          Le choix est primordial ! … Encore plus dans le HdG.
          DS … Bosserait (en catastrophe ? ) pour faire un modèle hybride de sa N°8 … en rattrapage.
          Car ne viser que 20 % des clients potentiel en 2025-26… est une erreur énorme !
          Même si les ventes des VE montent en volume progressivement

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