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Inde : le départ des constructeurs doit être encadré

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Le principal groupe de concessionnaires automobiles d’ Inde a demandé au gouvernement indien de rédiger des règles pour protéger leurs intérêts lors d’éventuels abandons du marché indien et de la production locale par des constructeurs automobiles mondiaux. Un appel à l’aide qui voit le jour après la récente annonce du départ de Ford, cette sortie les plaçant dans une situation difficile.

General Motors s’est quant à lui retiré d’Inde de manière soudaine en 2017.

Ford cesse de produire en Inde

Ford a annoncé ce mois-ci qu’il cesserait de produire des voitures dans le pays et mettrait fin à sa présence de plus de deux décennies.

Le constructeur cesse dès maintenant de fabriquer des véhicules destinés à la vente en Inde. La fabrication pour l’exportation s’arrêtera à l’usine de Sanand d’ici le quatrième trimestre de 2021. Les usines de moteurs et d’assemblage de véhicules de Chennai cesseront leurs activités d’ici le deuxième trimestre de 2022.

Après avoir enregistré 2 milliards de dollars de pertes, le constructeur a déclaré qu’il ne voyait pas de chemin vers la rentabilité.

Les concessionnaires dans l’embarras

Reste selon le groupe des concessionnaires automobiles, cette « sortie » pour le moins rapide avait laissé les responsables de concessions dans l’embarras.

Un concessionnaire de la marque affirme : « Il y a une semaine, ils parlaient d’un nouveau lancement. Ils parlaient des ventes pour le festival de Ganesh Chaturthi. L’équipe agissait comme si tout était normal et ne nous a donné aucune indication sur ce qui allait être annoncé plus tard cette semaine. »

Outre ses deux usines, Ford compte environ 170 concessionnaires partenaires en Inde, qui exploitent collectivement quelque 400 salles d’exposition et emploient des milliers de personnes dans les secteurs de la vente et du service après-vente, selon les données de la Federation of Automobile Dealers’ Association (FADA).

Inquiétude quant au marché indien

La décision de Ford de quitter le pays s’inscrit dans le cadre de son programme mondial de restructuration, mais elle a suscité des inquiétudes dans certains milieux quant à l’environnement commercial en Inde.

La FADA a déclaré dans une lettre au ministère indien de l’Industrie que les sorties soudaines d’entreprises mondiales « causaient une grande détresse ».

Ford affirme détenir un plan garantissant une activité viable

« Nous avons un plan qui garantit une activité viable et continue pour nos concessionnaires partenaires », a déclaré Ford dans un communiqué, ajoutant qu’il travaillait également avec eux pour soutenir les clients existants.

Ford : 5eme constructeur majeur à cesser de produire en Inde

Ford est le cinquième constructeur majeur à cesser de fabriquer en Inde depuis 2017, après les sorties de General Motors et Harley Davidson.

Une lettre de la FADA demande au ministère de rédiger une loi pour « protéger les intérêts des concessionnaires et des clients en Inde ».

Le groupe a également appelé à une législation qui garantirait que des informations adéquates soient disponibles pour les clients et les concessionnaires sur la résiliation des accords de concession.

Les revendeurs ont investi environ 24,85 milliards de roupies (337 millions de dollars) dans les points de vente des cinq marques dont la sortie a entraîné la perte d’environ 64 000 emplois, a déclaré la FADA.

Les politiques pour des discussions avec Ford en vue de préserver l’emploi

Le leader du PMK, un parti politique du Tamil Nadu, a demandé au gouvernement de cet Etat d’engager des discussions avec la direction de Ford afin d’explorer les possibilités de poursuivre ses activités de manière à ne pas licencier les employés. Les gouvernements des États et le gouvernement central ont la responsabilité de protéger le bien-être de la main-d’œuvre de l’industrie, a-t-il déclaré.

Le gouvernement tente de rassurer

Le retrait de Ford d’Inde est dû à des raisons opérationnelles et ne reflète pas l’environnement commercial du pays, a déclaré pour sa part un haut fonctionnaire du gouvernement, tentant de rassurer.

Le secteur automobile indien a bénéficié d’investissements de 35 milliards de dollars au cours des six dernières années. Reste qu’une série d’acteurs mondiaux, dont Tesla, Kinetic Green Energy, Bahwan International Group et Nidec, évaluent actuellement leurs projets en Inde.

“Yazaki, Daicel, CKD et C4V ont acquis des terrains pour installer des usines ou ont signé des protocoles d’accord pour investir dans le pays”, a ajouté ce haut fonctionnaire, soulignant que l’Inde restait une destination attrayante.

Notre avis, par leblogauto.com

Si le départ des constructeurs suscite une certaine crainte, le gouvernement indien travaille parallèlement sur un système d’incitation et va mettre en place des aides d’un montant de 257 milliards de roupies (3,5 milliards de dollars) pour doper la production des voitures vertes.

La construction automobile continue d’attirer les investissements étrangers en Inde et a atteint une masse critique avec des exportations totales de 27 milliards de dollars.

Sources : Reuters, AFP, Bloomberg Quint

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9 Commentaires sur "Inde : le départ des constructeurs doit être encadré"

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Laportino
Invité
Faut quand même reconnaître que faire de business en Inde n’est pas une partie de plaisir. Ils ont des atouts, notamment une main d’oeuvre plutôt bien formée pour son coût, mais on voit bien que cela ne suffit pas et qu’ils ne sont pas du tout en pointe parmi les pays asiatiques comme on aurait pu l’imaginer il y a 10 ou 20 ans. Et cela pourrait se retourner bientôt contre eux vu qu’ils sont en pleine transition démographique. Il faut savoir qu’ils ont été longtemps très socialistes (bien que non-alignés), avec une économie planifiée de bout en bout, et… Lire la suite >>
panama
Invité

La bureaucratie locale est réputée en effet. Et que dire du fanatisme religieux local.

Francois
Invité

« Ford est le cinquième constructeur automobile majeur à cesser de fabriquer en Inde depuis 2017, après les sorties de General Motors et Harley Davidson. »
Les amis, vous ne le saviez pas, et moi non plus d’ailleurs, mais Harley Davidson est un constructeur automobile. 😀

Pour le reste, même si une loi finit par être votée, sa rétroactivité risque de poser question. Autant le rappeler, l’Inde est une démocratie, c’est la raison pour laquelle je souligne ce point.

BigBrother
Invité

« va mettre en place des aides d’un montant de 257 milliards de roupies (3,5 milliards de dollars) pour doper la production des voitures vertes. »

Je ne sais combien d’heure par jour qu’ils ont de courant stable…

si en plus ils se mettent à recharger leur tuktuk…

Rakihoney
Invité

Effectivement !!!
Et d’ailleurs c’est déjà bien parti.
Mais ils font (sagement) l’impasse sur la recharge rapide en privilégiant l’échange de batterie :
« En 2018, on comptait 1,5 millions de rickshaws rechargeables sur les routes, avec quelque 11 000 nouvelles unités par mois ;  »
https://innovation.engie.com/fr/news/actus/mobilite-durable/innovation-inde-rickshaw-circulation-smart-agriculture-tech/13255

jdfor
Invité
Celui qui a circulé en Inde et s’est tapé les routes inter états…et leur réseau routier du moyen âge…peuplé de vaches sacrées…et un conducteur peut être lynché s’il cause ou à cause d’un accident par la population dans certains États !! Sans compter le transport de marchandises qui prend des semaines avec des barrières administratives véritable arnaque ! Ce continent est un véritable bourbier dans le bon sens du terme. Ayez Shiva de votre coté…et si n’avez pas la tourista le premier jour de votre séjour, vous êtes un héro ! Que vaut un pays qui a des dieux de… Lire la suite >>
darkargos
Invité

Les coréens et les chinois vont récupérer la mise pas de souci, ils en ont plus envie que les constructeurs occidentaux dont les actionnaires okboomer ont les yeux rivés sur leurs dividendes et le cours de bourse. L’usine sera reprise par SAIC (MG) ou un autre constructeur avec la bénédiction du Parti Communiste. Combien de temps durera l’aventure Citroen? Les paris sont ouverts, au moins jusqu’au départ en retraite du big boss.

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