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24 heures du Mans : La journée test remplit sa fonction

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Dans la catégorie -dite reine- accueillant les LMP1, on peut facilement dire que pour permettre une cohabitation et rivalité à peu près équilibrées, les contorsions réglementaires n’ont pas manqué, au point que certains observateurs ne se privent pas de dire, qu’on est parvenu au mariage de la carpe et du lapin pour tenir jusqu’au prochain championnat.

Une catégorisation disparate

Qu’importe dirons-nous car les 24 heures savent rebattre les cartes de manière incroyable et même si les Toyota hybrides peuvent apparaitre comme intouchables, il est bien certain que les autres concurrents non hybrides, ont tous de bonnes raisons de vouloir se montrer sur le devant de la scène, avec des atouts qui ne semblent pas partagés de manière équivalente.

En effet, le team  Dragonspeed semble bien s’être un peu égaré dans cette catégorie supérieure, à laquelle il va d’ailleurs renoncer après cette course.

Bykolles rame aussi en LMP1 et ne semble pas trouver la clé pour figurer honorablement dans cette catégorie, malgré de nombreux changements de moteur depuis son accession en « première division. »

On ne dira pas la même chose pour le SMP Racing, qui mené de main de maître par un Sébastien Philippe particulièrement avisé, démontre de belles capacités et rêve de faire trembler et Toyota et Rebellion.

Rebellion, parlons-en ! Ce team a connu la victoire –sur tapis vert- après le déclassement des Toyota à Silverstone. Intrinsèquement, « les horloges suisses », qui en fait exploitent de très bons châssis Oreca avec des pilotes de haut niveau, sont en capacité de venir, chatouiller, voire troubler les pilotes des deux Toyota. Effectivement, pour une question de prestige -bien que le titre constructeur soit déjà acquis à Toyota-, il ne fait aucun doute que, Alonso, Buemi et Nakajima en tête du classement pilotes ne vont rien négliger pour décrocher le titre. Peut-on imaginer que des consignes d’écurie seraient délivrées pour leur laisser le champ libre ? Certainement pas. Alors prenons-en le pari, le trio Conway, Kobayashi et Lopez va attaquer à outrance et espérer, le plus amicalement du monde, que la N°8 se prenne les pieds dans le tapis.

Si en catégorie LMP1 on connait bien tous les concurrents qui disputent tous le championnat du monde, il n’en va pas de même en LMP2, où sur 20 teams engagés, 7 seulement disputent l’ensemble des courses du WEC. C’est bien là que nous allons y trouver le grand intérêt de pouvoir suivre la course au sein du team Signatech-Alpine-Matmut, nous permettant de décrypter avec les acteurs directs de la course au titre : les enjeux, les stratégies et les ficelles d’une course, sans aucun doute exceptionnelle en intensité.

Nous ne minimisons pas l’intérêt de la course des GT Pro, avec les ambitions des uns et des autres, même si  -ou au contraire-, justement si, Ford et BMW se retireront à l’issue de cette 87 ème édition des 24 heures du Mans. Ne pensons pas pour autant qu’Aston Martin, Ferrari et Porsche seront prêts à se laisser plumer par les sortants et nous garantissons que les passages au Tertre rouge, à Mulsane, à Indianapolis ou aux virages Porsche vaudront le déplacement pour les spectateurs épris de pilotage au culot.

Rien à prouver, tout à éprouver

La journée test ne permet pas d’apporter d’informations réelles et sérieuses quant aux performances intrinsèques de chacune des autos. Toutes les écuries ont besoin de se ré-étalonner par rapport à ce circuit particulièrement exigeant en termes d’aérodynamisme où divers réglages ou adaptations sont à valider avant qu’un réel feu d’artifice ne soit tiré lors des essais qualificatifs.

Alors, en ce dimanche matin avec déjà une température affichant déjà un bon 24 degrés, toutes les équipes indiquaient avoir un programme de travail copieux sans vouloir préciser exactement en quoi cela consistait. Il convenait déjà de rouler pour vérifier certaines options envisagées. Ensuite, sachant que la piste ou plutôt les routes servant de piste n’auraient pas l’adhérence maximale, il fallait que cette piste qualifiée de verte, c’est à dire avec peu d’adhérence, passe  à la couleur noire. Comprenez par là, que la gomme en se déposant allait permettre de rendre les trajectoires plus rapides et plus sûres.

En fait, certaines écuries ne s’élançaient pas dès le drapeau vert attendant que les conditions d’adhérence soient meilleures. Par exemple, chez SMP Racing on ne lançait en piste que la N°17 aux mains de l’expérimenté Sarrazin, afin sans aucun doute, de sécuriser les choix et réglages  pour que tous les autres pilotes puissent sereinement entrer en piste.

Même si le speaker tentait d’animer son discours en se référant sans cesse aux chronos, cela n’avait pas beaucoup de sens car les positions évoluaient en permanence, au gré des changements de pilotes ou des variantes de réglages testées comparativement entre elles.

Toutefois il faut bien établir une base de référence et à l’issue du roulage du matin, les meilleurs temps de chaque catégorie s’établissaient ainsi:

  • LMP1. Toyota TS050 Hybrid #8 Toyota Gazoo Racing, 3’21 »875
  • LMP2. Ligier JS P217 #22 United Autosports, 3’32 »242
  • LM GTE Pro. Corvette C7.R #63 Corvette Racing, 3’55 »704
  • LM GTE Am. Ferrari 488 #54 Spirit Of Race, 3’58 »47

La journée test, jeu de dupes

En parcourant les listes des pilotes se succédant au volant nous pouvons dénombrer pas moins de  11 anciens vainqueurs des 24 Heures du Mans engagés dans cette édition 2019. Triples vainqueurs ensemble, avec Audi André Lotterer (Rebellion R13 #1 Rebellion Racing) et Marcel Fässler (Corvette C7.R #64 Corvette Racing-GM) en font partie. Les 9 autres sont Romain Dumas et Earl Bamber (2 victoires chacun), ainsi que Mike Rockenfeller, Loïc Duval, Nick Tandy, Neel Jani, Fernando Alonso, Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima (1 victoire).

Tristan Gommendy n’a pas gagné les 24 heures mais alors qu’il s’apprête à participer pour la dixième fois à l’épreuve, on le rencontre au sein du Graff Racing. Fort de sa très grande expérience il apporte à cette équipe, qui se relance depuis quelques années en endurance, toute son expérience et sa grande humilité, pour aborder au mieux une course exigeante et sévère. Sur l’ORECA N°39, qu’il partage avec Vincent Capillaire et Jonathan Hirsch, Tristan échange en permanence avec l’ingénieur, afin de suivre un programme minutieux, destiné à garantir fiabilité et facilité de conduite.

Au sein de l’écurie Signatech-Alpine-Matmut que nous présenterons dans le détail avant la course,  la matinée ne fut pas aussi paisible que souhaitée. Un souci de boîte de vitesses résolu nécessita une intervention sérieuse,  avant de se lancer dans un programme d’endurance pneumatiques, afin de valider la nature exacte de la gomme qui pourrait être retenue pour la course, en cas de forte chaleur. Chez SMP Racing les deux autos #11 et #17  ont passé un long moment au stand avec des soucis apparemment sérieux inhérents aux faisceaux, aux freins, avant de repartir.

Sans aucune mauvaise pensée on pouvait s’interroger pour savoir si les Toyota  donnaient leur maximum sur toutes les portions du circuit. Un photographe  suggérait même qu’il n’était sans doute pas question  de descendre en dessous d’un 3’19 » pour éviter de voir les autos plombées par quelques kilos supplémentaires, au titre de l’EoT.

Place aux qualifications

Nous n’aurons de cesse de l’écrire, il conviendra de décortiquer les résultats des essais qualificatifs pour se faire une idée exacte des forces en présence. Il faut préciser que malgré quelques belles escapades hors piste ( avec une prime à la Ligier #49 du team ARC Bratislava) , aucun accident ne fut à déplorer. Cependant, quelques voitures de sécurité ont eu à réguler le trafic, durant des réparations et sécurisations rapides.

Au cours de cette journée on a enregistré selon les catégories les vitesses maxi suivantes:

Voici les meilleures vitesses de pointe catégorie par catégorie :

  • LMP1 : BR Engineering BR1-AER #11 de SMP Racing – 350,1 km/h
  • LMP2 : Ligier JS P217-Gibson #22 de United Autosport – 333,19 km/h
  • LM GTE Pro : Ford GT #68 de Ford Chip Ganassi Team USA – 297,2 km/h
  • LM GTE Am : Ferrari 488 GTE #60 de Kessel Racing – 292,4 km/h

A l’issue de la Journée Test, voici le top 3 par catégorie.

LMP1 :

  1. Toyota TS050 #8 en 3’19″440 (1er du classement général)
  2. Toyota TS050 #7 en 3’20″249 (2e du classement général)
  3. Rebellion R13-Gibson #1 en 3’21″323 (3e du classement général)

LMP2 :

  1. Oreca 07-Gibson #38 en 3’28″504 (9e du classement général)
  2. Oreca 07-Gibson #31 en 3’38″769 (10e du classement général)
  3. Alpine A470-Gibson #36 en 3’28″997 (11e du classement général)

LM GTE Pro :

  1. Chevrolet Corvette C7.R #63 en 3’54″001 (29e du classement général)
  2. Ford GT #67 en 3’54″032 (30e du classement général)
  3. Ferrari 488 GTE #51 en 3’54″036 (31e du classement général)

LM GTE Am :

  1. Ferrari 488 GTE #62 en 3’56″862 (46e du classement général)
  2. Ferrari 488 #61 en 3’56″923 (47e du classement général)
  3. Ferrari 488 GTE #54 en 3’56″935 (48e du classement général)

Nous laisserons le mot de la fin de cette journée test à Philippe Sinault le boss Alpine:

 » Cette journée fut très complète avec un petit problème en prime. L’auto est à un bon niveau de performance avec un équilibre satisfaisant et surtout qui convient au trois pilotes, ce qui est le plus important. »

test-day-24-heures-du-mans-2019-classification

Alain Monnot

Crédit photographique: Thierry Coulibaly et Alain Monnot, 1-T. Emme/Leblogauto.com

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2 Commentaires sur "24 heures du Mans : La journée test remplit sa fonction"

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zemik
Invité

Go, Go, Go, Ligier

Thomas
Invité

ViveMANS le grand Week-end 😀

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