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Essai : Mazda 3 Skyactiv-G 2.0 122ch

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Dévoilée en novembre dernier au salon de Los Angeles, la nouvelle génération de Mazda 3 s’apprête à fouler le sol européen. Nous avons pu jauger des qualités de cette nouvelle version de la compacte d’Hiroshima au Portugal, dans la région de Lisbonne. Mettons fin au suspens tout de suite, la Mazda 3 crû 2019 se montre plus que convaincante.

Le segment C est actuellement en pleine effervescence. En effet, après Ford qui a renouvelé sa Focus l’an dernier, le carnet de commandes pour la nouvelle Toyota Corolla s’est ouvert début 2019. Et ce n’est que le début pour cette année, puisque la prochaine génération de la Volkswagen Golf pointera son nez à l’automne, tout comme sa cousine ibérique Seat Leon. Du côté des marques allemandes premium, ça bouge aussi avec l’arrivée prochaine ou récente des nouvelles Mercedes Classe A, BMW Série 1 et Audi A3. Enfin, les actuelles Peugeot 308 et Alfa Romeo Giulietta seront elles aussi remplacées l’an prochain.

C’est dans ce contexte agité que Mazda commercialise sa « 3 » fraîchement renouvelée. Celle-ci aura bien sûr pour tâche de venir concurrencer les stars de la catégorie que sont les Volkswagen Golf, Peugeot 308 et Renault Mégane. Mais elle vise également les modèles plus orientés Premium. Pour cela, la nouvelle Mazda 3 a affûté ses armes, comme nous avons pu le constater par nous-mêmes.

Extérieur : ici, on travaille le mouvement!

Mazda a fait sienne la philosophie Kodo. C’est à dire « l’âme du mouvement ». Cette philosophie met l’accent sur le dynamisme et la pureté des lignes, une philosophie déjà éprouvée en série sur la Mazda 6 et sur la dernière génération de MX5. Ainsi, la silhouette est élancée avec un capot long, une calandre très ajourée et un arrière ramassé, empruntant beaucoup au concept RX-Vision présenté au Salon de Tokyo en 2015. Comparée à sa devancière, cette nouvelle version possède des feux avant plus acérés, tandis que le reste de la carrosserie met pour sa part l’accent sur la fluidité.

La personnalité de cette nouvelle Mazda 3 lui vient principalement de sa face avant, aux antipodes de ce que l’on a l’habitude de voir sur le segment. Avec sa calandre béante et ses feux en biseau, cette nouvelle itération est presque intimidante quand on l’aperçoit dans ses rétroviseurs… Mais pour le reste de ses traits, ce nouveau modèle fait dans la fluidité et le dynamisme. Les designers de la marque ont sculpté les panneaux de carrosserie de façon à jouer au mieux avec les effets de lumière. Et le résultat est probant, même avec la nouvelle teinte exclusive « Polymetal Gray », certes moins tape à l’oeil que le joli rouge « Soul Red Crystal ». Un petit regret cependant avec les poignées de portes arrières qui auraient pu être intégrées juste derrière les custodes arrières à l’instar de l’Alfa Romeo Giulietta, solution un temps envisagée mais non retenue… Quoiqu’il en soit, cette nouvelle Mazda 3 a une personnalité affirmée. Une personnalité qui semble séduire, au vu du nombre de personnes nous ayant questionné sur l’auto, ou en ayant pris quelques clichés lors d’un bref arrêt à Lisbonne…

Sobriété et bon goût à l’intérieur

Le côté harmonieux de l’ensemble se retrouve aussi dans l’habitacle. La présentation est sobre et agréable, avec un tableau de bord épuré (NDLA : je pense que ce sera le maître-mot de cet essai…) traversé d’un liseré couleur aluminium se prolongeant sur les contre-portes. Le conducteur trouve rapidement une position de conduite idéale derrière un volant à trois branches au design sportif. Le système d’info-divertissement Mazda Connect, à écran TFT de 8,8 pouces est manipulable via la molette et les boutons situés juste derrière le levier de vitesses. L’écran est légèrement enfoncé dans un logement dédié au milieu du tableau de bord, mais cette implantation ne gêne en rien la lisibilité de l’ensemble. Quant à l’instrumentation derrière le volant, celle-ci se fait grâce à un écran numérique de 7′ qui peut afficher différentes informations. Petit plus bien appréciable, les glaces des rétroviseurs extérieurs s’inclinent légèrement vers le sol au passage de la marche arrière, facilitant ainsi les manoeuvres.

Les sièges avant procurent un excellent maintien, qu’ils soient en tissu (sur la version d’entrée de gamme) ou en cuir. Mais plus encore que toutes ces considérations ergonomiques, c’est la qualité de finition qui impressionne le plus dans cette nouvelle Mazda 3. Celle-ci est en effet digne de ses concurrentes les plus huppées, avec des matériaux aussi agréables à l’oeil qu’au toucher et des ajustements qui ne souffrent pas la critique. A signaler tout de même une petite mesquinerie : sur notre version d’essai, seul le siège conducteur est réglable électriquement. Autre point à noter, le manque de luminosité dans l’habitacle pour les passagers arrières du fait de la forme des vitres arrières. La Mazda 3 n’est pas la seule critiquable du segment sur ce point, il est vrai… Enfin, à l’intérieur du hayon se trouve un bouton pour verrouiller les portières lorsque le coffre est ouvert : gare à ne pas oublier la clé à l’intérieur de la voiture, car ce même bouton ne permet pas ensuite de déverrouiller les portes!

122 chevaux volontaires, mais parfois un goût de trop peu!

Question motorisation, deux blocs quatre cylindres sont pour l’heure disponible : le 1.8 Diesel Skyactiv D de 116 chevaux et le 2.0 Essence Skyactiv G de 122 chevaux. C’est ce dernier moteur que nous avons retenu pour notre essai. Doté d’une micro-hybridation 24v qui récupère de l’énergie à la décélération du véhicule, celui-ci nécessite d’être dans les tours pour délivrer son plein potentiel. En effet, le couple maxi de 213 Nm est disponible à 4 000 trs/min tandis que la puissance maximale est atteinte à 6000 trs/min. Ceci impose donc de jouer avec la boîte de vitesses, très bien étagée et extrêmement agréable à manier pour la version manuelle à 6 rapports. A noter que nous avons également pu essayer la même motorisation accouplée à la transmission automatique, elle aussi à 6 rapports. Mais cette dernière s’est révélée au final décevante car peu réactive, même avec le mode Sport activé.

Au final, ce moteur essence colle bien avec l’approche retenue par Mazda pour la conception de cette nouvelle « 3 », orientée vers le conducteur. On le verrait d’ailleurs bien avec un peu plus de chevaux! Ce sera le cas en fin d’année quand le constructeur présentera une version dotée d’un nouveau bloc essence fort de 181 chevaux et 222 Nm de couple dénommé Skyactiv X. De celui-ci, on sait simplement qu’il adoptera un système d’allumage par compression permettant d’allier la sobriété du diesel à l’agrément de conduite de l’essence. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler le moment venu. Enfin, Mazda annonce une consommation de 5,1 litres aux 100 kms en usage mixte. Un chiffre que nous avons bien entendu dépassé bien entendu lors de notre essai, et qui se rapprochait des 6,5 litres à l’ordinateur de bord en n’étant pas toujours tendre avec la mécanique.

Volant en main : pas forcément passionnante, mais assurément efficace

Tout ceci est très bien, mais que vaut cette nouvelle Mazda 3 sur la route ? Le constructeur japonais avait inauguré sur la cuvée 2017 le système G-Vectoring Control, agissant sur le couple du moteur pour stabiliser le véhicule dans certaines conditions. Ce dispositif est ici perfectionné, agissant désormais également sur les freins pour assurer une adhérence et un contrôle optimaux. Dans la pratique, cela se traduit par un comportement routier très sûr, mais quelque part en décalage avec le dynamisme mis en avant par Mazda pour sa nouvelle compacte.

En pratique, la nouvelle Mazda 3 est collée à la route et dotée d’un comportement sûr en toutes circonstances. Posez les yeux à la sortie d’une courbe, tournez le volant et l’auto suit votre intention de départ… Pas forcément exaltant mais assurément d’une grande efficacité. Une efficacité renforcée par une direction aussi directe que précise, qui fait parfois regretter que le moteur ne dispose pas d’une bonne rasade de chevaux supplémentaires histoire de profiter pleinement de l’efficacité d’un châssis aux tarages efficaces. Il sera temps de se repencher sur le sujet lors de la sortie de la version Skyactiv-X évoquée plus haut…

Porte-monnaie en main, ça donne quoi ?

Avec un tarif de base de 24 100 euros, la Mazda 3 se situe dans la fourchette haute du marché. En effet, la Peugeot 308 s’affiche par exemple à partir de 21 050 euros, tandis que la grille tarifaire de la Volkswagen Golf débute à 20 650 euros. Seulement voilà : comme la majorité des productions japonaises, la Mazda 3 embarque dans sa version d’entrée de gamme beaucoup d’équipements réservés aux finitions supérieures chez les concurrentes européennes. Ainsi, dès le premier niveau de finition, la Mazda 3 est équipée notamment de l’ATH (Affichage Tête Haute), d’une installation audio à 8 hauts-parleurs ou encore de l’aide au freinage avec reconnaissance des piétons en ville. Moyennant 2 300 euros supplémentaires, la finition Style offre entre autres la caméra 360°, le radar de recul ou encore la climatisation automatique. Et les jantes, de 16 pouces sur l’entrée de gamme, passent à 18 pouces. Enfin, en haut de tableau, on trouve les finitions Sportline et Inspiration. Si toutes deux intègrent un système audio Bose à 12 hauts-parleurs, la Sportline (1900 euros de plus que la Style) adopte une ambiance sportive avec des cerclages chromés du volant et du bouton Start, des palettes de changement de rapport en version boîte automatique et des feux à LED adaptatifs. L’Inspiration (2 200 euros de plus) quant à elle se veut plus cossue avec un intérieur cuir à surpiqûres et le siège conducteur à réglage électrique.

Au final, cette nouvelle Mazda 3 se révèle très attractive avec son comportement routier sûr, sa carrosserie et son intérieur soignés et son excellent rapport prix/équipements. Elle séduira ceux qui veulent sortir du lot en optant pour une compacte au look original, dotée d’une finition qui n’a rien à envier à ses concurrentes, même premium. Un mot pour finir sur le malus écologique, qui reste contenu : 35 euros pour la version d’entrée de gamme en boîte manuelle avec ses jantes 16 pouces (117 grammes de Co2/km) contre 45 euros pour les autres niveaux de finition (119 g/km) ou 90 euros si vous optez pour la boîte automatique (128 g/km).

+ ON AIME
  • Design intérieur et extérieur très réussi
  • Qualité de finition
  • Rapport prix/équipements canon
ON AIME MOINS
  • Comportement routier efficace mais manquant de dynamique
  • Amortissement très ferme
  • Boîte automatique peu réactive

 

Mazda 3
Prix (à partir de) 24 100 €
Prix du modèle essayé 28 600 € (30 600 € avec boîte automatique)
Moteur
Type et implantation 4 cylindres en ligne
Cylindrée (cm3) 1998
Puissance (kW/ch) 90 / 122
Couple (Nm) 213
Transmission
Roues motrices Avant
Boîte de vitesses Manuelle ou Automatique à 6 rapports
Châssis
Suspension avant McPherson
Suspension arrière Essieu multibras
Freins Disques AV/AR
Jantes et pneus 215/45 R18 89W
Performances
Vitesse maximale (km/h) 197
0 à 100 km/h (s) 10,4 (10,8 avec boîte automatique)
Consommation (jantes 18 pouces)
Cycle urbain (l/100 km) 6,5 (boîte mécanique) / 7,1 (boîte automatique)
Cycle extra-urbain (l/100 km) 4,4 / 4,7
Cycle mixte (l/100 km) 5,1 / 5,2
CO2 (g/km) 119 / 128
Dimensions
Longueur (mm) 4460
Largeur (mm) 1795
Hauteur (mm) 1435
Empattement (mm) 2725
Volume de coffre (l) 330
Réservoir (l) 51
Masse à vide (kg) 1 274 (1 299 avec boîte automatique)

Illustrations : Le Blog Auto

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52 Commentaires sur "Essai : Mazda 3 Skyactiv-G 2.0 122ch"

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amiral_sub
Invité

c’est étrange qu’avec le cycle wltp la consommation annoncée soit encore inatteignable en conduite normale

pcur
Invité

Si ils font 6.5L sur un essai les 5.1 ne sont clairement pas inatteignables !

mika
Invité

5.1l pour le skyactiv-X ce qui n’est pas le cas pour cet essai apparemment.

Yop
Invité

Les Mazda sont connues pour être les seules voitures (ou presque) avec lesquelles on pouvait consommer autant voire moins que ce que le cycle NEDC annonçait. Plusieurs tests/etudes avait mis cela en évidence dans le passé.
Alors avec le cycle WLTP, ça sera encore plus le cas.

Olcls
Invité
La mesure de la consommation d’un véhicule est un art difficile tant les paramètres qui influent sur cette donnée sont nombreux. La valeur donnée par LBA ne signifie pas grand chose. L’auteur ne pas avoir été « tendre avec la mécanique », ce qui est tout à fait normal lors d’un essai. Mais cela ne reflète probablement pas une conduite boulot-dodo? Est-ce que les valeurs données par LBA sont toujours réalisées sur le même parcours (et avec la même agressivité) d’un essai à l’autre pour pouvoir être comparées ? Surtout, la consommation d’un véhicule n’est pas du tout linéaire: la consommation peut… Lire la suite >>
panama
Invité

Elle est très bien cette petite Mazda – à l’exception du dessin aberrant de la porte arrière. Certains arrivent à conjuguer design et qualité de vie à l’intérieur.
Ça reste une Mazda, donc une voiture d’ingénieur. Soit vous la prenez en LOA soit vous la gardez très très longtemps, avec les coûts d’usage de la marque.
Le prix est celui de la qualité

Invité

le concept de « voiture d’ingénieur. » m’intrigue beaucoup : à croire que tous les autres constructeurs n’embauchent pas d’ingénieurs pour concevoir leurs autos !?!

JohnD
Invité

@shooby
Conduisez un jour une Mazda et vous comprendrez.
La majorité des autres marque ne fabrique en partie que des « déplacoire ». Pour avoir des voitures avec le même philosophie de plaisir de conduite et d’agrément, il faut saigner son portefeuille dans les autres marques.

SAM
Invité

Subaru?

Invité

je veux pas faire celui qui chipote, mais bon, à quoi sert le « plaisir de conduite » dans un pays qui applique les 80 km/h ?

JohnD
Invité

@Shooby
Il ne faut pas forcement rouler hors la loi pour prendre de plaisir au volant. C’est peut-être le cas sur une majorité des autres marques qui sont aseptisés à outrance mais pas chez Mazda.

manofthebord
Invité
Pour avoir essayé beaucoup de voitures avant de me décider pour la Mazda 3, ce moteur 2L est très agréable et correspond parfaitement à ma conduite de « père de famille ». C’est rond, doux, coupleux, sans à coup et ça peut prendre des tours. J’adore. J’avais une Golf 7 1,4 125ch beaucoup plus nerveuse dont j’étais très content mais la M3 c’est vraiment autre chose, c’est une autre conduite dans un silence de roulement exceptionnel. Pas la plus pragmatique des compactes (coffre, places arrières) c’est sûr mais enfin une voiture qui déclenche le vrai coup de cœur, cela devient rare !… Lire la suite >>
Un ingé motoriste
Invité

« Voiture d’ingénieur » dans le sens où dans la conception du véhicule, les ingénieurs ont eu plus de poids que les responsables produit, marketing ou financiers, etc 🙂 !

Invité

c’est vrai que la série des Mazda CX-n montrent que le marketing n’a aucun poids chez Mazda 😉

SGL
Invité

« Design intérieur et extérieur très réussi », c’est subjectif.
Le custode arrière « non vitré » est immense et extrêmement disgracieux à mon goût.

Thomas Roux
Invité

Je plaide coupable, effectivement il y a une part de subjectivité là-dedans 😉

le lorrain
Invité

C’est clair que pour ma part, autant normalement j’aime bien le design de Mazda, autant là je la trouve moche avec cet air de Seat Leon à l’arrière, ce qui n’est pas peu dire…

SGL
Invité

Aaah !?
Il y a quand même 5 personnes qui trouvent le 3/4 arrière « léger » 😀
Enfin, tous les goûts sont dans la nature, mais là pour la visibilité pour les marches arrière, cela ne va pas être pratique.
Les caméras de recul sont en série ?

Thomas Roux
Invité

Non, en revanche en entrée de gamme il y a le système de détection d’obstacles en marche arrière et le système de surveillance des angles morts 😉 D’accord ce n’est pas la même chose mais c’est déjà ça… Le profil adopté pour la poupe m’a plus gêné lorsque je me suis installé à l’arrière (manque de luminosité, impression de confinement), maintenant les versions que j’ai pu essayer étaient d’un niveau de finition supérieur à la version d’entrée de gamme et équipés des fameuses camera de recul…😉

SAM
Invité

@SGL. Elle est sublime!

SGL
Invité

@SAM
Cela reste une très bonne voiture (comme la plupart des Mazda) esthétique mise à part.
Les versions haut de gamme n’ont certainement pas à rougir des BAM, et pourtant sont encore considérées comme généraliste.

Jacky2000
Invité

@SGL Alors là une fois n’est pas coutume mais je suis pour une fois d’accord avec SGL. Depuis la révélation de cette Mazda 3, je la trouve vraiment laide.

Irma kubota
Invité

Quel bol d air !! Ça nous change des sempiternels skwaudiat .. heureusement que des marques comme celle ci existe encore et ne nous enfume pas tous les jours avec de l électrique à toute les sauces..suivez mon regard ..

labradaauto
Invité

C’est surtout le nouveau moteur promis pour la fin d’année qu’on attend de jauger. On attend le meilleur de lui.

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