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Après diesel : Le Maire veut réunir l’industrie automobile

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S’il flotte comme un air de vacances ces temps-ci, pas de trêve pour les constructeurs automobiles.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a annoncé vendredi que le gouvernement allait réunir début avril les dirigeants de l’industrie automobile. Avec pour enjeu de taille, l’inévitable et inéluctable adaptation au déclin programmé des moteurs diesel.

S’exprimant depuis Mulhouse, haut lieu industriel de PSA, le ministre a tenu à préciser que la réunion aura pour objectif de réfléchir au mode d’accompagnement de l’industrie automobile et de ses sous-traitants en vue de faire face à la situation. Une allusion à peine voilée aux difficultés qui secouent le secteur à l’heure actuelle. Difficultés que le site Bosch de Rodez affiche au grand jour. L’équipementier n’ayant visiblement pas su anticiper et s’adapter à la nouvelle tendance.

Au delà des sous-traitants, les grands groupes industriels font également l’objet de toutes les attentions. Ainsi, Bruno Le Maire a mis l’accent sur la nécessité « [d’]accompagner une grande entreprise comme PSA dans cette transformation de la motorisation vers l’essence, l’hybride, l’électrique, au détriment de ce qui a fait sa force ».

Bosch Rodez : ou quand les sous-traitants sont directement impactés

A la mi-janvier, s’exprimant devant les salariés de l’usine Bosch d’Onet-le-Château, près de Rodez le ministre de l’économie avait dit comprendre leurs inquiétudes face à la restructuration en cours de la filière. Cette dernière emploie directement 12 000 personnes en France. En outre, Bruno Le Maire avait estimé qu’il fallait « accompagner le mieux possible » l’ensemble de la filière. A cette occasion, il avait déclaré être « déjà en discussion avec Renault et Peugeot » sur ce sujet.

Ajoutant, avec un brin d’emphase et d’optimisme … mais également une certaine fermeté : « ils sont extraordinairement positifs et constructifs, ils ont parfaitement conscience qu’il faut accompagner cette filière et qu’ils sont aussi responsables de leurs sous-traitants ».

Le diesel sous la barre des 50 %

Petit rappel et non des moindres : la tendance lourde du recul du diesel en part de marché. Le bilan des ventes de véhicules en 2017 est sans appel : les voitures diesel représentaient 72 % des ventes en 2012 mais seulement 47 % l’an dernier. Pour la première fois depuis 2000, le diesel passe sous la barre des 50 % de parts de marché.

Reversement de tendance lié à la politique du gouvernement

Juste retour des choses ? Alors que la politique gouvernementale a très fortement influencé l’équilibre des ventes essence/diesel, il pourrait sembler logique que la fin programmée du diesel, largement dépendante des objectifs de l’Etat – et de l’Union européenne – en la matière, soit accompagnée par les pouvoirs publics. Reste à donner une réponse valable à la question qui ne va pas manquer de se poser : qui va payer ?

Rappelons, ainsi, tout en restant factuel, qu’en 2008, le Grenelle de l’environnement avait fait une priorité de la lutte contre les émissions de CO2. Conduisant les automobilistes à rouler en diesel, moindres émetteurs que les moteurs à essence. Les aides financières de l’État les confortant dans leur démarche. Il s’en était suivi une vague d’achats de véhicules diesel. Les ventes n’ont alors cessé de croître : ainsi, au début des années 1990, cette motorisation ne concernait qu’environ 30 % des nouvelles immatriculations.

Mais le mouvement s’est inversé depuis quelques années. Les pouvoirs publics ont voulu mettre l’accent sur les émissions d’oxydes d’azote (NOx). Et ce, alors même que nombre de constructeurs ont énormément investi dans la technologie diesel.

En visite à l’usine Bosch de Rodez, durant l’été 2016, Emmanuel Macron alors ministre de l’économie et de l’Industrie avait dit ne pas vouloir « faire la chasse au diesel » , relevant que son avenir passait par l’innovation ».

Certain sauront lui rappeler sa position d’alors, si nécessaire.

Crédit Illustration : Bosch

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22 Commentaires sur "Après diesel : Le Maire veut réunir l’industrie automobile"

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labradaauto
Invité
…il ne faut décliner aucune réunion avec les gens de ce gouvernement qui attriste au plus haut niveau . Il faut dire à Mr leMaire que les autos d’à présent, celles de demain sont déjà bien mieux qu’avant et demain encore en anticipation sur ce à quoi aspire le consommateur jeune d’après demain. Mais il faut SURTOUT lui dire que l’auto qui donne à manger à un nombre inquantifiable de familles dans ce pays est en régression par rapport à ce qu’elle représentait il y a moins de 20 ans ! l’auto : on a plus le droit de s’en… Lire la suite >>
amiral_sub
Invité

si tu veux rouler gratos, te garer gratos, ne faire quasiment aucune révision, il existe les VE.

ART
Invité

Ben voyons l’amiral, et quand il y aura de plus en plus de VE, ça sera bim la carotte, où le gouvernement retournera sa veste sur la gratuité…

Marrant de voir que l’Etat avec les taxes sur les véhicules de société à de manière outrancière favoriser le diesel, venir désormais faire la pleureuse et se réveiller !!! Quel beau foutage de gueule !!!

Pas sur
Invité

Loin d’être gratos le VE.
Et s’ils se développeent véritablement, ils le deviendront encore moins.
Taxe, taxe, taxe…

amiral_sub
Invité

je donne juste des idées à labradeauto qui se plaint de payer des tas de trucs pour rouler en voiture

labradaauto
Invité
…soyez rassuré amiral_sub labradaauto jongle depuis le début. il slalome ! il roule en vieilles voitures et voitures anciennes dont il a la maîtrise totale entretien, développement tuning mécanique, restauration entière , c’est sa passion depuis qu’il est gosse ! et ne craint pas encore les prochains contrôles techniques. Il compare le présent avec le recul. Il a brûlé  » bcp de cartouches », gamins avec les bagnoles. IL PAIE BCP MOINS EN 2018 qu’il y a 40 ans ! parce qu’il roule essentiellement à l’étranger. En France: c’est moins de 1000 km par mois . Il roulotte à 50, 70,… Lire la suite >>
Anonyme
Invité

pourquoi incriminer CE gouvernement pour un vice propre à TOUT gouvernement (et pas que français) ?

georges
Invité

Enfin ce qui fait que beaucoup achètent un diésel c’est le prix du plein même si la voiture coute plus cher à l’achat, à l’entretien et que le moteur n’est pas plus fiable qu’un essence sinon moins, sans parler du confort des fois inférieur !
Bref pour beaucoup ses surcouts ne seront jamais remboursés par les économies des pleins.
Certes, l’indexation absurde du bonus malus sur le CO² n’a pas arrangé les choses.

pcur
Invité
J’ai honnêtement bien plus de problème sur ce qui est périphérique au moteur (électronique notamment) qu’avec les moteurs diesel ou essence (j’ai les 2). Pour ce qui est du coût les forfaits des constructeurs sont en général exactement les mêmes à puissance et modèle égal. Par contre effectivement notamment en ville ou à froid un diesel est toujours nettement plus rugueux que son équivalent essence. Mais comme souvent les avis sur ce sujet sont rarement très objectifs car non tous les diesels n’ont pas leur FAP encrassé, leur vanne EGR défectueuse…et avec leur baisse récente sur le marché de l’occasion… Lire la suite >>
georges
Invité

Je ne parle pas que de l’offre actuel mais au moins sur les 25 dernières années.

lym
Invité
Je serais tenté de répondre par un bon vieux « L’Allemagne paiera »… Ou le devrait en tout cas. Après tout, le scandale vient d’eux et a été au delà de l’utilisation immodérée de la réglementation et des protocoles de test: On aurait pu aller au retrait d’homologation, empêchant donc l’usage et tombant sous le coup de la garantie légale contre les vices cachés, sans limitation de durée. Cela aurait permis d’ouvrir des négociations très favorables avec un pays arrogant ayant fait de la concurrence déloyale une industrie. Maintenant, les politiques sont aussi responsables d’une fiscalité avantageuse bien plus ancienne que l’impact… Lire la suite >>
amiral_sub
Invité

si j’ai bien lu , les renault, PSA et FCA sont aussi concernés

georges
Invité

Non Renault et encore plus PSA n’a rein a voir avec la triche de VW !
Pour FCA je ne sais pas.

SGL
Invité

Faudrait-il interdire les nouveaux diesels alors qu’ils sont maintenant 10 x plus propres que les anciens qui sont actuellement majoritairement présents dans le parc automobile !?
cela risquerait d’encourager les gens à conserver leurs vieux diesels qui polluent énormément pendant une décennie de plus au minimum..

versdemain
Invité
SGL
Invité

Tout cela à cause d’une fiscalité trop favorable au diesel depuis 40 ans.
On en paye le résultat d’un déséquilibre trop marqué et le retour à la normale s’effectuera avec douleur.
Vivement un équilibre de 33,3% d’essence + éthanol et d’hybride + 33,3% de diesel pour les gros rouleurs +33,3% de VE pour les 5 prochaines années.

amiral_sub
Invité

1/3 de gros rouleurs? je doute que ce soit autant

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