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La méthanisation comme alternative au pétrole ?

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La toute première usine de méthanisation pour produire du carburant « vert » BioGNV en France va être construite à Locminé en Bretagne par Armorgreen. Inaugurée à la fin de l’année 2014, cette usine produira annuellement à terme l’équivalent de 300 000 litres de diesel. Vraie solution ou gadget écolo ?

La méthanisation c’est quoi ?

C’est un procédé de digestion des matières organiques par des organismes anaérobies (sans oxygène). Cette dégradation produit du « digestat » (qui peut ensuite être transformé en compost) et du bio-gaz avec une proportion variable de 50 à 70% de méthane et 20 à 50% de CO2 plus quelques autres gaz. Le GNV est composé à 97% de méthane. En enlevant le CO2 du gaz de méthanisation on obtient donc de quoi rouler avec un véhicule adapté.

Une station service pour les bus, les camions ou les voitures

La ville de Locminé (56) anticipe l’obligation légale de transition énergétique (en 2020 les collectivités devront rouler à 25% de carburants non fossiles) et pourrait être la première d’une longue série d’unités globales de méthanisation. Les déchets organiques de 20 km à la ronde issus de l’agroalimentaire, les fermes, les déchets verts, les boues industrielles, etc.) seront collectés et valorisés.

La chaleur dégagée lors de la digestion des matières organiques est également utilisée pour chauffer le centre aquatique, le lycée, le collège, la salle de sport ou encore la nouvelle salle culturelle. L’usine de Locminé développe plusieurs valorisations de déchets ainsi que du photovoltaïque.

Une production en cycle court

Actuellement la méthanisation est quasi exclusivement utilisée pour produire de l’électricité « verte ». L’intérêt de ce procédé est que des déchets organiques il y en a en quantité, partout en France et à proximité de n’importe quel site choisi. Cela permet de produire localement (avec des emplois à la clé) soit de l’électricité non nucléaire et/ou comme ici du carburant. Ce carburant non fossile n’est pas non plus issu de produits alimentaires et ne déséquilibre pas la balance commerciale de la France.

Largement à la traîne par rapport à ses voisins européens ou d’autres pays du monde, la France ne devrait-elle pas favoriser plus ces productions en cycle court, bénéfiques de multiples manières pour le pays ? Et vous, êtes-vous prêts à rouler au gaz issu de déchets organiques ?

Illustration : Armorgreen

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22 Commentaires sur "La méthanisation comme alternative au pétrole ?"

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Tcho' (Xav)
Invité
Attention, ces methaniseurs ont besoin de beaucoup de maïs directement issus des champs pour avoir une bonne décomposition chimique maîtrisée, les déchets organiques divers représentent moins de la moitié des apports si mes souvenirs sont bons. Ce système a donc besoin d’hectares de cultures directement dédiés, ce serait trop beau si ca fonctionnait uniquement sur les déchets organiques. Je pense que le GNV issu de ce procédé de méthanisation n’est pas la solution idéale pour les petits véhicules destiné a transporter une seule personne les 3/4 du temps, l’électrique restera bien plus logique dans ces cas. Par contre ce gaz… Lire la suite >>
KifKif
Invité

@Tcho & Thibaut : Les déchets, en pourrissant à l’air libre dégage du méthane qui a un effet de serre 30 fois pire que le CO2, donc le bruler (CH4+2.O2 -> C02 + 2.H2O) diminue l’impact « CO2 » d’un facteur 30 (oui, on produit du CO2 pour réduire l’effet de serre 🙂

KifKif
Invité

Oups… La mémoire…. Pas 30 fois, 25 fois (PRG de 25) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_à_effet_de_serre

Tcho' (Xav)
Invité
Ca me parait trop beau pour être vrai cette composition des déchets, mais je suis curieux de voir le résultat sur plusieurs mois d’exploitation. Sinon oui, ces centres de méthanisation sont les bienvenus, et de toute urgence, surtout quand on sait qu’un litre de méthane non capté dans ces usines et 5 fois plus nocif à l’effet de serre que le C02; éviter de laisser s’envoler du méthane dans l’atmosphère et rouler avec a donc même un effet positif sur la planète: le comble du comble, mais chut il faut pas le dire 🙂 Pour C. de marjerie, oui il… Lire la suite >>
cestmoi
Invité

Tient après les lyonnais qui ont osé dire qu’ils avaient le premier métro automatique sans conducteur au monde ce qui est vrai avec quelques années de retard après le métro lillois, là ce sont les bretons qui récidivent, dans la métropole lilloise des bus roulent déjà depuis un certain temps avec du bio gaz issu des déchets collectés.

beniot9888
Invité

Je ne comprends pas tout. En plus du méthane, ces usines produisent 20 à 30 % de CO2. Je croyais que le CO2, c’était le méchant ennemi « polluant » qui justifiait de taxer la méchante auto tueuse.

Mais là, le CO2, c’est du gentil CO2 ? Ou alors l’usine le récupère et le traite ?

Et est-ce que c’est rentable économiquement ?

Et sauf erreur de ma part, ce sont les véhicules essence qui peuvent être adaptés au GNV, non ? Donc ça fera peut être économiser 300 000 litres de quelque chose, mais certainement pas du diesel.

beniot9888
Invité

Je ne savais pas qu’on pouvait aussi adapter le diesel au GNV.

wizz
Membre
Un moteur diesel peur parfaitement fonctionner avec du méthane. C’est un moteur diesel équipée en plus d’un « carburateur » Le fonctionnement d’un moteur essence, tout le monde connait. On mélange l’essence avec l’air lors de la phase d’admission du cylindre. Puis au point mort haut, c’est l’étincelle qui déclenche la combustion. Il faut juste faire attention au taux de compression du moteur, et de la pression effective atteinte (si turbo), ainsi que de la température du bloc moteur, afin que le mélange air+essence ne s’enflamme pas spontanement Le moteur diesel, tout le monde connait aussi. On comprime l’air, qui s’échauffe fortement.… Lire la suite >>
nicolas
Invité
Ce serait une bonne chose que la méthanisation se développe, mais attention, le type de carburant n’est que pas le fond du problème. C’est l’usage de la voiture qu’il faut faire évoluer, que ce soit en incitant au co-voiturage, mais aussi en proposant un urbanisme +compact, avec moins de zones pavillonnaire responsable de l’étalement urbain (la valeur d’un stade de foot toute les 5 min) et de l’imperméabilisation de sols. capter le méthane avant qu’il ne parte dans l’atmosphère est excellent, mais le remettre dans les voitures pour qu’elle le « libèrent » sous forme de CO2…je sais pas, je pense qu’il… Lire la suite >>
Key06
Invité

Certes, du CO2 est libéré. A la fois dans l’usine (ou il est plus simple de le capter, éventuellement…) et au pot d’échappement. Mais ce CO2 provient a la base de déchets organiques, donc d’organismes vivants qui ont préalablement capte le CO2. Le bilan est donc nul en termes de CO2. C’est toute la différence avec les carburants fossiles, qui ne font que rejeter du C02 capte lui il y a des millions d’années.

Nicolas
Invité

j’entends bien,
mais comme on continue à exploiter des énergies fossiles, donc on accroit la quantité de CO2 dans l’air, donc toute initiative visant à le réduire est bonne à prendre.
pourquoi se contenter d’une usine « neutre en CO2 » quand elle peut avoir un taux « négatif ».

mais c’est sur que ça fait un équipement encore + cher….

Il faudra de toute façon continuer à baisser notre besoin/conso d’énergie. et l’urbanisme à un grand rôle à jouer. Les gens doivent également arrêter de vouloir un pavillon à tout prix. le pavillon est anti-écologique au possible!

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