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Des Autolib’ gratuites pour lutter contre la pollution

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Les véhicules électriques et en particulier les Autolib’ sont-ils la méthode miracle pour endiguer la pollution ? La Mairie de Paris a décidé de le croire. A la suite de l’alerte aux particules en Ile de France, elle a en effet annoncé, mercredi 12 mars, la gratuité des Vélib’ et des Autolib’ à compter du lendemain et ce tant que durera l’actuel épisode de pollution qui touche la capitale depuis une semaine. Enfin pas tout à fait : en ce qui concerne Autolib’, le service sera gratuit dans la limite d’une heure … et pour les abonnés au service en Ile de France (abonnés hebdomadaires, mensuels ou annuels).

 » Pour les Vélib’, la mesure ne concerne pas les abonnements mais seulement les tickets journaliers, à destination des personnes qui n’empruntent pas souvent les vélos en libre service », précise-t-on à la mairie. Laquelle a également annoncé « l’arrêt de l’utilisation de tous les véhicules municipaux qui ne soient pas strictement indispensables ». A été également mis en place depuis quelques jours le stationnement résidentiel gratuit après deux jours de dépassement du seuil d’alerte.

La région Ile-de-France s’est également dite prête à financer la gratuité des transports en commun si des « mesures de restriction exceptionnelles » de la circulation routière étaient prises. La préfecture demande pour sa part aux Franciliens de différer leurs déplacements automobiles et d’emprunter les réseaux de transport en commun. Selon les prévisions de l’Agence régionale de surveillance de la qualité de l’air (Airparif), le seuil d’alerte à la pollution aux particules, franchi depuis mardi 11 mars en Ile-de-France, devrait demeurer supérieur aux normes durant tout le week-end.

Reste que si Jean-Vincent Placé, sénateur et président du groupe Europe Ecologie-Les Verts affirmait récemment que 44 000 décès sont dus chaque année aux particules fines, ajoutant qu' »au moins une bonne moitié » peut être imputée au diesel, une théorie largement relayée, les choses sont plus compliquées que ça.

Quoiqu’on en dise, ce chiffre ne vient ni de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni du ministère de l’écologie mais de la Commission européenne. Les chercheurs ont ainsi étudié l’impact sanitaire des particules fines, les fameuses PM10 et PM2,5 qui pénètrent profondément dans le système respiratoire et provoquent de nombreuses pathologies. Selon leurs résultats, les Français perdraient 480 000 années d’années d’espérance de vie chaque année, soit l’équivalent de 42 090 décès prématurés par an dans la population de plus de 30 ans. Mais les experts le concèdent eux-mêmes : « on ne peut pas comptabiliser directement le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique car les affections respiratoires, cancers du poumon ou accidents vasculaires cérébraux peuvent être provoqués par de nombreux facteurs ».

Autre élément notable : l’étude épidémiologique sur laquelle se basent les chercheurs est celle du professeur Clive Arden Pope, publiée … en 2002, et menée auprès d’1,2 million d’Américains entre 1982 et 1998. Le scientifique avait alors conclu que chaque hausse de 10 microgrammes de PM2,5 par mètre cube d’air (µg/m3) entraînait une augmentation de 6% du risque de mortalité due à des maladies chroniques. Ce taux pourrait être remis en cause aujourd’hui, notamment parce que depuis 2000, les émissions de particules fines ont été réduites grâce à des normes plus strictes et que les concentrations de particules sont restées plutôt stables.

« Nous avons changé notre méthode de calcul en 2007, ce qui a entraîné une hausse des valeurs moyennes annuelles de l’ordre de 30% », explique Véronique Ghersi, ingénieur d’études pour AirParif. Selon elle, « il faudra encore attendre quelques années de mesures avant de pouvoir tirer de véritables conclusions sur l’évolution des concentrations en particules. » « Si les concentrations en particules fines – et non les émissions – baissent, le nombre de pathologies devrait aussi être aussi réduit », assure quant à elle Agnès Lefranc de l’InVs (Institut de veille sanitaire).

Sources : Le Monde, Mairie de Paris

Crédit Photo : Autolib’

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1 Commentaire sur "Des Autolib’ gratuites pour lutter contre la pollution"

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Bruno
Invité

Pour les autolibs c’est 1h par jours ou 1h sur la totalité de l’épisode pollution ?
Parce que ce week end j’ai payé..

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