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Vidéo : Le Paul Ricard HTTT en AC Cobra

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La physionomie du marché automobile des décennies à venir commence sérieusement à prendre forme. Au dernier Mondial de lAutomobile, les constructeurs rivalisaient dinventivité ( et parfois dhypocrisie ) pour coller aux tendances actuelles qui passent toujours par une volonté dafficher à tout prix leur fibre vertes. Mais les prochaines Toyota Prius, Honda Insigh et autres Chevrolet Volt auront beau permettre de reboucher le trou de la couche dozone et garder les gros glaçons de la banquise en bon état, elle nen demeureront pas moins sérieusement ennuyeuses pour les intégristes bornés comme moi ( et peut-être vous ). Oui, certains comme Tesla ou Venturi font un minimum defforts, mais rien ne remplacera jamais un bon vieux moteur thermique encore plus polluant que bruyant.  Dans le marasme économique actuel, rien ne vaut une bonne bouffée dans les échappements latéraux dune AC Cobra

Le meilleur des deux mondes

Cest bien connu : En matière de voitures de sport, gros moteurs américains et petits châssis à langlaise ont toujours fait bon ménage. LUltima vue la semaine dernière dans les colonnes du Blog Auto en est la preuve. Mais cette association intercontinentale trouve son origine dans ce qui restera certainement lune des plus belles voitures de toute lhistoire automobile. Et là, je pense sincèrement peser mes mots.

Après avoir passé une partie de sa vie les mains derrière le volant – lhomme remportait entre autres les 24 Heures du Mans 1959 sur une Aston Martin – Carroll Shelby était contraint de raccrocher le casque à cause de sérieux problèmes de santé. Alors désormais, après avoir collé au pare-choc des Ferrari il allait fabriquer les autos qui devaient terrasser le cheval cabré sur la piste.

Pour cette ambitieuse entreprise, Carroll Shelby reprenait les petits châssis anglais construits par AC ( alors au bord de la faillite ) et y plaçait entre les deux roues avant le V8 Ford issu de la grosse Fairlane.

Un châssis considérablement revu et modifié, des voies élargies, un gros moteur mais un poids plume : Le cocktail déjà détonant sur le papier devenait carrément génial grâce à une gueule imbattable. La Cobra était née et elle fera rêver tous les fans dautomobile jusquà la fin des temps.

Un serpent dans le Ricard

Ce monument – dont les plus célèbres versions sont à classer au panthéon des légendes automobiles à coté des Ferrari 250 GTO et autres Lamborghini Miura – honorait justement le circuit Paul Ricard de sa présence il y a quelques jours à peine. Bien évidemment, compte tenu de la rareté des authentiques Cobra et surtout de leur valeur, la probabilité de voir une vraie Cobra 100% authentique venir jusque dans le sud de la France risquer de froisser sa carrosserie sur circuit est infinitésimale. Facile de comprendre dès lors que La Cobra bleue clair de ces photos nest pas complètement « pure ».

Cette belle auto semble en tout point identique à une Cobra de 1965, mais son châssis est issu des ateliers du constructeur américain Factory Five. Son premier propriétaire ( lorsque lauto était toujours sur le sol américain ) sétait efforcé de reprendre un grand nombre de pièces dorigine et confiait la partie moteur à un préparateur qui partait dun bloc de Mustang 308 cubic inches ( cinq litres ) réalésé à 369 cubic inches ( six litres ), pour une puissance – difficile à jauger précisément – comprise entre 400 et 450 chevaux. Tout ça pour 980 kilos sur la balance : Attention au rodéo, sans compter la gestion du trafic sur un Circuit Paul Ricard très fréquenté en cette journée People Organisation, mais aussi une piste rendue grasse par une pluie tombée quelques heures auparavant.

Alors en raison dune trouillardise rare de circonstances défavorables, je me suis gentiment installé du coté droit pour laisser son heureux propriétaire en découdre derrière le volant.

Risque de morsure

Attention, un Cobra peut mordre même à larrêt : En ouvrant la toute petite portière ( juste un morceau de tôle agrémenté dun petit loquet pour la fermer ), gare à lénorme tubulure latérale déchappement qui transformera votre mollet en steak bien grillé en cas détourderie un peu trop prononcée. Et vu la taille de cette tubulure, cest presque le grand écart quil faut faire pour entrer dans lauto sans dommage.

Mais la peur laisse place à lexcitation une fois à lintérieur, confortablement installé dans le tout petit siège et presque collé à lénorme colonne de transmission. Seule petite verrue à lambiance « années 60 », lautoradio en plein milieu du tableau de bord qui rappelle que nous sommes bien en 2008 et que depuis lépoque des exploits de Carroll Shelby, nous avons inventé lESP, les airbags,  lABS, linjection électronique et tout le reste.

Le nouveau propriétaire de la Cobra venait de la recevoir quelques semaines auparavant et cette journée au Paul Ricard constituait la première vraie sortie circuit pour lauto. Après un long coup de clé plein de suspense, le moteur daignait enfin donner de sa voix. Mais lorsque le gros V8 parle, cest en faisant trembler tout le Paul Ricard dans un rayon de 10 mètres ! Au ralenti, lauto tremble façon « machine à laver », le plus impressionnant étant les sorties déchappement qui vibrent et bougent sur une amplitude dau moins un bon centimètre de haut en bas. Pas de doute, cest bien un moteur de muscle car qui trône sous le long capot et lénorme prise dair.

Le ciel, les oiseaux et

Lauto prend la direction de la pit-lane et là, je me dis que léchappement latéral est probablement la meilleure invention depuis la naissance de lhumanité. Lorsque  nous sortions de la voie des stands et que le pilote collait enfin son pied droit tout au fond du plancher, le son devenait carrément jouissif. Lorsque la Cobra accélère, les Porsche GT3 RS autour se mettent dun seul coup à ressembler à des voitures électriques.

Pour le premier tour de piste, nous gardions un rythme prudent largement justifié par le caractère de lauto. Puis progressivement, nous attaquions un peu plus. Mais « attaquer », dans la Cobra ça ressemble à de la haute voltige ! Non seulement à chaque accélération il faut se battre avec le volant ( pratique pour se faire une carrure de rugbyman en quelques séances ), mais les phases de freinage réclament beaucoup danticipation ( les freins nont jamais été changés et ne sont ni vraiment efficaces, ni vraiment endurants ).

Du coup, le pilotage en Cobra se résume en deux phases :

– Rester pied au plancher sitôt un virage terminé
– Commencer à freiner dès quon en aperçoit un autre!

Derrière le volant, cest du sport. Mais en passager, cest presque aussi bien : Grâce au petit pare-brise ( rien dautre autour si ce nest un arceau derrière la place du conducteur ), on se sent en totale liberté même casqué. Le bruit infernal du moteur et de léchappement latéral, le grand air du Paul Ricard, le ciel bleu et le cadre de rêve. Franchement, est-ce quil faudrait encore rajouter quelque chose à tout ça?

Je me suis même surpris à tourner la tête – parfois à la limite du torticolis – pour apprécier un paysage habituellement invisible car caché derrière un cockpit ou un habitacle exigu. Quel pied !

Plus les tours senchaînaient et plus la confiance grandissait. Désormais, chaque négociation de courbe était immanquablement doublée dune belle amorce de drift. Chaque sortie de virage entraînait de violents contre-braquages et lorsquune Porsche GT3 RS nous doublait, mon pilote décidait de lui coller au train. Grâce aux phases daccélération, le méchant reptile parvenait à suivre sa proie quand soudain

360

Quand soudain, le train arrière de lauto parvenait enfin à passer devant à la faveur dune ré accélération un poil ( un tout petit poil ) trop précipitée. Moi qui me plaisait à redécouvrir le décor de rêve du High Tech Test Track jétait comblé puisque jallais avoir droit à une vision panoramique intégrale !

Lauto partait par la droite et faisait un 360 complet pour finalement se poser au milieu de la piste juste après le turn N°2, moteur coupé. Le gros V8 nappréciait que très peu cette jolie figure libre ( voir fin de la vidéo ) et gardera le suspense entier de longues minutes avant de se refaire entendre. Heureusement, un peu plus tard dans laprès midi tout rentrait dans lordre et la Cobra a pu limer la piste à nouveau Avant de repartir le soir vers sa nouvelle terre dadoption : La Corse !

La vidéo est juste dessous

Merci à lheureux propriétaire ( qui est aussi un adepte de la Caterham ) et surtout bravo pour son courage : Le soir lorsquil fallait rentrer, il pleuvait dans toute la région. Et comme on est loin du confort dune 308 CC pour cette Cobra qui ne possède même pas de capote

Galerie : La Cobra sur le Paul Ricard

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