La saison d’endurance s’ouvre ce week-end à l’occasion de la 64e édition des 24 Heures de Daytona. La classique floridienne, manche d’ouverture du championnat nord-américain IMSA, voit aussi les débuts de voitures revues…
BMW enfin ?
L’Hélice joue gros cette année. Après trois saisons en IMSA et deux campagnes en WEC, la BMW M V8 Hybrid n’a toujours pas remporté de grande classique de l’endurance.
Deux gros changements sont à signaler. BMW fait désormais appel à son partenaire en mondial pour l’exploitation de ses voitures en IMSA. L’écurie belge WRT succède donc à Rahal Letterman Lanigan, après deux décennies de collaboration.
À cela s’ajoute une grosse refonte technique de la voiture, réalisée à partir d’une coque Dallara. Les appendices aérodynamiques posés sur le bloc avant ont vu leur taille réduite, laissant leur place à deux ouvertures plus grandes destinées au refroidissement des freins. Le splitter a également été revu.

Pilote de la #24, l’Allemand René Rast se montre optimiste : « Avec autant de nouvelles personnes dans l’équipe – et il s’agit là d’un nouveau championnat pour WRT – il faut un peu de temps pour que tout soit exploité parfaitement. Mais ma première impression après le ROAR (les essais préliminaires de la semaine dernière, ndlr.) est positive. »
Il poursuit : « Pour le moment, il nous manque encore un chouia de performance. » Cela s’est vu en qualifications. Malgré son aisance dans l’exercice, Dries Vanthoor n’a placé la meilleure BMW qu’à huit dixièmes de seconde de la pole position. Effet de la balance de performance ? Ou focus sur le rythme en course ? On le saura dimanche soir.
BMW M Team WRT
#24 : Sheldon van der Linde / Dries Vanthoor / Robin Frijns / René Rast
#25 : Raffaele Marciello / Philipp Eng / Marco Wittmann / Kevin Magnussen
Offensive Cadillac aux 24 Heures de Daytona
Douce avec ses pneumatiques, facile à piloter, à l’aise sur les bosses, la Cadillac V-Series.R est l’une des voitures les plus réussies de l’ère Hypercar/GTP. Mais elle peine encore à transformer ces excellentes dispositions en résultats réguliers. Et ce, malgré un deuxième semestre 2025 très encourageant (victoires en WEC à Sao Paulo et en IMSA à Indianapolis et Petit Le Mans).
La « Caddy » a subi sa première très grosse évolution cet hiver. Comme l’expliquent nos confrères de The Race, c’est désormais l’aileron arrière qui est l’unique élément aérodynamique mobile. Le diffuseur arrière caractérisant la poupe a également été revu. L’objectif est notamment d’aider la Cadillac sur des tracés à faible appui, parmi lesquels figure Daytona.
En parallèle, l’organisation entre les différentes équipes a été revue par la nouvelle patronne, Keely Bosn. L’objectif : améliorer la coopération transatlantique – clin d’oeil à l’actualité géopolitique – avec davantage de partage de données et de pilotes entre les différentes équipes exploitant la V-Series.R. On verra notamment le Britannique Jack Aitken, toujours plus brillant, dans les deux championnats majeurs.
Jeudi, Aitken avait signé la pole position des 24 Heures de Daytona avec la #31. Mais lors du contrôle technique post-qualifications, les commissaires ont constaté que le patin de friction arrière s’était trop usé, dépassant la tolérance réglementaire. La voiture a été disqualifiée et reléguée en fond de grille GTP. Probablement un simple contretemps…
Cadillac Wayne Taylor Racing
#10 : Ricky Taylor / Filipe Albuquerque / Will Stevens
#40 : Jordan Taylor / Louis Delètraz / Colton Herta
Cadillac Whelen
#31 : Jack Aitken / Earl Bamber / Frederik Vesti / Connor Zilisch
Porsche en défense
Trois mois après avoir annoncé son retrait du Championnat du monde d’endurance (WEC), le tandem Porsche-Penske prépare la défense de ses titres en IMSA. Libérés de leurs obligations en mondial, le Français Kévin Estre et le Belge Laurens Vanthoor seront désormais représentants permanents de la marque en Amérique du Nord.
« Nos objectifs sont clairs, explicite Thomas Laudenbach, vice-président de Porsche Motorsport. Nous voulons gagner une troisième victoire consécutive à Daytona et davantage de titres. »
L’euthanasie du programme WEC n’a pas empêché la marque de porter des évolutions à sa 963 : le splitter avant a été relevé dans sa partie centrale et le diffuseur a perdu son élément latéral. Il s’agit là du quatrième « joker evo » porté sur la feuille d’homologation de la GTP allemande.
Les essais préliminaires se sont déroulés sans accroc : « Nous n’avons connu aucune avarie, aucune sortie de route et avons rempli notre programme proprement, argue Matt Campbell, pilote de la #6. Tout s’est passé comme prévu. »
À noter : l’équipe privée JDC-Miller aligne ce week-end sa 963 jaune fluo. Mais elle demeure en configuration 2025.
Porsche Penske
#6 : Laurens Vanthoor / Kévin Estre / Matt Campbell
#7 : Julien Andlauer / Felipe Nasr / Laurin Heinrich
JDC-Miller
#85 : Nico Pino / Kaylen Frederick / Tijmen van der Helm
Acura : aéro revue
L’ARX-06 a aussi subi des modifications. La lame avant, les pontons ou le capot moteur ont été redessinés pour ouvrir la fenêtre où la GTP japonaise se montre à son aise.
Côté exploitation, en revanche, la continuité pourrait payer. Un an après son retour en IMSA, déjà aux 24 Heures de Daytona, l’écurie Meyer-Shank tourne désormais à sa vitesse de croisière. Cela pourrait être un avantage, notamment vis-à-vis du mariage BMW/WRT tout neuf aux États-Unis. Et dans le sprint final – habituel dans cette classique floridienne – on pourra sans doute compter sur l’explosif Renger van der Zande…
Après des tests préliminaires décevants, la #93 a hérité de la pole position suite à la disqualification de la Cadillac d’Aitken. Un bon présage pour les deux voitures engagées ?
Acura Meyer Shank Racing w/Curb-Agajanian
#60 : Tom Blomqvist / Colin Braun / Scott Dixon / AJ Allmendinger
#93 : Renger van der Zande / Nick Yelloly / Álex Palou / Kakunoshin Ohta
24 Heures de Daytona : c’est aussi un renouveau pneumatique
Voici un autre facteur d’incertitude. Michelin a conçu pour cette saison une nouvelle gamme de pneumatiques Pilot Sport Endurance. Ces 24 Heures de Daytona, manche d’ouverture de l’IMSA, marquent aussi la première utilisation en course de ces gommes inédites. L’assortiment sera identique en Championnat du monde d’endurance (WEC) et aux 24 Heures du Mans.
Parmi les nouveautés, on note l’utilisation de 50 % de matériaux renouvelables ou durables et une enveloppe de velours sur le pneumatique neuf disparaissant après quelques kilomètres.
La mise en température a été un autre sujet majeur. En l’absence de couvertures chauffantes, proscrites en IMSA comme en WEC, la durée nécessaire pour amener la surface de roulement à sa température optimale (70-80°C) a été raccourcie sur ce nouveau pneumatique. Ceci devrait faciliter les premiers tours après un arrêt ou la gestion des neutralisations.

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