Le budget de l’État pour 2026 met fin au financement du permis de conduire via le CPF pour les salariés. Seuls les demandeurs d’emploi conserveront ce droit, tandis que plusieurs aides disparaissent.
Un coup dur.
Une réforme actée en catimini dans le budget 2026
Le gouvernement a validé une modification majeure du Compte Personnel de Formation (CPF). À partir de 2026, les salariés ne pourront plus utiliser leur CPF pour financer leur permis de conduire.
La mesure a été votée au Sénat en décembre, intégrée au budget 2026, puis adoptée via l’article 49.3 de la Constitution.
Dans le même temps, l’aide de 500 euros accordée aux apprentis pour passer le permis est supprimée. Un coup dur pour les salariés ou ceux qui envisage un changement de carrière. Surtout, un revirement par rapport aux annonces passées sur une amélioration de l’accessibilité au permis de conduire.
Pourquoi le CPF ne financera plus le permis
L’exécutif affiche un objectif clair : recentrer le CPF sur les bilans de compétences et les formations professionnelles.
Selon les données citées dans le débat parlementaire, le permis de conduire représentait en 2023 près de 23 % des formations financées par le CPF, soit environ 300 millions d’euros par an.
Autre élément mis en avant : 75 % des bénéficiaires avaient plus de 25 ans et étaient déjà en emploi. Le financement du permis via le CPF est ainsi présenté comme un transfert de dépense, sans impact direct sur les compétences professionnelles. Une « formation de confort ». Pourtant, dans bien des cas, sans le permis pas de travail ou de nouveau travail.
Des réactions contrastées sur le terrain
Les associations dénoncent une mesure pénalisante
L’association 40 millions d’automobilistes critique une décision jugée défavorable aux salariés dépendants de la voiture, notamment hors des grandes métropoles.
Elle estime que la réforme touche en priorité les ouvriers, les aides à domicile et les intérimaires, pourtant contributeurs au dispositif.
Les auto-écoles redoutent un choc économique
Du côté des professionnels, la Fédération des enseignants et auto-écoles d’avenir (Fenaa) alerte sur un risque de faillites en 2026.
Certaines structures réalisent plus de la moitié de leur activité grâce aux candidats finançant leur formation via le CPF.
Qui pourra encore utiliser le CPF pour le permis
À compter de l’entrée en vigueur de la réforme, seuls les demandeurs d’emploi conserveront la possibilité de financer leur permis de conduire avec leur CPF.
Les salariés peuvent encore y accéder tant que la loi n’est pas appliquée. Autant dire qu’il y a une ruée sur l’ouverture de dossiers depuis que l’information s’ébruite.
Le financement reste limité au permis B (voiture). Les autres catégories de permis ne sont pas éligibles.
Conditions actuelles de financement
Pour utiliser son CPF avant la réforme, il faut disposer d’un solde suffisant.
Le coût moyen du permis B se situe entre 1 500 et 2 000 euros. Un salarié cumule 500 euros par an sur son CPF, dans la limite de 5 000 euros.
La formation doit être suivie dans une auto-école agréée et le processus peut s’étaler sur trois à six mois.
Quelles solutions après la fin du CPF pour les salariés
Après 2026, plusieurs alternatives subsistent :
- le permis à 1 euro par jour, réservé aux 15-25 ans ;
- des aides locales proposées par certaines régions ;
- un financement possible par l’employeur, si le permis est nécessaire au poste, après un entretien professionnel.
Enfin, si votre employeur ou futur employeur estime que le permis est nécessaire pour votre emploi ou futur poste, le CPF pourrait rester mobilisable. Mais ce sera du cas par cas à négocier et demander à chaque fois. La lourdeur administrative à la française.
La suppression de l’aide de 500 € pour les apprentis est en revanche une injure pour cette catégorie qui, selon les statistiques, a souvent moins de 18 ans et habite hors agglomération, là où les transports en commun ne vont pas.
