La marque Renault dévoile sa stratégie de croissance à horizon 2030. Le plan « futuREady » prévoit de nouveaux modèles, une généralisation de l’électrification et une expansion internationale. Objectif affiché : dépasser les 2 millions de véhicules vendus dans le monde.
Une offensive produits avec 12 nouveaux modèles en Europe
Dans le cadre de son plan stratégique futuREady, Renault annonce un nouveau cycle de croissance reposant notamment sur une offensive produit.
En Europe, la marque prévoit 12 nouveaux modèles d’ici 2030. L’objectif est de renforcer sa présence sur plusieurs segments du marché.
- Sur les segments A et B, où Renault est historiquement implanté, la marque s’appuie notamment sur des modèles récemment lancés comme Nouvelle Clio, Renault 5 E-Tech electric, Renault 4 E-Tech electric et la future Twingo E-Tech electric.
- Sur les segments C et D, qui représentent environ 30 % des volumes actuels, une nouvelle génération de modèles électriques et hybrides est annoncée.
Selon la marque, cette stratégie vise à proposer différentes technologies selon les marchés et les usages.
L’électrification au cœur de la stratégie
Renault confirme que l’électrification restera le principal axe technologique de sa gamme.
La marque indique que la motorisation full hybrid E-Tech restera proposée en Europe au-delà de 2030. Ce type de motorisation est présenté comme une étape intermédiaire vers le véhicule entièrement électrique.
Parallèlement, Renault prépare une nouvelle génération de véhicules électriques reposant sur la plateforme RGEV medium 2.0. Cette architecture doit permettre plusieurs configurations :
- version 100 % électrique avec jusqu’à 750 km d’autonomie WLTP
- version électrique à transmission intégrale capable de tracter jusqu’à 2 tonnes
- version électrique avec prolongateur d’autonomie, avec jusqu’à 1 400 km d’autonomie totale
Cette plateforme est conçue pour les segments B+ à D et peut accueillir différentes silhouettes de véhicules.
Des utilitaires électriques avec architecture 800 volts
L’électrification concerne aussi les véhicules utilitaires.
Le Trafic van E-Tech electric doit inaugurer deux technologies annoncées par Renault :
- une architecture électrique 800 V destinée à faciliter la recharge rapide
- une conception Software Defined Vehicle (SDV), centrée sur le logiciel
L’autonomie annoncée pour ce modèle atteint jusqu’à 450 km.
R-Space Lab, laboratoire pour l’habitacle du futur
Renault a également présenté R-Space Lab, un démonstrateur technologique destiné à explorer de nouvelles expériences à bord.
Long de 4,5 m et haut de 1,5 m, ce concept adopte une architecture monovolume avec un intérieur modulable. Parmi les éléments mis en avant :
- un écran incurvé openR panorama occupant toute la largeur de la planche de bord
- une direction steer-by-wire à commande électronique
- des sièges modulables permettant différentes configurations d’espace
- une surface vitrée étendue pour augmenter la luminosité intérieure
Le concept intègre aussi des fonctions de sécurité et d’assistance utilisant l’intelligence artificielle, comme un coach de conduite ou des dispositifs de détection destinés à sensibiliser les conducteurs.
Renault précise que ce laboratoire ne préfigure pas directement un modèle de série. On peut tout de même voir un retour du monospace, déjà rien qu’avec le nom de R-Space Lab. Ce nom vous rappelle peut-être quelque chose, c’était un concept en 2011 qui préfigurait le Scenic.
Une expansion internationale avec 14 nouveaux modèles
La stratégie futuREady repose également sur une expansion hors d’Europe.
Renault prévoit 14 nouveaux modèles pour les marchés internationaux d’ici 2030. La marque s’appuie pour cela sur cinq hubs industriels et commerciaux situés au :
- Maroc
- Turquie
- Amérique latine
- Corée du Sud
- Inde
Ces régions représentent un potentiel de croissance comparable à celui de l’Europe selon la marque.
En 2025, Renault a vendu 620 000 véhicules hors Europe, soit une hausse de 11 % par rapport à 2024.
Bridger Concept annonce un futur SUV urbain
Pour illustrer cette offensive internationale, Renault a présenté le Bridger Concept.
Ce show-car préfigure un SUV du segment B de moins de 4 mètres. Le véhicule adopte notamment :
- une garde au sol de 200 mm
- des roues de 18 pouces
- un coffre de 400 litres
Malgré ses dimensions compactes, Renault indique que l’espace intérieur vise à offrir une habitabilité importante, avec 200 mm d’espace aux genoux à l’arrière.
La version de série doit être développée en Inde et reposera sur la plateforme RGMP small. Elle sera proposée selon les marchés avec motorisations thermique, hybride ou électrique.
La première commercialisation est prévue en Inde avant fin 2027, puis dans d’autres régions. Esthétiquement, ce Bridger emprunte énormément à Land Rover. Il pourrait avoir son public aussi en Europe.
Objectif 2030 : plus de 2 millions de véhicules vendus
Avec le plan futuREady, Renault affiche plusieurs objectifs pour la fin de la décennie :
- plus de 2 millions de véhicules vendus dans le monde
- 50 % des ventes réalisées hors d’Europe
- 100 % de ventes électrifiées en Europe
- 50 % de ventes électrifiées à l’international
La marque prévoit au total 26 nouveaux produits dans les quatre prochaines années pour soutenir cette stratégie.




























Ah zut j’avais tablé sur un Mini Classe G pour le Bridger et on a une resucée de Defender !
Ridicule. Passons.
Pour le plan stratégique, ce qui frappe le plus c’est l’absence de ligne stratégique claire : du pur électrique, de l’hybride mild et PHEV, du prolongateur d’autonomie bref, on prend tout ce qui existe, et on vend à l’international. Rien de neuf.
Le concept présenté est lui-même hors sol, avec son vitrage panoramique qui va à l’encontre de la tendance lourde actuelle (vitrage diminué pour sensation de sécurité). Avec un beau volant « hype » c’est à dire plus rond.
Décevant, je l’ai dit, tout ça est décevant. L’automobile occidentale est en crise, et ce plan stratégique n’en tient absolument pas compte : ce n’est qu’une façade pour la presse. Le vrai plan stratégique de Renault est sans doute bien plus sombre – délocalisations, alliance avec des constructeurs chinois, pertes de marchés.