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    Accueil » Festival de cames : Le tatoué (1968) roule en Chenard et Walcker de 1925
    Histoire

    Festival de cames : Le tatoué (1968) roule en Chenard et Walcker de 1925

    Thibaut EmmeThibaut Emme8 juillet 2018Updated:13 décembre 20245 commentaires
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    Deuxième épisode de notre nouvelle saga de l’été qui lie le cinéma et les voitures : « Festival de cames ». Aujourd’hui, Jean Gabin change de monture et passe dans une Chenard et Walcker de 1925. Il y embarque Louis de Funès.

    Le film : Le tatoué, Denys de La Patellière, 1968

    L’année 1968 est prolifique pour un Jean Gabin au sommet de sa carrière. Le tournage du Tatoué se déroule au début de l’année. Maurice Jacquin, producteur, a l’idée de réunir à l’écran Gabin et de Funès. Le scénario est fin comme une feuille de papier bible, mais le succès public sera là, grâce aux deux têtes d’affiche.

    La réalisation est confiée à Denys de La Patellière qui a déjà travaillé avec Jean Gabin dans « Tonnerre de Dieu » ou « du Rififi à Paname ». On lui doit aussi « un taxi pour Tobrouk ». Gabin et de Funès ont déjà tourné ensemble, dans « La Traversée de Paris » et « Le Gentleman d’Epsom ». Mais, ici, la cohabitation sera difficile entre les deux monstres du cinéma français.

    L’histoire du film est celle d’un de Funès, marchant d’art, qui croise par hasard Gabin, ancien légionnaire et tatoué (d’où le nom du film) dans le dos par Modigliani. Décidé à récupérer la peau de Gabin, de Funès accepte de refaire la « maison de campagne » du légionnaire sans savoir que ce dernier est le comte de Montignac et que la « maison » est un énorme château en ruines. Le comte utilise une voiture hors d’âge, simple « déplaceoir » pour un Gabin peu pressé.

    La voiture : Chenard et Walcker de 1925

    La marque Chenard et Walcker a une histoire fortement liée aux débuts de l’automobile. En 1888, Ernest Chenard crée sa société et lance son premier quadricycle. Henry Walcker, ingénieur des Mines et client de Chenard pour un quadridycle, décide de s’associer avec lui. Ainsi naît Chenard et Walcker en 1899. L’emblème sera un aigle, ailes déployés, qui trônera sur les radiateurs ou sur les bouchons.

    Les premières voitures sont novatrices. Par exemple à l’arrière, il y a deux essieux. Le rôle moteur et le rôle porteur sont séparés. Ce sera la signature technique des voitures de la marque durant 25 ans. Leurs productions sont parmi les plus performantes et les plus fiables du moment. Elles commencent à gagner des épreuves sportives qui ont fait eux aussi leurs débuts.

    La belle ascension de la marque sera perturbée par la mort de Henry Walcker d’une péritonite. Un autre ingénieur des Mines le remplacera. La première Guerre Mondiale portera également un coup d’arrêt à la production d’automobiles. Au sortir de la guerre, la production de voitures reprend et les Chenard et Walcker n’ont rien perdu de leur « avant-gardisme ». Maheureusement, Ernest Chenard ne verra pas la consécration de sa production. Il décède en 1922 et c’est son fils qui reprend le flambeau.

    A jamais dans l’Histoire des 24H du Mans

    La consécration viendra en 1923. Les 24 heures du Mans sont créées. La première édition voit toutes les marques les plus prestigieuses du moment en découdre. 18 marques sont là. Trois Chenard et Walcker U3 15CV sont engagées, dont deux « sport ». Elles font un doublé avec André Lagache et René Léonard, les essayeurs maison de Chenard et Walcker en grands vainqueurs. Pour l’histoire, ils ont parcouru près de 2210 km à plus de 92 km/h de moyenne. De la forme tonneau des premières années, les voitures de sport passeront à la forme « tank » en vogue à l’époque pour les épreuves de vitesse.

    Durant 4 ans, les Chenard et Walcker remportent toutes les courses d’importance. La voiture du film Le Tatoué est une version tourisme de cette voiture. Réputées pour leur confort mais surtout leur fiabilité, les Chenard et Walcker utilisent des moteurs modernes avec arbre à cames en tête (contre arbre latéral auparavant). Le 3 litres de la 15 CV sort environ 90 à 100 chevaux.

    La U3 est un cabriolet. Plus exactement un double Phaeton Torpédo. 4 portes, 2 banquettes. Pour le film, il s’agit d’une conduite à droite, bleue. Evidemment, elle dénote parmi la circulation de 1968, surtout avec ses roues en bois. 43 ans après, sa silhouette de tonneau, renforcée par le radiateur rond, signature de la marque, parait étrange au milieu des Citroën Dyane, Renault 4 L ou autres Estafette dans les rues de Suresnes.

    Le déclin et la fin

    Après les heures de gloire, Chenard et Walcker connaîtra le déclin. En 1934, Citroën lance la Traction. Chenard et Walcker lui emboîte le pas avec la Super Aigle 4. Roues indépendantes à l’avant, traction, la Super Aigle 4 reprend la base de l’Aigle 4 (12 CV). Mais, Chenard et Walcker connaît l’insuccès avec cette voiture et en quelques mois, la société est racheté par Chausson.

    Un dernier sursaut viendra avec la victoire à Montlhéry en 1937 sur une « tank » Chenard et Walcker 1 100 cm3. Mais c’est un engagement privé. La société, elle, cessera totalement la production automobile en 1940. Des camionnettes seront produites pour Peugeot après le rachat de Chausson par le lion. Pour l’anecdote, la société ne disparaîtra officiellement qu’en 1992.

    Dans le film, la Chenard et Walcker de 1925 partage l’affiche avec un Combi VW conduit par l’entrepreneur Pellot – joué par Paul Mercey – choisi par Louis de Funès pour « retaper » la maison de campagne du tatoué.

    Illustration : captures du film, Chenard et Walcker (affiches), travail personnel

    Festival de cames : Le tatoué (1968) roule en Chenard et Walcker de 1925 1

    Festival de cames : Le tatoué (1968) roule en Chenard et Walcker de 1925 2

    Festival de cames : Le tatoué (1968) roule en Chenard et Walcker de 1925 3

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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    5 commentaires

    1. Big-j on 8 juillet 2018 21h34

      J’adore ce film, l’entrepreneur , qui doit restaurer le château, a aussi un superbe Combi VW.

      Reply
      • Thibaut Emme on 8 juillet 2018 21h40

        Tout à fait. Je l’ai ajouté en fin d’article.

        Reply
    2. labradaauto on 9 juillet 2018 13h57

      merci pour l’article. pour la fin je dirai même que le tub/tuc Citroën ,
      http://leroux.andre.free.fr/utilitaire.htm (second cliché visible sur lien)
      ambulance durant le conflit mondial est Chenard et Walcker. Ce fût mon 1er contact après la 6 cv Renault avec l’automobile. Mon père en a possédé ce tub pare bise plat avant les tube H pare brise plat. j’ai encore 1 table de salon « pour l’apéro » faite en fer forgé à partir du pare brise.

      Reply
    3. Ben on 12 juillet 2018 0h22

      Merci pour cette série d’articles.

      Reply
    4. Thomas on 14 juillet 2018 13h50

      Louis de Funès, un très grand monsieur du rire, il nous manque beaucoup 🙁

      Reply
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