Essai : Le Skoda Elroq RS à l’épreuve de l’Islande

Peut-on imaginer voyager aisément à travers l’Islande en voiture électrique ? Une fois la question posée, avec quelle voiture se voit-on aligner les kilomètres sur ce territoire aux routes parfois hostiles ? Notre choix s’est porté sur la Skoda Elroq, dans le top 5 des ventes électriques en France chaque mois, en version RS.  

Un pays « électrique »?

De prime abord, on n’imagine pas l’Islande comme une île faite pour la circulation en voiture électrique. Ce territoire, qui s’étale sur environ 500 km d’est en ouest et 300 du nord au sud, peut en fait permettre de quasiment traverser le pays sur une seule charge selon l’itinéraire, ou en ne s’arrêtant qu’une seule fois. Pour notre part, nous nous sommes contentés de rester dans la partie sud-ouest de l’île, sur un itinéraire d’un peu moins de 500 km. Au regard de la superficie de l’Islande, il n’apparaît pas si compliqué de trouver des bornes d’au moins 50 kW et plus.  

L’autre donnée intéressante, qui fait de ce pays un lieu favorable à l’utilisation de voitures électriques, est l’origine de la fabrication de l’énergie. Là-bas, 100% de l’électricité provient de ressources renouvelables hydroélectriques ou géothermiques. Finalement, cela a donc plus de sens que dans d’autres pays de développer la circulation en voitures électriques. Et pourtant, on n’en croise pas tant que ça sur les routes islandaises. Notre Skoda Elroq RS n’a donc pas beaucoup de clones dans la région. Il se fait d’autant plus remarquer ici avec ce coloris vert Mamba, qui le transforme en véritable épouvantail au milieu du flot de véhicules.  

Conduite sure et zen, malgré les intempéries

Sur l’unique 4 voies du pays que nous empruntons en quittant l’aéroport de Keflavik, on profite d’une voiture confortable sur un bitume beaucoup plus lisse qu’on ne pourrait l’imaginer. Avec cette météo extrêmement changeante, soumise notamment au froid et aux intempéries, on s’attendait à un bitume craquelé, mais il n’en est rien. On active sans crainte le régulateur adaptatif intégrant la conduite semi-autonome de niveau 2. On poursuit donc sereinement notre route vers l’iconique fjord des Baleines, à une centaine de kilomètres de là, en longeant la côte vers le nord.  

Il faut d’abord, avant cela, traverser l’agglomération de Reykjavik, assez dense en fin de journée. La douceur de notre Skoda fait ici merveille. L’électrique, dans ces conditions, apporte clairement un confort avec une conduite zen, dispensant de tout à-coup parasite. De ce point de vue-là, notre Elroq fait très bien le job, avec en outre une consommation particulièrement contenue. La météo est certes assez défavorable, avec un crachin permanent, mais la température autour de 12 degrés n’a pas vraiment d’incidence sur la batterie.  

Un Enyaq transformé en Coffee Shop

Après la capitale, on se retrouve sur une route côtière superbe, où nous sommes quasiment seuls. D’un côté, l’immensité de la montagne, et de l’autre, une vue sur le panorama de l’entrée du fameux fjord des Baleines. On raconte qu’elles viennent trouver la paix ici avant de repartir vers l’océan. Malheureusement pour nous, elles furent plutôt discrètes. En arrivant le soir sur notre premier lieu de résidence, on a à peine entamé la batterie. On sait qu’il faudra moins de deux heures sur une borne 11 kW pour retrouver toute la capacité. Passant la nuit sur place, cela ne sera pas un problème.  

Le lendemain, nous passons du fjord des Baleines à la faille de Silfra, dans le parc de Thingvellir. Petite parenthèse : ici se font face les plaques tectoniques américaine et européenne, sous l’eau du lac naturel de Thingvellir, le plus grand d’Islande. L’eau provenant du glacier Langjökull, filtrée par la roche volcanique séculaire, est d’une clarté exceptionnelle, à une température constante entre 1 et 3 degrés. En plus d’une visibilité identique à celle d’une piscine, on peut donc littéralement la boire. N’ayant parcouru que 50 kilomètres pour arriver ici, pas de problème côté autonomie. On en profite pour s’offrir un café à l’arrière d’un Enyaq spécialement aménagé pour cela.  

Trop confortable pour être vraiment sportif

Le meilleur restait à venir. Il nous fallait affronter maintenant les routes qui allaient nous amener jusqu’à la côte sud. L’occasion enfin de mettre à l’épreuve le châssis de notre Elroq RS dans des paysages tous plus superbes les uns que les autres, où le bitume n’a pas d’autre choix que d’épouser le relief, et jamais en ligne droite. Disons-le tout de suite : vu les innombrables virages qui se dressent devant nous, on a d’abord envie de se retrouver au volant d’une véritable sportive au comportement bien plus radical que cet Elroq RS.  

Mais cette voiture électrique tchèque ne joue pas les égoïstes. Elle cherche en premier lieu à garder dans un bon confort tous ses occupants. Les suspensions se détendent suffisamment pour ne pas mettre à mal le dos des passagers. Son comportement plutôt prévenant assure une tenue de cap correcte, tant qu’on n’en fait pas trop, au point de réaliser que le poids conséquent nuit en partie à l’agilité. Mais pour s’en rendre compte, il faut déjà aller taquiner ses limites. Cette version RS se montre un peu plus dynamique qu’un Elroq classique, mais marque finalement peu l’écart quand on hausse le rythme. En revanche, on ressent mieux le surplus de puissance, qui culmine à 340 ch.  

Une consommation maîtrisée

Avec ses relances énergiques et ses démarrages impressionnants (5,4 s sur le 0 à 100 km/h), il dispose d’une force tranquille. On en arrive à regretter finalement que son comportement routier ne soit pas suffisamment radical pour qu’on puisse réellement jouir de cette cavalerie. On profite des nombreuses descentes pour maximiser aussi l’autonomie en prenant la main sur la régénération (sans palettes au volant). En revanche, on aurait aimé un freinage un peu plus constant. Rien de grave, mais on se laisse parfois surprendre par un à-coup inattendu par rapport au freinage précédent.  

Après un déjeuner au bord d’une mer invisible à cause d’un brouillard épais, nous nous sommes redirigés vers l’ouest, en direction de Grindavik, via la route côtière. Malheureusement, le brouillard et la pluie ne nous ont plus jamais quittés. La vitesse du coup plus faible sur ce trajet de 70 kilomètres a rendu la voiture encore moins gourmande côté consommation. Aux alentours de Grindavik et du complexe du Blue Lagoon, la terre volcanique bouge beaucoup, ce qui perturbe donc notre GPS, qui ne suit pas la cadence des routes barrées et d’autres, créées ici et là. Nos repères d’un précédent passage n’existent plus.  

L’Islande en électrique? Validé!

Là encore, au final, la question de l’autonomie ne se pose pas sur cette île de 103 000 km². On finit notre virée de 430 km avec une consommation moyenne autour de 17 kWh aux 100 km. Théoriquement, on aurait presque pu faire tout le parcours sur une seule charge, mais se brancher une seule fois aura suffi pour rouler sans se soucier du niveau de batterie. À partir du moment où l’on ne tente pas de monter sur les versants d’un volcan, une Skoda Elroq RS sait très bien voyager sur l’île. Nous, en tout cas, on a adoré ! Sans aller en Islande, sachez qu’il faut débourser au moins 50 380 € pour s’offrir une Skoda Elroq RS en France. 

(7 commentaires)

  1. Juste pour le fun, et en rapport avec l’article.
    La Corse est Longue de 180 km du nord au sud et large de 85 km de l’est à l’ouest.
    la Réunion … 75 km, la diagonale nord-est/sud-ouest atteint 55 kilomètres.
    … Combien de VE en % ?

    1. Cher SGL,
      La différence entre la Corse et l’Islande est significative : la Corse est un pays très montagneux, et l’Islande visiblement un pays de faibles dénivelés. iL n’y a qu’à voir les photos.
      Conduire sur du plat un VE va permettre de faire de superbes scores de consommation, d’autant qu’ici la vitesse moyenne n’a pas dû dépasser les 50 km/h.
      Un peu de froid tu parles, avec la pompe à chaleur c’est peanuts.

      1. Je connais pas mal de proches qui sont allés en vacances en Islande.
        j’ai vu leurs petits reportages photos à chaque fois … Il y a des montagnes.
        Certes, à 90 %, apparemment, ils tournent autour de l’île généralement.

        Mais sérieusement, qu’est-ce qui empêche une VE de faire une traversée de la Corse en une recharge ????… Même par les montagnes, la consommation ne double pas. Surtout qu’elles récupèrent en partie dans la descente.

        Alors la Réunion, je connais un peu… N’en parlons pas !

        En 2026 … Les gens ne veulent pas rouler en VE, pour le moment.
        … On va dire que les VE sont encore très chers ! … Hein, n’est-ce pas ? 🤥 😉

        j’avoue qu’avec une sportive, je ferai la même chose… Mais je n’inventerai pas des bobards pour autant pour me justifier !

    1. VW groupe a en effet le meilleur VE Européen avec cette plateforme;
      Une bonne propulsion, une grosse batterie, une consommation raisonnable, reste le prix salé + de 50k€ dans cette version (mais moins cher que sur l’ID3)
      Espérons que Skoda fera des offres commerciales plus raisonnables
      la concurrence est américaine/chinoise, moins chere , aussi performante, aussi économique même autonomie.
      les françaises ne sont pas au niveau en performance, notamment à cause de la traction avant. attendons la 4RM 3008, on verra bien mais sa petite batterie va l’handicaper

      1. Je compte sur la Megane 2026 pour faire une bonne concurrence !
        La e-2008 n’arrivera quand 2028, apparemment, mais il est fort possible que l’actuel subis des améliorations !? … Peut-être un nouveau SUV Alfa entretemps ?

  2. Islande, septembre 2025 :
    Tesla détient 33,5 % de parts de marché, la MG 5 se hisse à la troisième place.
    Tesla réalise un doublé pour le deuxième mois consécutif avec le Model Y (21,1 % de parts de marché) et le Model 3 (12,3 %). La MG 5 fait une entrée fracassante à la troisième place, un record, avec 6 % de parts de marché, devançant ainsi le Skoda Elroq,…..

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