Cadillac termine en beauté
La Cadillac V-Series.R n°38 de Jack Aitken, Sébastien Bourdais et Earl Bamber a remporté cette ultime manche après 191 tours. Partie de la troisième position, elle s’est rapidement installée aux avant-postes. La Ferrari n°50, partie de la pole, a d’abord été débordée par la Genesis n°19 de Daniel Juncadella. Mais l’Espagnol, pénalisé de cinq secondes après avoir coupé la première chicane, n’a pas pu conserver longtemps son avantage.
Jack Aitken a saisi l’occasion pour prendre la tête, en dépassant Juncadella à la Parabolique au sixième tour. Le Britannique a ensuite construit un relais solide. La voiture a toutefois dû composer avec la pression de l’Alpine n°36, particulièrement incisive dans la partie centrale de l’épreuve.
Lorsque Sébastien Bourdais a pris le volant, le Français a dû défendre sa position face à Victor Martins. Les deux prototypes se sont même légèrement touchés à la première chicane, dans un duel qui a donné du relief à cette fin de course. Bourdais a tenu bon avant de transmettre la Cadillac à Earl Bamber toujours en tête. Le Néo-Zélandais a ensuite contrôlé le dernier relais, malgré une gestion attentive du carburant, pour couper la ligne avec 5,6 secondes d’avance.
Cette victoire est la première de Cadillac en 2026. Pour Bourdais, le résultat avait une saveur toute particulière : il s’agissait de sa dernière course avec Cadillac et l’équipe britannique.
Alpine s’offre une sortie digne
L’autre grande histoire de Monza concernait Alpine. Après l’annonce de l’arrêt de son programme Hypercar à la fin de la saison, l’équipe française disputait sa dernière course avec l’A424. La n°36 de Jules Gounon et Victor Martins a terminé deuxième. Ce podium vient prolonger une bonne fin de saison pour Alpine, qui avait déjà montré de belles dispositions lors des manches précédentes.
La seconde A424, la n°35 de Ferdinand Habsburg et Charles Milesi, a connu une fin beaucoup plus brutale. Au cours de la quatrième heure, Milesi a perdu le contrôle de son prototype et a violemment heurté les barrières à la Parabolique.
Cette deuxième place constitue une conclusion sportive honorable. L’émotion était palpable pour les hommes de Philippe Sinault et Signatech, qui ont accompagné la renaissance d’Alpine et son aventure en Endurance depuis 2013. Un mince espoir demeure en trouvant un repreneur pour le programme A424 en 2027, mais le temps joue contre eux, sinon pour mieux rebondir en 2028…
Mike Conway : la fin d’une longue histoire avec Toyota
Monza marquait également la dernière course de Mike Conway dans le cadre de son engagement à temps plein en endurance. Le Britannique, âgé de 43 ans, a passé douze saisons au sein de Toyota. Son palmarès parle pour lui : deux titres mondiaux des pilotes, deux victoires aux 24 Heures du Mans et de nombreux succès en WEC. Il a été l’un des piliers de la montée en puissance de Toyota, au côté de Kamui Kobayashi, Sébastien Buemi, Brendon Hartley ou encore Kazuki Nakajima.
Associé à Kamui Kobayashi et Nyck de Vries sur la Toyota n°7, Conway pouvait encore nourrir un espoir de titre, mais l’équipage a terminé loin des premières places. La voiture sœur n°8, elle aussi en difficulté, a également connu une course compliquée. Le Britannique quitte donc la compétition à temps plein sans ultime récompense à Monza, mais avec l’un des plus beaux palmarès de sa génération.
Dernière pour Bourdais avec Cadillac
Le Français de 47 ans a exprimé sa frustration concernant le système de catégorisation des pilotes de la FIA. Bourdais est toujours classé Platine, le niveau le plus élevé de la classification FIA. Une distinction logique au regard de son palmarès, mais qui devient paradoxalement un handicap pour retrouver un volant. En effet, de nombreux championnats d’endurance imposent des compositions d’équipages associant des pilotes de différentes catégories : Platine, Or, Argent et Bronze. Les places disponibles pour les pilotes professionnels expérimentés sont donc parfois limitées.
« Malheureusement, la catégorisation pousse des pilotes comme moi vers la retraite. » précise l’ancien pilote Toro Rosso, car son statut Platine ne changera pas avant ses 55 ans. À cet âge, il passera seulement Or. Il lui faudra attendre 60 ans pour éventuellement accéder à la catégorie Argent.
Le Français n’a pas l’intention de prendre sa retraite immédiatement. Il recherche toujours un programme pour 2027 et affirme avoir des discussions dans plusieurs disciplines.Il se dit ouvert à différentes catégories : GT, LMP2 ou Hypercar. Son objectif est avant tout de rejoindre une équipe qui souhaite réellement lui confier une voiture.
Une course à rebondissements jusqu’au bout
Ferrari, à domicile, n’a pas connu la finale espérée. Les 499P ont été contrariées par des problèmes de pression des pneumatiques et des pénalités. La n°51 de James Calado, Alessandro Pier Guidi et Antonio Giovinazzi a été la plus régulière et a profité des sanctions infligées à certains concurrents pour se replacer dans le classement. Globalement, la saison 2026 est à oublier pour la Scuderia…
Aston Martin a vécu une fin de course particulièrement frustrante. La Valkyrie n°007 de Harry Tincknell et Tom Gamble avait réussi à remonter jusqu’au podium, avant de recevoir de lourdes pénalités liées à des infractions techniques et énergétiques. La performance prometteuse de la voiture s’est ainsi transformée en déception.
Peugeot a, de son côté, signé l’un de ses meilleurs résultats de la saison avec la 9X8 n°94 de Loïc Duval, Théo Pourchaire et Malthe Jakobsen. La fin d’épreuve a toutefois été tendue, avec plusieurs contacts impliquant Jakobsen avec la Cadillac n°12 d’Alex Lynn. Dans l’avant dernier tour, après quelques passes d’armes musclées et quelques coups de roues, Lynn a braqué sur Jakobsen à la sortie de la 2e chicane pour fermer la porte mais la Cadillac a été envoyée dans le décor, dispersant de nombreux débris sur la piste.
LMGT3 : Porsche gagne, Corvette et TF Sport sont titrés
La catégorie LMGT3 a elle aussi offert une arrivée serrée. La Porsche 911 GT3 R n°92 de The Bend Manthey, confiée à Richard Lietz, Riccardo Pera et Yasser Shahin, s’est imposée au terme d’une course disputée. L’équipage a résisté au retour de l’Aston Martin n°23 de Heart of Racing pilotée par Edoardo Barrichello, le fils de Rubens. L’écart à l’arrivée n’a été que de 0,270 seconde !
La victoire de la Porsche a une saveur particulière pour Richard Lietz, qui célébrait à Monza sa 100e course en WEC. Mais le titre des pilotes LMGT3 revient à Jonny Edgar, engagé sur la Corvette n°33 de TF Sport avec Ben Keating et Nicky Catsburg. Le Britannique est ainsi récompensé d’une saison régulière, tandis que TF Sport et Corvette décrochent le titre des équipes de la catégorie.
Toyota et les champions du monde 2026
Malgré une course difficile à Monza, Toyota a conservé les deux couronnes Hypercar. Le titre des pilotes revient à l’équipage de la Toyota n°8, composé de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa. Le trio décroche un nouveau sacre collectif, confirmant sa place parmi les équipages majeurs de l’endurance moderne. Pour le suisse Buemi et le néo-zélandais Hartley, il s’agit de leur 5ème titre ! Et oui, il y a bien une vie après la F1 )
Toyota Racing remporte également le championnat du monde des constructeurs Hypercar. C’est son 8ème en tout, et le 5ème de l’ère Hypercar. La marque japonaise conclut ainsi une nouvelle saison au sommet, même si la finale de Monza n’a pas été à la hauteur de ses attentes en piste.
En LMGT3, Jonny Edgar est sacré champion du monde des pilotes, tandis que TF Sport et Corvette remportent le titre des équipes. Deux championnats qui soulignent la compétitivité de la Corvette Z06 GT3.R dans une catégorie où les écarts sont souvent infimes.
Une saison se termine, une nouvelle ère s’annonce
Cette finale de Monza aura donc été bien plus qu’une dernière manche de championnat. Cadillac a retrouvé la victoire, Toyota a confirmé sa domination au classement mondial et Alpine a quitté la scène sur un podium. Le WEC tourne désormais son regard vers 2027, avec un plateau qui comptera dans ses rangs deux nouveaux : McLaren et Ford !
Classement de la course :
| Pos. | N° | Écurie / Voiture | Pilotes | Écart / Tours |
|---|---|---|---|---|
| 1 | #38 | Cadillac Hertz Team JOTA | J. Aitken / S. Bourdais / E. Bamber | 191 tours (Vainqueur) |
| 2 | #36 | Alpine Endurance Team | J. Gounon / V. Martins | + 5.607 s |
| 3 | #51 | Ferrari AF Corse | A. Pier Guidi / J. Calado / A. Giovinazzi | + 35.767 s |
| 4 | #94 | Peugeot TotalEnergies | L. Duval / M. Jakobsen / T. Pourchaire | + 54.890 s |
| 5 | #15 | BMW M Team WRT | K. Magnussen / R. Marciello / D. Vanthoor | + 1 min 03.128 s |
| 6 | #83 | AF Corse (Ferrari) | Y. Ye / R. Kubica | + 1 min 26.952 s |
| 7 | #20 | BMW M Team WRT | L. Frijns / R. Rast / S. van der Linde | + 1 min 29.925 s |
| 8 | #93 | Peugeot TotalEnergies | P. di Resta / N. Cassidy / A. Quinn | + 1 min 31.878 s |
| 9 | #50 | Ferrari AF Corse | A. Fuoco / M. Molina / N. Nielsen | + 1 min 32.899 s |
| 10 | #8 | Toyota Gazoo Racing | S. Buemi / B. Hartley / R. Hirakawa | + 1 tour (Champions) |
Championnats
Constructeurs
| Pos. | Constructeur | Points |
|---|---|---|
| 1 | Toyota | 212 pts |
| 2 | BMW | 154 pts |
| 3 | Ferrari | 130 pts |
| 4 | Cadillac | 118 pts |
| 5 | Alpine | 104 pts |
| 6 | Aston Martin | 58 pts |
| 7 | Peugeot | 24 pts |
| 8 | Genesis | 14 pts |
Pilotes
| Pos. | Pilotes | Écurie / Voiture | Points |
|---|---|---|---|
| 1 | B. Hartley / R. Hirakawa / S. Buemi | Toyota Gazoo Racing (#8) | 114 pts |
| 2 | K. Kobayashi / M. Conway / N. de Vries | Toyota Gazoo Racing (#7) | 97 pts |
| 3 | K. Magnussen / R. Marciello | BMW M Team WRT (#15) | 83 pts |
| 4 | E. Bamber / S. Bourdais | Cadillac Hertz Team JOTA (#38) | 81 pts |
| 5 | D. Vanthoor | BMW M Team WRT (#15) | 77 pts |
| 6 | J. Aitken | Cadillac Hertz Team JOTA (#38) | 77 pts |
| 7 | R. Rast / R. Frijns | BMW M Team WRT (#20) | 77 pts |
| 8 | A. Fuoco / M. Molina / N. Nielsen | Ferrari AF Corse (#50) | 76 pts |
| 9 | A. Pier Guidi / A. Giovinazzi / J. Calado | Ferrari AF Corse (#51) | 74 pts |
| 10 | S. van der Linde | BMW M Team WRT (#20) | 67 pts |

