Volkswagen augmente ses exportations depuis la Chine face à la guerre des prix des véhicules électriques et vise 15 % de part de marché.
VW intensifie ses exportations depuis la Chine
Volkswagen AG prévoit d’accroître ses exportations de voitures fabriquées en Chine afin de tirer parti des faibles coûts de production du pays asiatique dans un contexte de guerre des prix sur le marché des véhicules électriques. Le constructeur allemand a déjà commencé à expédier des véhicules vers le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est, tout en envisageant des ventes futures en Afrique et en Amérique du Sud. Le PDG Oliver Blume a déclaré à Berlin que les technologies et produits développés en Chine offrent de nouvelles opportunités d’exportation dans des régions difficilement desservies depuis l’Europe, constituant un levier stratégique essentiel pour le groupe.
Le marché chinois des voitures de luxe et de prestige a connu un effondrement rapide de près de 80 %, sans perspectives de reprise à court terme selon Blume. Pour répondre à cette situation, Volkswagen mise sur une nouvelle architecture électronique co-développée avec le constructeur chinois Xpeng. La production du premier modèle basé sur cette plateforme, la berline électrique ID. UNYX 07, a déjà commencé, avec des livraisons prévues cette année.
Adaptation à la concurrence locale et pression sur les prix
La tarification joue un rôle clé pour reconquérir des parts de marché en Chine. La concurrence reste intense, notamment avec les fabricants locaux comme BYD, et les prix se sont en grande partie stabilisés. Volkswagen a adapté sa structure de coûts afin de maintenir la rentabilité sur ses nouveaux modèles malgré l’environnement concurrentiel. La société a également transféré davantage de recherche et développement en Chine et collaboré avec Xpeng pour les logiciels, dans le cadre d’une réorganisation visant à réduire les coûts et à renforcer sa compétitivité locale.
Volkswagen prévoit de lancer 20 nouveaux véhicules électrifiés sur le marché chinois en 2026 pour inverser la baisse des ventes, qui sont passées à environ 2,7 millions l’année dernière contre plus de 4 millions avant la pandémie. Ce ralentissement a particulièrement affecté Porsche AG, la marque de luxe du groupe, qui produit uniquement en Europe et fait face à des obstacles commerciaux aux États-Unis et en Chine.
Objectifs stratégiques et perspectives pour 2030
Le groupe allemand est sous pression en raison du ralentissement chinois, des tarifs américains et de la demande inégale en Europe. Blume a initié une restructuration impliquant la suppression de dizaines de milliers d’emplois et l’introduction de modèles hybrides supplémentaires. Pour la Chine, 2026 est envisagée comme une année de transition : Volkswagen vise à développer ses véhicules électrifiés tout en stabilisant ses volumes de vente. L’objectif à long terme est de rester l’un des trois principaux constructeurs automobiles chinois et d’atteindre une part de marché de 15 % d’ici 2030, contre environ 11 % actuellement.
« Il n’y a aucune autre région au monde où la transformation de notre industrie se déroule de manière plus cohérente, plus dynamique et plus rapide », a déclaré Blume. « Seul celui qui réussit en Chine réussira ailleurs dans le monde. »
Notre avis, par leblogauto.com
Volkswagen mise clairement sur la Chine comme levier stratégique pour ses véhicules électriques et hybrides. L’exportation accrue et la localisation de la R&D montrent une volonté de réduire les coûts et de rester compétitif face à des acteurs locaux comme BYD. La nouvelle architecture électronique et le partenariat avec Xpeng indiquent un virage vers une adaptation fine aux préférences du marché chinois. Cependant, le groupe reste exposé à la volatilité des ventes et à la concurrence intense, ce qui rend la consolidation de sa part de marché à 15 % d’ici 2030 un défi ambitieux mais crucial.
Crédit illustration : VW.
