Volkswagen prépare une vaste restructuration avec moins de modèles, moins d’options et une baisse des capacités de production.
Le groupe Volkswagen prépare une profonde transformation de son organisation afin de répondre aux difficultés auxquelles il est confronté sur plusieurs marchés automobiles. Le constructeur allemand envisage de réduire de moitié sa gamme de modèles, de simplifier fortement les configurations proposées aux clients et de diminuer sa capacité de production. Cette réorganisation, évoquée lors d’une réunion du conseil de surveillance, pourrait également avoir des conséquences importantes sur l’emploi et l’outil industriel, même si plusieurs points restent encore en discussion et n’ont pas été officiellement confirmés.
Une réduction majeure de la gamme et des configurations
Face à une concurrence de plus en plus forte, notamment de la part des constructeurs chinois, Volkswagen estime qu’une réduction de ses coûts et une simplification de son portefeuille de véhicules sont devenues indispensables. Le groupe prévoit ainsi de diminuer de 50 % sa gamme de modèles afin de concentrer ses investissements et ses ressources sur les segments de marché jugés les plus attractifs.
Le constructeur dispose actuellement d’environ 150 lignes de modèles réparties entre ses différentes marques, parmi lesquelles Audi, Bentley, Cupra, Lamborghini, Porsche, Seat, Skoda et Volkswagen Véhicules Utilitaires. À ce stade, aucun détail n’a été communiqué concernant les modèles concernés par cette réduction, ni sur les marques qui seront les plus affectées. Le calendrier de mise en œuvre n’a pas non plus été précisé, laissant entendre une évolution progressive de cette stratégie.
En parallèle, le groupe souhaite simplifier de manière significative les possibilités de configuration de ses véhicules. Les nombreuses combinaisons d’options proposées par les différentes marques sont considérées comme une source importante de complexité industrielle et de coûts de production. Le projet prévoit ainsi une réduction pouvant atteindre 75 % des options de configuration afin de rationaliser la fabrication, d’améliorer l’efficacité des chaînes d’assemblage et de réduire les dépenses opérationnelles.
Une capacité de production revue à la baisse
Cette restructuration ne concerne pas uniquement la gamme de véhicules. Volkswagen prévoit également de réduire sa capacité de production mondiale. Celle-ci passerait d’environ 10 millions de véhicules actuellement à près de 9 millions d’unités. Avant la pandémie, le groupe produisait jusqu’à 12 millions de véhicules, ce qui montre que cette nouvelle baisse s’inscrit dans une tendance engagée depuis plusieurs années.
Selon les informations rapportées par des sources industrielles, les réductions de capacité concerneraient principalement les sites de production situés en Europe et en Chine. Plusieurs usines allemandes seraient potentiellement concernées par des fermetures. Les sites de Hanovre, Emden, Zwickau ainsi que l’usine Audi de Neckarsulm sont évoqués parmi les installations susceptibles d’être touchées.
Toutefois, aucune fermeture d’usine n’a été officiellement annoncée à l’issue de la réunion du conseil de surveillance. La communication du groupe ne confirme ni arrêt de production sur ces sites ni calendrier précis. Les négociations semblent toujours en cours entre les différentes parties prenantes du constructeur automobile.
L’emploi au cœur des négociations
Au-delà des évolutions industrielles, la restructuration pourrait avoir un impact majeur sur l’emploi. Selon des sources du secteur, les besoins de réduction des effectifs auraient fortement augmenté par rapport aux projets évoqués en 2022. Alors que l’ancien dirigeant Herbert Diess souhaitait supprimer 50 000 postes avant son départ, les estimations actuelles évoquent jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois à l’horizon 2035.
Pour l’heure, cette hypothèse n’a pas été validée officiellement par Volkswagen. Le groupe s’est limité à annoncer les grandes orientations de son plan sans confirmer les rumeurs concernant les fermetures de sites ou les réductions d’effectifs. Les discussions entre les différents acteurs du groupe restent ouvertes.
Le contexte de gouvernance rend les arbitrages particulièrement complexes. D’un côté, les familles Piech et Porsche, qui contrôlent les droits de vote via Porsche SE, sont présentées comme favorables à une amélioration rapide de la rentabilité du groupe. De l’autre, les puissants syndicats allemands, notamment IG Metall, ainsi que l’État de Basse-Saxe, également actionnaire de Volkswagen, défendent le maintien de l’emploi et des capacités industrielles.
L’issue de cette vaste restructuration dépendra donc des négociations entre ces différents acteurs. Les décisions qui seront prises dans les prochains mois pourraient redéfinir durablement la stratégie industrielle du groupe Volkswagen, sa gamme de véhicules, son organisation de production ainsi que son positionnement face à une concurrence internationale toujours plus intense.
Notre avis, par leblogauto.com
Le projet présenté marque une évolution stratégique majeure pour Volkswagen, avec une volonté affichée de simplifier sa gamme et son organisation industrielle. À ce stade, plusieurs éléments importants, notamment les fermetures d’usines et les suppressions d’emplois, restent toutefois au stade des discussions ou des informations issues de sources industrielles. Les annonces officielles se concentrent principalement sur la réduction de la gamme, des options de configuration et de la capacité de production. Les prochaines négociations seront déterminantes pour mesurer l’ampleur réelle de cette restructuration.
Crédit illustration : LeblogAuto.com.


6 commentaires
Réduction de 75% des options de configuration, ça ne dérangera peut être pas trop les acheteurs.
Un aspect important du marketing remis en cause. Souhaitons que d’autres constructeurs aient la même idée et que les prix redeviennent un peu plus raisonnable. On peut rêver.
En effet, quand les modèles de base restaient plus accessibles que l’on marge comme des gorets sur les options était tenable… Ça ne l’est plus et pour que VW (et tous les constructeurs allemands derrière?) qui était un spécialiste du genre s’assoie sur cette gagneuse (mais le « à la carte » avait aussi un coût industriel, donc un bénéfice client pas forcément en rapport su surcoût vs qq versions en série avec un équipement bien choisi vs besoins), la situation doit être vraiment grave!
Sinon, ils peuvent recommencer à tricher… après tout, tant que les gens achètent chez LE responsable du tour de vis normatif et réglementaire en Europe…
en effet moins d’options et plus d’équipement ern série ne leur nuira pas. Ils peuvent aussi chercher un bon designer et revoir leur tarif à la baisse, faut vraiment avoir la moelle pour pousser les portes des concessions VW en ce moment.
Les tarifs ça ne compte pas, c’est juste un prix d’appel. Ce qui compte c’est le montant de la location, et l’avantage de VW c’est l’excellente tenue à la cote, comparativement à Skoda par exemple, ce qui diminue les mensualités.
Et puis au moins une VW ça se revend quand elle a des km.
La très grande majorité des acheteurs – pardon : loueurs – demandent du stock, disponible donc. Le véhicule à la carte, c’est pour le premium, enfin ça glisse vers l’ultra luxe.
Mais ne vous trompez pas : ça ne veut pas dire moins d’options, ça veut dire regroupement dans des packs.
Vous voulez un TO ? Ca sera le pack « design confort » avec sièges sport, jantes majorées, vitres surteintées, feux arrières teintés. C’est un exemple bien entendu mais ça se généralise dans le premium. Le TO va vous coûter 2 fois et demi son prix – et même plus parce que les véhicules disponibles auront plusieurs packs montés. On va vous forcer la main.
Simplifier la gamme et les options, c’est un grand classique quand il y a mévente. VW ne fait que suivre une stratégie industrielle vieille comme l’automobile.
Ben ce sont les soldes depuis plusieurs mois pour VW et Seat … c’est sûr que l’auto a 40 000 euros prix catalogue c’est plus facile à solder.