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    VE chinois en Europe : 15 % du marché malgré les tarifs douaniers

    François TessierFrançois Tessier26 mai 202611 commentaires
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    BYD, MG et Chery atteignent 15 % des ventes de VE en Europe malgré les tarifs UE : autonomie, équipement et prix restent leurs armes maîtresses.

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    Les constructeurs automobiles chinois continuent de s’imposer sur le marché européen des véhicules électriques, et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Bloomberg, les marques chinoises ont franchi pour la première fois le seuil record de 15 % des ventes de véhicules électriques en Europe — une performance réalisée malgré les droits de douane imposés par l’Union européenne pour tenter de freiner leur progression. BYD, MG, Chery, Geely et leurs compatriotes continuent d’élargir leur emprise sur un marché automobile européen en pleine mutation, défiant les barrières tarifaires censées niveler un terrain de jeu jugé déséquilibré par les constructeurs européens. Ce cap symbolique des 15 % de parts de marché sur le segment des véhicules zéro émission marque un point d’inflexion dans la compétition automobile mondiale, et soulève des questions fondamentales sur l’efficacité des instruments de politique commerciale européenne face à une industrie automobile chinoise structurellement plus compétitive sur le segment électrique.

    Des atouts qui dépassent le simple argument tarifaire

    La progression des marques chinoises en Europe ne s’explique pas uniquement par leurs prix compétitifs, même si l’accessibilité financière reste un élément central de leur proposition de valeur. La réalité commerciale est plus complexe et plus menaçante pour les constructeurs établis : les constructeurs chinois arrivent désormais sur le marché européen avec une offre globale qui rivalise — et souvent surpasse — ce que les marques européennes proposent à des tarifs équivalents ou supérieurs.

    BYD, MG, Chery, Geely et leurs partenaires élargissent rapidement leurs gammes de véhicules électriques et leurs réseaux de distribution sur le continent, offrant aux acheteurs une combinaison d’arguments qui fait mouche : une autonomie élevée sur une seule charge, un niveau d’équipement généreux intégrant les dernières technologies embarquées, des versions hybrides rechargeables pour les acheteurs hésitant encore à passer au tout électrique, et des cycles de développement de nouveaux modèles significativement plus courts que ceux de leurs concurrents européens ou japonais.

    Les données de JATO Dynamics confirment cette dynamique : en avril 2025, les immatriculations de véhicules électriques d’origine chinoise en Europe avaient progressé de 59 % en glissement annuel — un rythme de croissance qui surpasse largement celui de l’ensemble du marché des véhicules électriques sur le Vieux Continent, et ce malgré l’entrée en vigueur des droits de douane de l’Union européenne. Cette statistique illustre de manière éloquente l’incapacité des mesures tarifaires à combler le fossé de compétitivité qui sépare les constructeurs chinois de leurs rivaux européens sur le segment des véhicules à batterie.

    Pour les constructeurs européens, c’est un signal d’alarme difficilement ignorable. Alors qu’ils investissent des milliards d’euros dans le développement de nouvelles plateformes électriques dédiées, leurs rivaux chinois arrivent sur le marché avec des batteries matures, des logiciels embarqués avancés et des cycles de conception et de mise en production raccourcis qui leur permettent de renouveler leur offre à un rythme que les processus industriels européens peinent à égaler. C’est la raison pour laquelle Stellantis, Volkswagen et d’autres grands groupes automobiles européens cherchent de plus en plus à utiliser la Chine non plus seulement comme marché de débouchés, mais comme base de fabrication et de développement technologique — une évolution stratégique révélatrice de l’ampleur du rééquilibrage en cours dans l’industrie automobile mondiale.

    Les tarifs européens : une réponse insuffisante face à l’écart de compétitivité

    L’imposition de droits de douane supplémentaires par l’Union européenne sur les véhicules électriques fabriqués en Chine visait à corriger ce que Bruxelles considérait comme un avantage compétitif artificiel, alimenté par des subventions publiques massives accordées par le gouvernement chinois à son industrie automobile. L’objectif était double : freiner la pénétration des marques chinoises sur le marché européen et donner aux constructeurs locaux le temps de renforcer leur compétitivité sur le segment électrique.

    Force est de constater que l’efficacité de ces mesures reste limitée. Les droits de douane n’ont pas réussi à effacer l’écart fondamental qui constitue le principal avantage des véhicules électriques chinois aux yeux des acheteurs européens : l’accessibilité financière. Lorsqu’un consommateur compare le prix d’achat, le niveau d’équipement de série et l’étendue de la garantie constructeur, l’origine géographique de la marque passe au second plan dans sa décision d’achat. Cette réalité comportementale est particulièrement marquée sur le segment des véhicules électriques, où la fidélité aux marques traditionnelles à motorisation thermique ne joue plus le même rôle prescripteur que dans l’univers des véhicules à combustion interne.

    La pression tarifaire a certes alourdi les coûts d’importation des véhicules électriques chinois, mais la compétitivité structurelle de l’industrie automobile chinoise — intégration verticale des chaînes d’approvisionnement en batteries, écosystème de sous-traitants dense et réactif, coûts de main-d’œuvre contenus, soutien public à la recherche et au développement — lui confère une marge de manœuvre suffisante pour absorber une partie de ces surcoûts sans renoncer à son positionnement tarifaire agressif sur le marché européen.

    Un nouveau rapport de force qui s’installe durablement

    Si la part de marché des véhicules électriques chinois en Europe devait se stabiliser autour du niveau record de 15 % nouvellement atteint, le secteur automobile européen serait confronté à une transformation durable de son paysage concurrentiel, et non à une simple perturbation passagère. Ce niveau de présence constituerait un nouveau rapport de force entre les constructeurs européens et leurs concurrents chinois — un rapport dans lequel l’Europe ne défendrait plus simplement son marché automobile contre une offensive extérieure, mais apprendrait à rivaliser sur son propre terrain face à des acteurs qui ont fondamentalement changé les règles du jeu sur le segment électrique.

    Cette réalité pousse les constructeurs européens à reconsidérer leurs modèles industriels et leurs stratégies de développement produit. L’accélération des cycles de conception, la réduction des coûts de production des batteries grâce à des partenariats avec des fabricants asiatiques, et le recours croissant aux capacités industrielles chinoises comme levier de compétitivité sont autant de réponses que les groupes comme Stellantis et Volkswagen expérimentent pour tenter de combler leur retard compétitif sur le segment des véhicules à batterie face à BYD et ses compatriotes.

    Notre avis, par leblogauto.com

    Le franchissement du seuil des 15 % de parts de marché des véhicules électriques chinois en Europe confirme que les droits de douane imposés par l’Union européenne ont certes alourdi les conditions d’accès au marché, mais n’ont pas suffi à neutraliser les avantages compétitifs structurels des constructeurs chinois sur le segment électrique. La croissance de 59 % des immatriculations de VE chinois en Europe en avril 2025 malgré les tarifs, telle que rapportée par JATO, est un indicateur objectif de l’insuffisance des seules mesures tarifaires pour rééquilibrer la compétition. Le fait que Stellantis et Volkswagen utilisent désormais la Chine comme base de fabrication et de développement technologique — et non plus seulement comme marché — illustre l’ampleur du renversement stratégique en cours dans l’industrie automobile européenne. Enfin, la tendance des acheteurs européens à privilégier le rapport prix-équipement sur l’origine de la marque dans leurs décisions d’achat de véhicules électriques constitue un défi de fond pour les constructeurs traditionnels, dont la fidélité de clientèle reposait historiquement sur des décennies de présence dans l’univers thermique.

    Crédit illustration : macelectricco.

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    François Tessier

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    11 commentaires

    1. amiral on 26 mai 2026 17h10

      je pense qu’il faut faire comme les etats unis : des droits de douane prohibitifs et une restriction sur les contenus des voitures : par exemple forte taxation en cas de plus de 15% de la valeur de la voiture fabriquée en chine.
      Certes nos constructeurs ont été mauvais et les chinois (aidés par le gouvernement) bons, mais on ne peut pas laisser tomber notre industrie qui pèse lourd dans l’économie européenne.
      Les nouvelles bmw ou mercedes sont au niveau voire au dessus de toutes les voitures chinoises, mais ça ne suffira pas à contrer le ras de marée qui se profile.
      Et il faut taxer/mettre des batons dans les roues des constructeurs chinois qui fabriquent en europe (BYD) ou qui passent par des constructeurs européens (stellantis à Rennes).
      Le marché européen a passé son pic d’achat de voitures, faisons tout pour sauver nos constructeurs
      L’avenir de l’UE doit etre patriotique!

      Reply
      • SGL on 26 mai 2026 19h10

        N’a-t-on pas déjà perdu la bataille !? @amiral
        Les Chinoises sous contrôle de Stellantis ne sont ils pas un moindre mal ?
        Tavares la voulut … et Filosa ne fait rien de contraire justement… Alors qu’il est un « anti-politique de Tavares » officiellement.

        Reply
        • amiral on 27 mai 2026 12h12

          on l’a pas perdue, mais la Chine fait tout pour la gagner (et ils ont raison)
          Objectivement tsla reste au dessus du lot
          en dessous BMW et mercedes font mieux que les chinois
          Chez les chinois Xpeng est sans doute le meilleur mais globalement techniquement médiocre. Le seul point fort est la recharge (ce qui n’est pas rien)
          BYD, MG, etc, c’est très moyen (en étant gentil)
          Mais comparé aux généralistes renault, VW, stellantis ils sont redoutables
          Il faut protéger notre marché et nos constructeurs

          Reply
    2. SGL on 26 mai 2026 19h19

      Une politique 100 % européenne électrique.
      Il aurait fallu commencer en 2015.
      A la méthode chinoise
      De la mine à la route.
      Contrôler toute la suplly chain des matériaux et une vraie politique nucléaire +ENR Européenne.
      Maintenant, je suis découragé pour l’Europe.
      Nous sommes peut-être obligées de coopérer avec les Chinois… les Américains sont out parce qu’ils repartent avec une mentalité d’avant les années 1970… Du suicide à tous les points de vue.
      Ils changeront radicalement dans 4 ans… Mais cela ne serait pas trop tard ?
      L’avance des Chinois est déjà considérable !

      Reply
      • amiral on 27 mai 2026 12h14

        C’est pourtant la stratégie de l’UE: 100% électrique en 2035
        Carlos Ghosn l’avait compris avant la stratégie européenne, les acheteurs n’ont pas été au rendez vous
        Il y a un an encore pas mal de monde doutait des 100% électriques en 2035
        Aujourd’hui on peut affirmer qu’on sera à 100% bien avant 2035

        Reply
        • SGL on 27 mai 2026 18h49

          Les Allemands feront tout pour décaler ou faire des multiples exceptions.
          Ce sont eux qui mènent l’Europe, malheureusement.
          On le remarque sur plein de domaines…

          Reply
          • amiral on 28 mai 2026 10h51

            à la difference des constructeurs Français, les constructeurs allemands exportent dans le monde entier (mercedes, porsche, bmw, etc) , donc ils demandent logiquement à pouvoir continuer à exporter. Il ne faut pas y voir le mal. De toutes façons en 2035 peu de pays continueront d’acheter des voitures thermiques.

            Reply
    3. AlexGH on 28 mai 2026 9h29

      3% en France
      3% en Allemagne
      4% en Belgique
      5% en Autriche
      4% en Irlande
      6% Portugal
      (11% au Royaume Uni)

      D’apres Reuters 2026 c’est moins de 9% du marche EU…. le blogauto est il encore un media fiable ou repete seulement la propagande chinois… Premiere page du blogauto du 5 articles sur 8 sont des articles sur des vehicules chinois.

      Reply
    4. AlexGH on 28 mai 2026 9h39

      3% en France
      3% en Allemagne
      4% en Belgique
      5% en Autriche
      4% en Irlande
      6% Portugal
      (11% au Royaume Uni)

      D’apres Reuters 2026 c’est moins de 9% du marche EU…. le blogauto est il encore un media fiable ou repete seulement la propagande chinois… Premiere page du blogauto du 5 articles sur 8 sont des articles sur des vehicules chinois.

      Reply
    5. AXSPORT on 29 mai 2026 19h43

      HS

      https://www.automobile-magazine.fr/insolite/article/52045-leurope-veut-imposer-le-vehicule-electrique-mais-ses-propres-deputes-sagacent-dun-simple-arret-recharge

      Hors sol les mecs

      Reply
    6. Steff87 on 30 mai 2026 15h02

      Je vais nuancer un peu tes propos sur les usa.

      1. L’économie des usa est moins dépendante de l’automobile que celle de l’UE.

      2. Leur économie centrée autour de la tech est très articulée avec l’économie chinoise et asiatique en général.
      Comme les chinois, les américains pensent stratégique.

      3. L’économie américaine repose sur l’attraction d’une main d’oeuvre qualifiée. Sans immigration, l’économie américaine n’existe pas. Cest littéralement un aimant à cerveau du monde entier.

      4. Les usa ne sont pas pressés en interne par un virage électrique

      Le pays est énorme avec une faible densité de population et d’énormes distances. Et un modèle de gouvernance où l’état injecte moins dans les infrastructures que les chinois ou européens. Ils ont par exemple un gris retard dans les tgv.

      L’ectrification aux usa se fait à l’échelle étatique (Californie par ex) et pas fédéral.
      Dans certains états avec une très faible densité de population, des distances énormes entres villes, l’habitant local en chapeau cowboy qui va se tapper 700 bornes pour une vente aux enchères de buffle n’est pas la cible des électriques.
      Et en plus ils ont du pétrole in situ

      Chaque zone a une pensée multidimensionnelle par rapport à ses besoins.

      Pour la Chine, c’est différent
      L’électrification a été pensé d’abord pour répondre à des besoins internes. Décongestionner la pollution des villes. Et ne pas être dépendant des énergies fossiles.

      Mais les chinois ne comptent que sur l’électrique.
      Le premier exportateur chinois au monde (groupe cherry) vend pour 90% de thermiques (hybrides et non hybrides)

      Donc chaque zone du monde a sa vision stratégique. Ses contraintes internes, ses defisz ses forces.

      Les chinois, les américains, les indiens et les états en général ont pour fonction d’abord d’assurer leurs besoins stratégiques internes. Cest précisément le rôle d’un état.

      l’UE a ses forces et faiblesses et il faut arrêter de se victimiser.
      L’UE a aussi vidé le bassin méditerranéen de sa main d’oeuvre ce qui ralentit l’émergence de ces pays.
      Mais il y a des logiques industrielles à faire.
      Tout comme la Chine repose sur son voisinage, l’UE pourrait en faire de même

      Le Maroc vient de devenir la première puissance industrielle d’Afrique. C’est un levier pour les industriels français mais ils ne seront pas seuls.
      Le problème fondamental restera que la natalité s’est effondré dans le Maghreb.
      Eux même importent leur main d’oeuvre d’Afrique sub saharienne

      Tu l’as compris, il faut une pensée stratégique. Pas nécessairement antagoniste

      Reply
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