Renault appuie l’exigence de pièces locales pour les véhicules électriques, tout en avertissant l’UE de ne pas fixer des seuils inatteignables.
Renault favorable au contenu local, mais prudent sur les objectifs
Renault soutient la volonté française d’imposer davantage de pièces d’origine européenne dans les véhicules électriques vendus sur le continent, mais l’entreprise met en garde contre le risque de fixer des exigences trop élevées pour les constructeurs. Alors que l’Union européenne réexamine l’interdiction prévue en 2035 des ventes de voitures neuves à moteur thermique, Paris propose d’imposer un seuil de 75 % de contenu local — en valeur — pour les véhicules électriques. Cette mesure vise à renforcer la souveraineté industrielle et à réduire la dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement étrangères, notamment asiatiques.
Josep Maria Recasens, directeur de la stratégie de Renault, confirme que le groupe soutient cette orientation, tout en appelant à une approche plus nuancée. Selon lui, les batteries — composant le plus coûteux d’un véhicule électrique — sont encore majoritairement produites hors d’Europe. Ce poids structurel rendrait très difficile l’atteinte d’un seuil de 75 % pour les modèles électriques.
Une proposition alternative : une règle de contenu local élargie
Pour Renault, plutôt que de cibler exclusivement les véhicules électriques, l’UE devrait adopter une exigence de contenu local de 60 % applicable à l’ensemble des véhicules de tourisme, y compris les modèles thermiques. Cette approche permettrait, selon Recasens, d’équilibrer les contraintes et de rendre les objectifs plus accessibles à l’industrie automobile européenne.
Il estime qu’une fois la flotte automobile prise dans son ensemble — thermiques, hybrides et électriques — la réalisation d’un tel seuil devient « réalisable ». Recasens met également en avant la nécessité de tenir compte des réalités industrielles : l’Europe reste dépendante des importations pour de nombreux composants essentiels, en particulier ceux liés aux batteries et aux matériaux critiques.
Ce débat intervient alors que la Commission européenne examine différentes options pour alléger la pression sur les constructeurs. Certains États membres, dont l’Allemagne et l’Italie, militent pour un assouplissement du calendrier d’interdiction des moteurs thermiques. Une décision initialement attendue le 10 décembre pourrait être retardée, alors que Bruxelles travaille sur un plan de secours pour l’industrie.
Dépendance aux matériaux critiques et concurrence chinoise
Le lobbying de Renault s’inscrit aussi dans un contexte géopolitique tendu. La dépendance de l’Union européenne envers la Chine pour les matériaux critiques — notamment les terres rares utilisées dans les moteurs électriques — reste une source d’inquiétude. Recasens plaide pour la mise en place d’un « pool de matières premières » géré par le bloc afin d’aider les constructeurs européens à sécuriser leurs approvisionnements. Il rappelle qu’un récent différend autour de Nexperia BV, fabricant néerlandais de puces contrôlé par un groupe chinois, a souligné cette fragilité stratégique.
Dans le même temps, les constructeurs européens doivent composer avec une concurrence chinoise accrue sur le marché européen. BMW, par exemple, souligne que les constructeurs chinois expédiant des hybrides rechargeables vers l’Europe ne sont pas soumis aux mêmes taxes que les véhicules électriques produits en Chine, alors que le groupe allemand fait face à des droits pouvant atteindre 31 %.
Recasens va plus loin et estime que les constructeurs chinois considèrent déjà les marques européennes comme dépassées : « Les Chinois nous ont déjà rayés de la carte », affirme-t-il, tout en se disant déterminé à démontrer que « le vieux monde peut se transformer ».
Enfin, il suggère que les véhicules commerciaux bénéficient d’une exception à l’interdiction de 2035 et appelle à prolonger de trois à cinq ans le mécanisme permettant aux constructeurs de mettre en banque et d’emprunter des crédits d’émission, un outil clé dans la gestion de leur transition énergétique.
Notre avis, par leblogauto.com
La position de Renault illustre la tension entre ambition industrielle européenne et faisabilité opérationnelle pour les constructeurs. L’idée d’un contenu local renforcé répond aux enjeux de souveraineté, mais les réalités de production, notamment pour les batteries, compliquent l’équation. Le débat sur la règle de contenu local révèle aussi les risques liés à la dépendance envers la Chine. Enfin, les ajustements demandés par Renault montrent que l’industrie cherche à sécuriser sa transition sans compromettre sa compétitivité.
Crédit illustration : Renault.

« le contenu local » … Trés bonne initiative !
Il ne faudrait pas que les Renault deviennent (aussi) trop chinoises… Comme les groupes VW et Stellantis.
Nexperia BV était une division de Philips…. avant. Bruxelles a laisser s’installer le chaos …. on l’a.
Ceux qui dirigent Bruxelles – sont élus – par les citoyens de la zone euros .Nexperia est Chinois , les européens l’ont voulu.
Le tout est de ne pas trop mentir aux citoyens européens maintenant … ce n’est pas le cas .
C’est comme la fermeture de Brandt en ce moment ,c’est une société française d’électroménager, filiale du Groupe Brandt !!!! ???? . ( 100 journalistes , 100 chaines de TV etc etc 100 menteurs…. ) pour ne pas dire : C’est Algérien, notre ministre PS de l’Économie PS Arnaud Montebourg s’en est débarrassé avec reprise par Cevital , le propriétaire est multi milliardaire Algérien , Isaad Rebrab , une des 10 plus grosse fortune d’Afrique. ….
Brandt gagne de l’argent , l' »algérien » gagne de l’argent , c’est bien ça …
Brandt perd de l’argent , mais c’est la faute des Français….. pas du proprio Algérien ….