Quand l’électrique fait verdir le marché automobile britannique

Au Royaume-Uni, l’essor des véhicules électriques modifie les goûts automobiles, avec un retour marqué de la couleur verte dans les ventes.

Le marché automobile britannique connaît une évolution aussi discrète que révélatrice : la couleur des voitures vendues change sous l’effet de la transition vers les véhicules électriques. Selon les données publiées par la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), l’organisme professionnel du secteur automobile au Royaume-Uni, les ventes de voitures vertes ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis vingt ans. Un phénomène directement lié à la montée en puissance des motorisations électrifiées et à leur association croissante avec les enjeux environnementaux.

Une couleur longtemps marginale qui revient sur le devant de la scène

Traditionnellement, la couleur des véhicules n’est pas considérée comme un indicateur économique majeur. Pourtant, elle constitue un marqueur intéressant des préférences des automobilistes et des tendances du marché automobile. Ces dernières années, les acheteurs britanniques, à l’image de nombreux marchés européens, privilégiaient largement des teintes sobres et consensuelles, dominées par différentes nuances de gris. Cette uniformisation avait même suscité des réactions dans l’industrie, certains constructeurs appelant à un retour de couleurs plus expressives et plus joyeuses.

Dans ce contexte dominé par des palettes neutres, le vert faisait figure de choix marginal. La situation évolue toutefois rapidement. En 2025, près de 99 793 voitures vertes ont été immatriculées au Royaume-Uni, soit une progression de 46,3 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse permet à la couleur verte de représenter désormais près de 5 % de l’ensemble des ventes de voitures neuves sur le marché britannique, un niveau inédit depuis deux décennies.

Le rôle central de l’électrification du parc automobile

La SMMT attribue largement ce regain d’intérêt pour la couleur verte à la transition énergétique en cours dans l’automobile. Les véhicules électrifiés, qu’il s’agisse de voitures électriques à batterie, de modèles hybrides électriques ou de véhicules hybrides rechargeables, ont atteint l’an dernier une part de marché supérieure à 48 % au Royaume-Uni. Cette progression s’inscrit dans le cadre d’un programme national ambitieux visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2035.

Pour de nombreux automobilistes britanniques, la couleur verte est désormais perçue comme un symbole visuel de la décarbonisation et de l’engagement environnemental. Cette association entre teinte extérieure et motorisation propre semble influencer directement les choix à l’achat. Les ventes de véhicules électriques à batterie peints en vert ont ainsi presque doublé, atteignant 23 249 unités sur l’année, selon les chiffres communiqués par la SMMT.

Ce phénomène illustre la manière dont les considérations écologiques dépassent la seule question de la motorisation pour s’étendre à l’image globale du véhicule. Le design automobile, les finitions et les couleurs deviennent des vecteurs d’expression des valeurs environnementales revendiquées par les conducteurs.

Des constructeurs attentifs aux nouvelles attentes des acheteurs

Face à ces évolutions, les constructeurs automobiles adaptent progressivement leur offre. « Les fabricants réagissent en élargissant les gammes de modèles, les couleurs et les finitions », a déclaré Mike Hawes, directeur général de la SMMT. Cette diversification vise à répondre à une clientèle de plus en plus attentive à la cohérence entre technologie, esthétique et engagement environnemental.

Malgré cette percée du vert, les couleurs traditionnelles conservent une place dominante sur le marché britannique. Le gris reste la teinte la plus populaire pour la huitième année consécutive, confirmant son statut de valeur sûre dans l’automobile. Il est suivi du noir, particulièrement prisé pour les voitures de direction, puis du bleu et du blanc. Ces couleurs continuent d’incarner une forme de sobriété et de polyvalence recherchée par une large part des acheteurs.

L’essor du vert ne remet donc pas en cause l’équilibre global du marché, mais il témoigne d’une diversification progressive des choix esthétiques, portée par la transformation technologique du parc automobile.

Notre avis, par leblogauto.com

La progression des ventes de voitures vertes au Royaume-Uni illustre l’impact culturel de l’électrification automobile au-delà des seules données techniques. La couleur devient un marqueur visible de la transition énergétique et de l’engagement environnemental des conducteurs. Si les teintes neutres dominent toujours largement, cette évolution montre que les préférences esthétiques peuvent accompagner les mutations profondes du marché automobile. Reste à voir si cette tendance s’inscrira durablement dans le temps ou si elle restera liée à la phase actuelle de transition.

Crédit illustration : MG.

Un commentaire

  1. Il y a vert et vert, et le vert des voitures actuelles tient plus du vert de gris que du vert printanier.
    L’inspiration tient plus de la situation internationale que de velléités écologiques.
    De toute façon, ma grand-mère disait toujours qu’il ne fallait pas choisir une voiture de couleur verte : ça porte malheur !
    En passant curieuse illustration : une montagne vient de pousser au RU ? 😉

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