En pleine crise en Chine, Porsche anticipe une lourde perte d’exploitation et mise sur un nouveau PDG pour relancer sa stratégie électrique.
Porsche traverse une période de turbulence inédite. Le constructeur allemand, symbole de performance et de luxe, s’apprête à publier une perte d’exploitation majeure alors qu’il prépare la transition vers un nouveau leadership. Son PDG sortant, Oliver Blume, qui quittera la direction de Porsche après dix ans de mandat, doit encore présenter un rapport trimestriel qui s’annonce particulièrement difficile.
Le 24 octobre, la marque de Stuttgart devait annoncer une perte d’exploitation estimée à 611 millions d’euros pour le troisième trimestre 2025, selon les prévisions de quinze analystes compilées par Visible Alpha. À titre de comparaison, Porsche affichait encore un bénéfice de 974 millions d’euros à la même période l’an dernier. Cette chute vertigineuse, marquée par une baisse de rentabilité et des coûts exceptionnels, reflète près de 1,8 milliard d’euros de dépenses liées aux retards accumulés dans le déploiement de ses modèles électriques.
Une conjoncture défavorable entre Chine et États-Unis
Les difficultés de Porsche trouvent leurs racines dans une conjoncture mondiale défavorable. Le constructeur subit de plein fouet la récession du marché chinois, son plus important débouché, où les ventes ont reculé de plus de moitié. Sur les neuf premiers mois de 2025, seules 32 195 voitures ont été livrées en Chine, contre plus du double sur la même période en 2022. Parallèlement, les tensions commerciales avec les États-Unis et la hausse des droits de douane sur les importations automobiles exercent une pression supplémentaire sur la marque.
Cette situation a fortement érodé la valeur de Porsche depuis son introduction en bourse en 2022 : le constructeur a perdu environ la moitié de sa capitalisation. Les marges, qui atteignaient 18 % au moment de l’IPO, se limitent désormais à 2 % selon les estimations pour cette année.
Le défi de la transition électrique
Au-delà de la conjoncture, Porsche doit affronter un défi structurel : réussir sa transition vers le véhicule électrique. Dans le segment des voitures de sport de luxe, cette mutation s’avère complexe. Les clients, historiquement attachés aux moteurs thermiques puissants et à la sonorité emblématique des modèles Porsche, restent hésitants face aux versions électriques.
Ingo Speich, de Deka Investment, l’un des principaux investisseurs institutionnels de la marque, résume la situation : « Porsche doit reconquérir les consommateurs en Chine et habituer les acheteurs à ses moteurs à essence rugissants pour qu’ils adoptent les voitures électriques. » La question, selon lui, est de savoir si le nouveau patron parviendra à inscrire Porsche durablement dans l’ère électrique.
Michael Leiters, un nouveau patron pour relancer la marque
Pour redresser la situation, Porsche a nommé Michael Leiters, ancien PDG de McLaren et ex-dirigeant chez Ferrari. Son arrivée en janvier 2026 symbolise une volonté de renouer avec l’esprit de performance et d’innovation qui a fait la réputation de la marque. Son expérience dans les supercars britanniques et italiennes pourrait donner un nouvel élan à la stratégie de Porsche.
Leiters devra cependant affronter une tâche colossale. Le plan de restructuration en cours prévoit la suppression de 1 900 emplois dans les prochaines années, en plus de 2 000 licenciements de travailleurs temporaires déjà actés cette année. Un second plan social est également en négociation. Selon Pal Skirta, analyste de la banque Metzler, la réparation de Porsche pourrait s’étaler sur trois à cinq ans avant d’atteindre de nouveaux équilibres.
Une marque à reconstruire sur son marché clé
Le marché chinois, autrefois moteur de croissance pour Porsche, est désormais son plus grand défi. D’après Tu Le, fondateur du cabinet Sino Auto Insights, « Porsche n’est plus la marque à posséder sur le marché le plus important du monde ». Il estime que la marque devra repenser en profondeur son positionnement pour retrouver de la valeur aux yeux des consommateurs chinois.
Si Porsche semble capable de supporter les droits de douane américains actuels de 15 %, le véritable enjeu réside dans sa capacité à créer une offre électrique qui suscite l’émotion et l’exclusivité propres à son ADN. L’objectif affiché par Oliver Blume d’un « nouvel élan positif à partir de 2026 » laisse entrevoir une stratégie de redressement à long terme, mais les analystes demeurent prudents.
Les prochaines années seront donc cruciales pour le constructeur, qui devra concilier rentabilité, innovation technologique et désirabilité sur des marchés en mutation rapide.
Notre avis, par leblogauto.com
Porsche aborde un virage délicat de son histoire. Le départ d’Oliver Blume et l’arrivée de Michael Leiters marquent la volonté de redéfinir la stratégie d’une marque emblématique en perte de vitesse. Le constructeur devra prouver sa capacité à allier performance et électrification sans renier son héritage. Sa réussite dépendra de sa faculté à séduire de nouveau la clientèle chinoise et à stabiliser ses marges, aujourd’hui fragilisées par une conjoncture mondiale tendue.
Crédit illustration : Porsche.

Le VE ne s’est pas développé aussi si vite que prévu…
Par rapport à des décisions globales de l’ordre de 5 années
15 ou 20 % pour faire… Après que le Macan uniquement 100 % VE … est évidemment une erreur !
… sauf que le dire que maintenant, c’est un peu facile.
Forcement entre moins de 10 % de VE en 2020 et 100 % en 2035… il y a beaucoup de phases intermédiaires entre les deux… Comme 30 %, 50 %, 70 %, etc.
Stellantis est train de rétropédaler… Apparemment, Renault passerait aussi par des VE sur la base de plateforme multi-énergies pour ses futurs modèles !? … Et aussi avec l’introduction d’un moteur thermique comme prolongateur d’autonomie, pour les gros modèles actuels ?
Xiaomi a flingué Tesla, Mercedes, Audi, BLW et Porsche en Chine …
Maextro, Denza et Xiaomi proposent mieux pour moins cher …
Attention tout de même, L’Allemagne est dans une période charnière et essaye par tous les moyens de flinguer 2035. Les entreprises sont capables ‘d’ajuster » (par une dépréciation d’actifs par exemple) leur résultats pour influer sur des décisions comme une délocalisation, un plan de licenciement, une décision politique.
c’est assez facile d’accuser l’électrification quand en parallèle une boite comme Tesla est capable de sortir 18% de résultats.
Ce type d’ajustement de façade ne s’accompagne pas de stratégies tous azimut de « réparation industrielle » sur 3 à 5 ans car on a misé sur un cheval qui n’a pas tenu sa cote.
Les clientèles de ces 2 marques sont disjointes et même si l’électrique rebat les cartes de la performance pure, pour cette dernière elle ne dure guère: Le plaisir bien construit et durable contre le quickie en résumé.
Au rythme ou Musk s’est reproduit, Tesla marque de lapins?!!
En effet, on peut penser que Porsche fait des voitures qui durent. C’était vrai du temps de la 911/928/964 et dans une moindre mesure du Boxter, des voitures durables et avec une côte stable pendant des décennies.
Tesla fait du déplaçoir, efficace, froid, sans âme mais qui peut mettre un vent à une Porsche sur la route.
la finition est secondaire certes, mais on en a pour son argent et quand la bagnole à rendu son service, direction le recyclage.
Porsche n’est plus un fabricant d’exception.
Depuis l’arrivée des SUVs et aussi des berlines m^me luxueuses, Porsche est comme les autres, obligé de renouveler souvent, ce qui va démoder les modèles précédents et donc faire perdre leur valeur. La Taycan et son esthétique particulière y contribue également, et en plus on peut ajouter les performances qui sont accessibles désormais par le premier constructeur venu qui sort des kW sans aucun souci grace aux électrons, ce qui était auparavant l’apanage des marques de sport:luxe comme Porsche.
En plus, il semblerait que certains constructeurs asiatiques proposent des véhicules aussi bien finis que les Porsche.
Que reste t-il à Porsche? la 911 thermique, la seule qui n’ai jamais été vraiment challengée, qui ne sera pas suffisante à Porsche pour afficher des +15% de résultat
Pas possible de comparer Tesla a Porsche. Tesla l’a « facile » : ils n’ont que des véhicules full élec a développer. Les constructeurs historiques doivent décider comme découper leurs investissements entre thermique, hybride et full-elec, c’est une gageure dans une période ou l’adoption du VE par les clients traine et les normes évoluent.
Il y a des choix à faire et l’incertitude est grande, donc les risques élevés…
l’europe qui détruit son industrie a vitesse grand V
renault se porte très bien
L’usine tesla à Berlin peine à suivre la demande
@jean, ce sont les ventes de VT qui baisse le plus !
Les VE augmentent, pas assez vite, à cause de l’offre tardive, mais il faut les deux pour le moment… et les gens ne veulent pas acheter maintenant. (et c’est logique.)
@amiral, effectivement, il y a des très bons signes pour Renault en ce moment … Mais Stellantis à augmenter leurs ventes de près de 12 % en septembre
la taycan n’est pas très belle, très grosse, 4 places, je trouve son positionnement un peu étrange. Donc des ventes en berne
Ce que tout le monde attend c’est une sportive cool, décapotable, comme les boxter ou 911. MG l’a fait avec la cyberster, ça aurait du etre porsche à faire cette voiture !
De plus il y a un phénomène inattendu : les acheteurs de sportives veulent (pour beaucoup) une mécanique noble avce son bruit travaillé. Porsche (et les autres constructeurs de voitures de sport) s’est pris un mur sur ce point. Je comprends que les stratégistes soient paumés
Ils doivent espérer que leurs suv se vendent bien, c’est possible (pas les memes acheteurs)
L’émotion électrique est encore à améliorer , avec comme piste ce que fait la Hyundai 5n…
Le VE est parfait pour remplacer l’usage quotidien de la voiture dans 99 % des cas…
Pour le plaisir et le luxe, le VT à encore une longue vie avant d’être ringardisé… Mais cela va devenir un luxe !
Porsche ne peut pas négliger le VT pour le moment… Et au moins jusqu’à 2035.
Au rythme actuel, Porsche ne sera plus là en 2035. Ou juste un nom racheté par un chinois.