Codelco et SQM s’allient pour faire du Chili un leader mondial du lithium, avec une production accrue et un impact environnemental réduit.
La coentreprise formée par Codelco et SQM ambitionne de repositionner le Chili au cœur de la production mondiale de lithium, un métal stratégique pour l’industrie automobile et la transition énergétique. Baptisé NovaAndino Litio, ce partenariat public-privé associe le géant chilien des métaux, principalement connu pour son activité dans le cuivre, et l’un des principaux fournisseurs mondiaux de lithium. L’objectif affiché est clair : devenir le premier producteur mondial de lithium, en combinant volumes élevés, coûts maîtrisés et réduction de l’empreinte environnementale, dans un contexte de demande croissante portée notamment par les véhicules électriques et le stockage d’énergie.
Une alliance stratégique autour du Salar de Atacama
Le projet repose sur l’extension et l’optimisation de l’exploitation du Salar de Atacama, déjà reconnu comme le plus grand complexe de saumure de lithium au monde. NovaAndino Litio prévoit de soumettre une proposition aux autorités de régulation au cours de l’année prochaine afin d’augmenter la production actuelle du site exploité par SQM. Selon les déclarations de Maximo Pacheco, président de Codelco et futur président du conseil d’administration de la coentreprise, aucun objectif chiffré précis n’a encore été communiqué, mais l’ambition industrielle est assumée.
Actuellement, la production annuelle avoisine les 230 000 tonnes métriques de lithium. Cette montée en puissance est envisagée à un moment où le marché mondial commence à sortir d’une phase de surabondance prolongée. Après un pic historique des prix en 2022, les cours du lithium restent sous pression, même si les perspectives de demande demeurent solides, en particulier pour l’automobile électrique, les batteries lithium-ion et les solutions de stockage à grande échelle.
Nouvelles technologies et enjeux environnementaux
L’un des axes centraux de la stratégie de NovaAndino Litio réside dans le déploiement de technologies d’extraction directe du lithium. Ces procédés sont présentés comme un moyen d’augmenter la production tout en limitant les impacts environnementaux, un enjeu crucial dans une région sensible comme le désert d’Atacama. L’utilisation plus efficiente des ressources, la réduction de la consommation d’eau et la maîtrise des rejets figurent parmi les priorités affichées du projet.
Pour Codelco, cet accord marque une diversification majeure. Historiquement centré sur le cuivre, pilier de l’économie chilienne, le groupe public fait ainsi son entrée dans la filière du lithium, métal devenu indispensable à l’industrie automobile mondiale, notamment pour la fabrication de batteries destinées aux voitures électriques et hybrides rechargeables.
Un projet au cœur de la stratégie politique chilienne
La création de cette coentreprise s’inscrit dans la politique menée par le président sortant Gabriel Boric, visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources stratégiques, en particulier le lithium. Le Chili cherche à regagner des parts de marché face à la concurrence accrue de pays comme l’Australie et l’Argentine, qui ont su accroître rapidement leurs capacités de production ces dernières années.
À partir de 2030, Codelco détiendra 50 % de la coentreprise, plus une action, ce qui lui conférera une majorité capitalistique. D’ici là, SQM conservera le contrôle opérationnel des activités. Cette gouvernance progressive vise à assurer une transition en douceur tout en sécurisant les intérêts stratégiques de l’État chilien.
Des obstacles juridiques et un contexte concurrentiel tendu
Malgré ces ambitions, le projet doit encore surmonter plusieurs obstacles. Tianqi Lithium Corp., groupe chinois et actionnaire clé de SQM, tente de bloquer ou de suspendre certains aspects du partenariat devant la Cour suprême du Chili. L’entreprise estime notamment qu’un tel accord aurait dû être soumis au vote des actionnaires. Par ailleurs, le régulateur antitrust chinois a récemment accordé une autorisation conditionnelle à la coentreprise, exigeant le respect des contrats existants et un approvisionnement équitable des clients chinois.
Sur le plan concurrentiel, NovaAndino Litio devra composer avec des acteurs déjà bien implantés. Albemarle Corp., autre producteur présent au Chili, a longtemps occupé la première place mondiale. Le groupe Rio Tinto s’est également renforcé dans le lithium, tandis que les groupes chinois Ganfeng Lithium et Tianqi ont développé des capacités significatives à l’échelle internationale.
Notre avis, par leblogauto.com
Cette coentreprise illustre le rôle central du lithium dans la transformation de l’industrie automobile mondiale. En misant sur des volumes élevés et des technologies d’extraction plus responsables, le Chili cherche à consolider sa position dans une chaîne de valeur stratégique pour les véhicules électriques. Le projet reste toutefois dépendant de l’évolution des prix du lithium et de la résolution des obstacles juridiques. Il confirme enfin la montée en puissance des enjeux géopolitiques autour des matières premières indispensables à la mobilité électrique.
Crédit illustration : miningdigital.

Des groupes chinois en Amerique de Sud !???
… Ils connaissent la doctrine Monroe !? Et la version doctrine « Donroe » inventée par Trump ? 😉