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    GM veut généraliser la conduite autonome sans regarder la route

    François TessierFrançois Tessier30 octobre 2026Aucun commentaire
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    GM prépare la conduite autonome sans surveillance visuelle pour ses pick-up et SUV, tout en développant ses logiciels et services numériques.

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    General Motors (GM) veut étendre la conduite autonome dite « eyes-off », qui permet au conducteur de ne plus regarder la route dans certaines conditions, à ses modèles les plus vendus et les plus rentables : les pick-up et les grands SUV. Le constructeur américain entend ainsi valoriser ses investissements technologiques et développer de nouvelles sources de revenus grâce aux logiciels et aux services numériques. Après avoir annoncé l’arrivée de cette technologie sur le Cadillac Escalade IQ électrique en 2028, GM prévoit désormais de l’étendre à d’autres véhicules, sans toutefois communiquer de calendrier précis. En parallèle, le groupe développe une nouvelle architecture informatique destinée à améliorer les fonctionnalités embarquées et les mises à jour à distance. Cette stratégie intervient alors que les constructeurs traditionnels cherchent à renforcer leur compétitivité face à Tesla, Rivian et aux marques automobiles chinoises.

    GM veut étendre la conduite autonome à ses pick-up et SUV

    General Motors prévoit de proposer la conduite autonome sans surveillance visuelle sur plusieurs de ses véhicules stratégiques. Le groupe avait annoncé l’année précédente son intention d’introduire une fonction de conduite autonome sur autoroute en 2028, d’abord sur le Cadillac Escalade IQ, un grand SUV électrique positionné sur le segment haut de gamme. Le 21 octobre 2026, le constructeur a indiqué vouloir étendre cette technologie à ses pick-up et à d’autres grands SUV, sans préciser à quelle date ces modèles en bénéficieraient.

    Cette orientation vise les catégories de véhicules qui contribuent fortement à l’activité commerciale et à la rentabilité de GM. Le constructeur souhaite ainsi exploiter ses investissements dans les systèmes d’aide à la conduite et les technologies numériques sur une gamme plus large, au-delà d’un modèle électrique coûteux dont les volumes de vente restent limités.

    La conduite « eyes-off » se distingue des systèmes d’assistance actuellement disponibles sur une grande partie du marché automobile. Ces dispositifs peuvent contrôler la direction et la vitesse dans certaines conditions, parfois sans que le conducteur ait besoin de garder les mains sur le volant. Ils exigent néanmoins que celui-ci reste attentif à la circulation et prêt à reprendre le contrôle du véhicule.

    C’est notamment le cas du système Full Self-Driving (Supervised) de Tesla et de Super Cruise, la technologie développée par GM et commercialisée depuis environ dix ans. La conduite sans surveillance visuelle représente une étape supplémentaire, puisque le conducteur peut cesser de regarder la route dans les conditions prévues par le système.

    Peu de constructeurs ont jusqu’à présent introduit des fonctions de ce type. Mercedes-Benz fait notamment partie des marques qui proposent des systèmes permettant de déléguer davantage la conduite, généralement dans des zones géographiques limitées et à faible vitesse, par exemple dans les embouteillages.

    Sterling Anderson, directeur produit de GM et ancien collaborateur de l’entreprise spécialisée dans les camions autonomes Aurora, a expliqué que le groupe développait un système conçu pour fonctionner en sécurité sur autoroute et permettre aux occupants de consacrer leur temps à d’autres activités. Il a également indiqué que GM souhaitait, à terme, étendre cette technologie à d’autres routes.

    Une nouvelle architecture logicielle pour les véhicules

    Le développement de la conduite autonome s’accompagne d’une transformation plus large de l’architecture électronique et informatique des véhicules GM. Le constructeur travaille sur une nouvelle infrastructure logicielle destinée à prendre en charge les fonctions de conduite automatisée, mais aussi d’autres services numériques susceptibles d’être proposés aux automobilistes.

    Présentés lors d’un événement organisé à New York le 21 octobre, ces projets reposent notamment sur un ordinateur central qui doit jouer le rôle de cerveau du véhicule. Cette architecture permettra aux voitures de recevoir des mises à jour logicielles à distance, selon un fonctionnement comparable à celui des smartphones.

    Cette évolution répond à un enjeu important pour l’industrie automobile. Tesla, Rivian et plusieurs constructeurs chinois ont pris de l’avance dans le développement de véhicules capables de recevoir des mises à jour à distance. Ces systèmes permettent aux fabricants de faire évoluer certaines fonctionnalités après la livraison du véhicule, sans nécessiter systématiquement une intervention physique en atelier.

    GM cherche à réduire son retard dans ce domaine en développant en interne son nouveau modèle de calcul central. Selon Sterling Anderson, cette organisation doit donner au groupe davantage de contrôle sur les logiciels, les mises à jour et les fonctions numériques intégrées à ses véhicules.

    Les constructeurs traditionnels ont longtemps confié une part importante du développement logiciel à des fournisseurs extérieurs. Cette organisation peut compliquer la coordination entre les différents composants électroniques et les systèmes numériques d’un véhicule. En reprenant davantage de contrôle sur cette architecture, GM souhaite faciliter l’évolution de ses modèles et mieux intégrer les fonctions connectées.

    Sterling Anderson a également décrit les futurs véhicules du groupe comme des « robots », soulignant l’importance croissante de l’informatique embarquée dans leur conception. L’objectif consiste notamment à développer des voitures capables d’adapter leurs fonctionnalités aux besoins des utilisateurs.

    Le constructeur prévoit par ailleurs d’introduire un assistant fondé sur l’intelligence artificielle dans le SUV électrique Cadillac Lyriq au cours des mois à venir. Cette fonctionnalité s’inscrit dans la volonté de GM d’enrichir l’expérience numérique proposée à bord de ses véhicules.

    Les services numériques, un relais de rentabilité pour GM

    Au-delà de l’innovation technologique, GM cherche à développer des revenus récurrents issus des logiciels et des services numériques. Le constructeur considère ces activités comme un moyen de compléter les revenus traditionnels liés à la vente de véhicules neufs.

    Selon les données citées par Reuters, les marges bénéficiaires moyennes des constructeurs automobiles sur la vente de véhicules se situent autour de 10 %. Les services liés aux logiciels peuvent, quant à eux, atteindre des marges comprises entre 30 % et 40 %, selon la société d’analyse PwC. Ces différences expliquent l’intérêt croissant des groupes automobiles pour les abonnements, les fonctionnalités connectées et les services numériques.

    Dans un rapport publié le mois précédent, UBS estimait que les revenus numériques de GM pourraient passer de 3,2 milliards de dollars en 2026 à 9,6 milliards de dollars en 2036. La banque considère les capacités numériques du constructeur comme une opportunité encore insuffisamment valorisée.

    Cette perspective dépendra toutefois de la capacité de GM à proposer des fonctions que les clients jugeront suffisamment utiles pour accepter de les payer. Ed Nightingale, vice-président des produits numériques du groupe, a souligné que le constructeur devait offrir des fonctionnalités attractives, sans facturer des éléments considérés comme faisant déjà partie de l’expérience automobile de base.

    La conduite autonome sans surveillance visuelle pourrait ainsi devenir l’un des services différenciants proposés sur les futurs pick-up et SUV de GM. Son déploiement devra néanmoins tenir compte des conditions de fonctionnement du système ainsi que des questions de sécurité et de responsabilité soulevées par certains dirigeants de l’industrie.

    Le principe de la conduite « eyes-off » implique en effet un transfert du contrôle entre le conducteur et le véhicule. Cette évolution soulève des interrogations sur la sécurité routière, la répartition des responsabilités en cas d’incident et l’intérêt réel de cette technologie pour les acheteurs. Son adoption commerciale ne dépendra donc pas uniquement des progrès techniques, mais aussi de la confiance des utilisateurs et de la capacité du constructeur à proposer une expérience adaptée à leurs attentes.

    Avec cette stratégie, GM cherche à faire évoluer simultanément ses véhicules, ses logiciels et son modèle économique. L’extension de la conduite autonome aux grands SUV et aux pick-up constitue l’un des volets de cette transformation, tandis que la nouvelle architecture informatique doit servir de base à d’autres fonctionnalités numériques.

    Notre avis, par leblogauto.com

    GM entend étendre la conduite autonome sans surveillance visuelle à des catégories de véhicules importantes pour son activité, après une première application prévue sur le Cadillac Escalade IQ en 2028. Le calendrier de déploiement sur les pick-up et les autres grands SUV n’a toutefois pas été précisé. La nouvelle architecture logicielle et le développement interne du calcul central doivent également permettre au constructeur de mieux maîtriser les mises à jour et les services numériques. La rentabilité de cette stratégie dépendra notamment de l’adoption des fonctionnalités payantes par les clients, dans un contexte où la sécurité et la responsabilité liées à la conduite autonome restent des sujets de débat.

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