Les exportations chinoises de voitures ont bondi de 77,5 % en août, portées par BYD et Geely, tandis que les ventes domestiques chutent pour le 11e mois consécutif.
L’industrie automobile chinoise affiche un contraste saisissant en ce mois d’août : alors que les exportations de véhicules continuent de battre des records, le marché intérieur poursuit sa dégradation, marquant onze mois consécutifs de baisse des ventes domestiques.
Des exportations en plein essor malgré un ralentissement
Selon les données publiées mardi par l’Association chinoise des voitures particulières (CPCA), les exportations de véhicules de tourisme ont progressé de 77,5 % sur un an pour atteindre 894 000 unités en août. Cette croissance, bien que toujours soutenue, marque un léger ralentissement par rapport à la hausse de 88,2 % enregistrée en juillet. Des constructeurs automobiles comme BYD et Geely Auto ont établi de nouveaux records d’exportation le mois dernier, confirmant la stratégie d’expansion internationale engagée par les principaux groupes chinois du secteur.
Le segment des véhicules électriques et hybrides rechargeables se distingue particulièrement à l’export, avec une croissance accélérée à 154,7 %, contre 147,8 % en juillet. Cette dynamique intervient alors que les restrictions commerciales imposées par plusieurs marchés se resserrent, sans pour autant freiner la progression des constructeurs automobiles chinois, qui continuent d’élargir leur présence commerciale en Europe et séduisent une clientèle croissante sur les marchés émergents grâce à des modèles combinant prix compétitifs et équipements technologiques avancés.
Un marché intérieur chinois en difficulté persistante
À l’inverse, les ventes domestiques de véhicules ont reculé de 23,7 % en août pour s’établir à 1,55 million d’unités, aggravant la baisse de 21,1 % déjà observée en juillet. Cette tendance négative touche particulièrement le segment des véhicules électriques et hybrides rechargeables, qui représente pourtant 64,7 % des ventes domestiques totales : ces motorisations ont vu leurs ventes chuter de 10,1 % sur un an en août, contre un recul de 3,9 % le mois précédent, confirmant l’essoufflement de la demande intérieure sur le plus grand marché automobile mondial.
Cette faiblesse du marché domestique pousse les constructeurs automobiles chinois à intensifier leurs efforts de développement à l’international. Parmi les acteurs qui misent sur l’exportation figure Xiaomi, nouvel entrant dans le secteur des véhicules électriques, qui cherche à atteindre ses objectifs de ventes annuelles et a signé des accords avec des concessionnaires automobiles allemands en vue d’un lancement européen prévu l’an prochain. À l’opposé, Seres, qui codéveloppe les véhicules électriques Aito avec Huawei, illustre les difficultés liées à un positionnement tardif à l’international : confronté à une concurrence intense sur le segment haut de gamme en Chine et pénalisé par son retard à l’export, le constructeur a vu ses ventes totales chuter de 44 % le mois dernier.
Des perspectives de croissance encadrées par de nouvelles règles
Selon Cui Dongshu, secrétaire général de la CPCA, les exportations chinoises de véhicules devraient atteindre 12 millions d’unités sur l’ensemble de l’année, avec une projection à plus long terme comprise entre 18 et 20 millions d’unités d’ici 2030. Cette montée en puissance des exportations automobiles chinoises suscite toutefois des inquiétudes réglementaires, les autorités craignant que la concurrence acharnée observée sur le marché intérieur, touchant fabricants, fournisseurs et concessionnaires, ne se propage sur les marchés étrangers.
Face à ce risque, les régulateurs chinois ont publié la semaine dernière de nouvelles directives encadrant les opérations des constructeurs automobiles à l’étranger. Ces recommandations mettent en garde contre les réductions de prix fréquentes ou trop importantes, ainsi que contre d’autres pratiques commerciales non conformes susceptibles de nuire aux consommateurs ou d’entacher la réputation des marques automobiles chinoises. Les principaux groupes du secteur, dont BYD, Chery et Geely Holding, se sont engagés à respecter ces nouvelles règles, bien que les autorités n’aient pas encore précisé les sanctions applicables en cas de manquement.
Notre avis, par leblogauto.com
Le contraste entre un marché intérieur chinois en berne depuis onze mois consécutifs et des exportations toujours en forte croissance illustre une réorientation stratégique assumée par les constructeurs automobiles chinois. La progression spectaculaire des exportations de véhicules électriques et hybrides rechargeables, à plus de 150 % sur un an, confirme que l’international devient un relais de croissance incontournable face à l’essoufflement de la demande domestique. Le cas de Seres, avec une chute de 44 % de ses ventes, rappelle toutefois que tous les constructeurs ne bénéficient pas également de cette dynamique, la rapidité d’entrée sur les marchés étrangers devenant un facteur déterminant. L’intervention des régulateurs chinois pour encadrer les pratiques commerciales à l’export témoigne enfin d’une volonté de préserver la réputation des marques, alors que la guerre des prix qui fragilise le marché intérieur pourrait, sans garde-fous, se propager à l’international.


Un commentaire
avec le petrole à 106$ et leurs voitures à cout cassés ils vont innonder le monde