BYD affiche un bénéfice de 10 Md¥ au T3 (+28 %), sous les attentes, alors que la concurrence s’intensifie sur ses marchés d’exportation.
BYD a publié jeudi des résultats du troisième trimestre en croissance, mais inférieurs aux attentes du marché. Le constructeur chinois de véhicules électriques a vu son bénéfice net progresser de 28 % pour atteindre 10 milliards de yuans, soit environ 1,50 milliard de dollars, selon un dépôt boursier. Ce niveau ressort en retrait par rapport à la hausse de 30 % du trimestre précédent et manque les estimations de trois courtiers compilées par Reuters, qui s’échelonnaient de 11,4 à 12,95 milliards de yuans. Cette déception intervient alors que la concurrence accrue sur le marché intérieur gagne désormais les marchés étrangers, devenus le principal relais de croissance du groupe.
Un chiffre d’affaires en reprise, des ventes tirées par l’export
Le chiffre d’affaires a augmenté de 13,6 % sur un an, à 221,5 milliards de yuans, après une baisse de 3 % au deuxième trimestre. Il met ainsi fin à quatre trimestres consécutifs de contraction. Les ventes mondiales ont progressé de 18,8 % pour dépasser 1,32 million de véhicules, selon les calculs de Reuters fondés sur les communications de l’entreprise. Les expéditions à l’étranger ont plus que doublé, compensant le recul des ventes en Chine.
L’analyste automobile Felipe Munoz tempère toutefois l’enthousiasme : selon lui, l’expansion rapide se modère car tous les autres constructeurs chinois arrivent également sur ces marchés, et « les prochains trimestres seront plus difficiles pour BYD ».
Un bilan alourdi par l’expansion internationale
La croissance à l’étranger se lit aussi dans les comptes. Au 30 septembre, les créances commerciales ont augmenté de 52,6 % par rapport à la fin de l’année précédente, et les stocks de 60,1 %, principalement en raison du développement de l’activité automobile hors de Chine, selon le dossier boursier. Dans cette dynamique, BYD cherche à obtenir l’autorisation de doubler la capacité annuelle de son usine brésilienne, pour la porter à 600 000 véhicules, a rapporté Reuters ce mois-ci.
Géopolitique et concurrence : des défis croissants
La vice-présidente exécutive Stella Li estime que la géopolitique constitue le principal défi de la croissance internationale du groupe, quelques mois après que le président Wang Chuanfu a affiché l’objectif de devenir numéro un mondial de l’automobile d’ici cinq ans. En Europe, les exportations de véhicules hybrides chinois pourraient être soumises à de nouvelles restrictions dans le cadre d’un accord de l’UE visant à limiter ces importations. BYD, SAIC et Chery figurent parmi les principaux exportateurs d’hybrides vers le bloc, où ces modèles représentent plus de la moitié de leurs ventes européennes.
Sur le marché chinois, la pression s’accentue aussi : Geely a lancé un système de recharge plus rapide, tandis que Leapmotor, soutenu par Stellantis, gagne des parts de marché avec des modèles à prix compétitifs.
Notre avis, par leblogauto.com
Le retour de la croissance du chiffre d’affaires, après quatre trimestres de baisse, est un signe positif, mais le bénéfice reste inférieur aux prévisions des courtiers. La forte hausse des stocks et des créances traduit le coût financier de l’expansion à l’étranger. Les restrictions possibles sur les hybrides en Europe menacent un segment qui pèse plus de la moitié des ventes européennes du groupe. L’avertissement de l’analyste sur des trimestres plus difficiles invite à la prudence.

