BYD dévoile la puce Xuanji A3 et renforce sa stratégie dans la conduite intelligente face à une concurrence accrue en Chine.
BYD poursuit son offensive technologique sur le marché des véhicules électriques en dévoilant plusieurs innovations destinées à renforcer sa position dans le domaine de la conduite intelligente. Le constructeur chinois, déjà leader mondial du véhicule électrique, a notamment présenté la puce Xuanji A3, qu’il qualifie de plus puissante de Chine pour les applications liées à la conduite assistée et aux futurs véhicules autonomes.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement concurrentiel sur le marché chinois de l’automobile électrique. Face à des acteurs majeurs de la technologie et de la mobilité électrique, BYD cherche à différencier son offre grâce à des avancées dans les domaines du calcul embarqué, de l’intelligence artificielle et de l’assistance à la conduite. Le groupe espère ainsi relancer la demande alors qu’il fait face à huit mois consécutifs de baisse des ventes et à une pression croissante sur les prix.
Une nouvelle puce au cœur de la stratégie technologique de BYD
Présentée par le président-directeur général Wang Chuanfu lors d’un événement organisé au siège du constructeur à Shenzhen, la puce Xuanji A3 constitue l’élément central de la nouvelle plateforme de calcul développée par BYD. Selon l’entreprise, cette architecture informatique compacte, comparable par sa taille à un ordinateur portable, vise à unifier plusieurs fonctions essentielles d’un véhicule électrique moderne.
Le constructeur affirme que la puce se distingue par son efficacité énergétique. Elle consommerait 20 % d’énergie en moins que des semi-conducteurs comparables tout en offrant des performances élevées pour les traitements liés à la conduite assistée. Cette approche doit permettre d’améliorer l’intégration entre le cockpit numérique, les systèmes avancés d’aide à la conduite et la gestion de la propulsion électrique.
L’objectif affiché est de regrouper au sein d’une même plateforme des fonctions jusqu’ici séparées, afin d’optimiser les performances du véhicule, la réactivité des systèmes embarqués et l’expérience utilisateur. Une évolution qui s’inscrit dans la tendance actuelle de centralisation des architectures électroniques dans l’industrie automobile.
La conduite assistée étendue à l’ensemble de la gamme
En parallèle de cette nouvelle plateforme, BYD a confirmé sa volonté de démocratiser les technologies de conduite assistée sur l’ensemble de ses modèles commercialisés en Chine. Le constructeur prévoit notamment de proposer des équipements habituellement réservés aux véhicules premium sur des modèles plus accessibles.
La marque prévoit ainsi d’intégrer des capteurs LiDAR à des véhicules de grande diffusion comme la berline compacte Seagull. Cette technologie de cartographie laser est généralement associée à des véhicules haut de gamme en raison de son coût élevé et de sa complexité technique.
BYD entend commercialiser cette fonctionnalité sous la forme d’une option facturée 12 000 yuan. Pour le constructeur, cette stratégie représente également une opportunité de diversification des revenus dans un contexte marqué par une intense guerre des prix sur le marché chinois des véhicules électriques.
Selon Wang Chuanfu, même les modèles les plus abordables de la gamme, comme les Seagull et Dolphin, pourront bénéficier d’une expérience de conduite intelligente généralement associée à des véhicules plus luxueux. Une orientation qui vise à rendre les technologies avancées plus accessibles à un large public tout en renforçant l’attractivité de la marque.
God’s Eye et l’ambition de l’autonomie à horizon 2027
BYD poursuit également le développement de sa technologie de conduite assistée baptisée God’s Eye. Déjà intégrée de série sur la majorité des véhicules de la marque depuis l’année dernière, cette solution fait désormais partie des piliers de la stratégie du constructeur dans le domaine de l’automatisation de la conduite.
L’entreprise a annoncé la mise en place d’une assurance d’un an couvrant les dommages pouvant survenir lors d’un accident lorsque la dernière version du système est activée. Cette initiative vise à renforcer la confiance des utilisateurs dans les technologies embarquées proposées par le constructeur.
Toutefois, le déploiement initial de God’s Eye a suscité certaines critiques. Les fonctionnalités variaient selon les modèles, les véhicules les plus abordables bénéficiant uniquement d’un régulateur de vitesse sur autoroute tandis que les fonctions de navigation urbaine avancée restaient réservées aux modèles les plus coûteux. Des utilisateurs ont également signalé des performances parfois inférieures aux attentes.
Pour améliorer ses logiciels, BYD s’appuie sur une importante collecte de données en conditions réelles. Le constructeur affirme disposer de plus de 3,15 millions de véhicules équipés de systèmes avancés d’assistance à la conduite. Ces véhicules généreraient environ 200 millions de kilomètres de données de conduite chaque jour, alimentant le développement continu des algorithmes.
BYD se prépare également à l’arrivée d’une future réglementation chinoise permettant une commercialisation plus large des véhicules autonomes. Le groupe estime qu’un cadre réglementaire favorable pourrait voir le jour dès 2027 et affirme être prêt à proposer des produits compatibles avec ce niveau d’autonomie lorsque les conditions légales le permettront.
Dans cette course technologique, la concurrence reste intense. Certains analystes soulignent que l’ampleur du déploiement des systèmes de BYD ne garantit pas nécessairement leur maturité technologique. Le constructeur fait notamment face à des rivaux spécialisés dans la conduite automatisée, tandis que Tesla poursuit de son côté une approche différente basée exclusivement sur des caméras et des réseaux neuronaux, sans recours au radar ni au LiDAR.
Notre avis, par leblogauto.com
Avec la présentation de la puce Xuanji A3, BYD confirme sa volonté d’intégrer davantage de technologies de calcul et de conduite intelligente au sein de son écosystème automobile. Le constructeur mise sur une forte intégration entre matériel, logiciel et collecte de données pour accélérer le développement de ses systèmes d’assistance à la conduite. L’extension de ces technologies à des modèles plus accessibles constitue également un axe stratégique important. Reste à voir comment ces annonces se traduiront en performances concrètes face à une concurrence particulièrement active sur le marché chinois.
Crédit illustration : BYD.

