BMW discute avec l’UE d’un prix minimum pour exonérer les Mini électriques chinoises du surtaux de 20,7 %.
Le constructeur premium BMW est engagé dans des discussions avec la Commission européenne afin d’obtenir une exemption partielle des droits de douane visant ses Mini électriques produites en Chine. Selon le quotidien économique Handelsblatt, les négociations portent sur la mise en place d’un prix d’importation minimum confidentiel qui pourrait remplacer le droit compensateur de 20,7 % actuellement appliqué par l’Union européenne aux véhicules électriques Mini fabriqués en Chine.
Les modèles concernés sont la Mini Cooper électrique et l’Aceman électrique, assemblés au sein de la coentreprise Spotlight Automotive à Zhangjiagang. Cette usine est détenue à parts égales par BMW Group et Great Wall Motor. Depuis octobre 2024, ces véhicules électriques sont soumis à un droit antidumping de 20,7 %, décidé à l’issue d’une enquête anti-subventions sur les voitures électriques produites en Chine. À cette surtaxe s’ajoute le droit de douane standard de 10 % appliqué aux importations automobiles dans l’UE, portant la charge totale à environ 31 % par véhicule expédié vers l’Europe.
BMW et la Commission européenne ont refusé de commenter ces informations. Toutefois, selon deux sources citées, un mécanisme de prix plancher à l’importation est à l’étude. Concrètement, le constructeur s’engagerait à ne pas vendre ses Mini électriques en dessous d’un seuil fixé, en échange d’un allègement tarifaire.
Un précédent avec Volkswagen et Cupra
La démarche de BMW s’inscrit dans la lignée d’un précédent récent. Le 11 février 2026, l’Union européenne a accordé une exemption totale des droits compensateurs au Tavascan électrique de SEAT / Cupra, produit en Chine via la coentreprise Anhui de Volkswagen. Ce SUV électrique est ainsi devenu le premier modèle fabriqué en Chine à bénéficier d’un allègement individuel des surtaxes décidées en octobre 2024.
Dans ce cas, Cupra s’est engagée à respecter un prix d’importation minimum confidentiel ainsi qu’un plafond annuel de volumes. De son côté, Volkswagen a promis d’investir dans des projets liés aux véhicules électriques au sein de l’Union européenne. Résultat : le Tavascan ne supporte plus que le droit de douane standard de 10 %, au lieu de la charge combinée d’environ 31 %.
BMW cherche désormais à obtenir un traitement similaire pour ses Mini électriques. Parallèlement aux discussions diplomatiques, le groupe conteste également les tarifs via des procédures judiciaires, rejoignant d’autres constructeurs automobiles engagés sur ce terrain. Cette double stratégie — négociation et contentieux — illustre l’importance économique du dossier pour le constructeur.
Pression accrue sur le marché chinois
Ces négociations interviennent alors que BMW fait face à un ralentissement de ses livraisons en Chine, son premier marché mondial. En 2025, le groupe a livré 625 527 véhicules BMW et Mini dans le pays, contre 714 500 unités en 2024. Cette baisse significative s’inscrit dans un contexte de concurrence intense sur le segment des véhicules électriques et à autonomie prolongée.
Les marques chinoises telles que BYD, XPeng et Li Auto gagnent du terrain, notamment sur le segment premium, grâce à des modèles électriques à prix agressifs. La Chine demeure la plus grande région pour BMW, mais elle a été la seule grande zone géographique à enregistrer une baisse des livraisons en 2025.
Pour répondre à cette pression, BMW prévoit de restructurer son réseau de concessionnaires en Chine. Les points de vente peu performants seront fermés ou transformés en centres de service d’ici mi-2026. Malgré ce contexte difficile, certains segments résistent : les ventes de BMW M ont progressé de 27,9 % en Chine en 2025, dépassant pour la première fois les 10 000 unités.
Offensive produit et nouvelle gouvernance
Afin de relancer la dynamique commerciale, BMW prévoit le lancement d’environ 20 nouveaux modèles en Chine en 2026. Les premiers véhicules issus de la plateforme Neue Klasse, qui marque une refonte complète de l’architecture électrique de la marque, devraient jouer un rôle central dans cette offensive produit.
Le groupe a également annoncé un changement de direction stratégique. Christian Ach deviendra Président et PDG de BMW Group Region China à compter du 1er avril 2026. Il succède à ses fonctions de PDG de BMW Allemagne, où il avait permis au constructeur de reprendre la tête du marché domestique face à Mercedes-Benz et Audi. Son expérience antérieure à la tête de Mini Allemagne pendant près de huit ans constitue un atout dans la gestion de la marque sur des marchés clés.
Dans ce contexte, l’issue des négociations avec Bruxelles pourrait peser sur la compétitivité des Mini électriques en Europe. Entre droits de douane, stratégie industrielle et repositionnement commercial, BMW joue sur plusieurs leviers pour préserver ses marges et sa part de marché dans un environnement automobile en pleine mutation.
Notre avis, par leblogauto.com
La démarche de BMW montre à quel point les droits de douane sur les véhicules électriques chinois redessinent la stratégie des constructeurs européens. L’exemple du Tavascan crée un précédent que BMW tente d’exploiter pour Mini. En parallèle, la baisse des volumes en Chine souligne la pression concurrentielle croissante sur le segment premium électrique. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer l’impact de ces négociations sur la compétitivité des Mini en Europe.
Crédit illustration : Mini.
