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    Accueil » Mondial de l’auto Paris 2026 : Alfa Romeo Cuorerosso, le baume au cœur stylistique
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    Mondial de l’auto Paris 2026 : Alfa Romeo Cuorerosso, le baume au cœur stylistique

    Nicolas AnderbeganiNicolas Anderbegani12 octobre 20262 commentaires
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    Les alfistes piaffent d’impatience

    Présentée en première mondiale au Mondial de l’Automobile de Paris 2026, l’Alfa Romeo Cuorerosso ne préfigure pas un modèle imminent mais demeure un manifeste des tendances stylistiques et techniques qui caractériseront les prochains modèles du Biscione. 

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    Depuis le Junior dévoilé début 2024 – et si l’on excepte le restylage du Tonale – aucun nouveau modèle n’est venu enrichir la gamme Alfa. La valse des plans produits revus et corrigés – avec le Fastlane 2030 en dernier avatar du genre – a repoussé les remplaçantes du binôme Giulia/Stelvio, tandis qu’une nouvelle Giulietta est dans les cartons pour 2029. Alfa Romeo a donc besoin urgemment de nouveautés, alors qu’elle n’arrive pas à franchir le cap des 100.000 ventes, et que 2026 devrait sans surprise être un exercice en baisse par rapport à 2025. 

    En attendant, Alfa renoue avec une belle tradition : proposer un beau concept-car. Si le Tonale avait été annoncé par un concept, le Junior n’y avait pas eu droit. C’est précisément la mission confiée à l’Alfa Romeo Cuorerosso, un coupé 2+2 spectaculaire. De quoi raviver la flamme des Alfistes, un peu échaudés par le Junior dont la mission était bien différente…

    La « Bellezza Necessaria », ou l’art de supprimer le superflu 

    Le nom Cuorerosso associe deux symboles profondément ancrés dans l’imaginaire Alfa Romeo. Le premier évoque l’émotion, le rapport intime entre l’automobiliste et sa voiture, le second renvoie à la passion sportive, à la compétition et à une identité visuelle qui accompagne le constructeur depuis ses origines. 

    Le message est explicite : dans un secteur automobile de plus en plus dominé par les plateformes communes, les logiciels et les stratégies d’électrification, Alfa Romeo veut préserver une personnalité immédiatement reconnaissable. C’est en effet dans cette âme éternelle, fruit d’une longue histoire, que les marques européennes les plus emblématiques peuvent trouver leur Salut, face à l’armada des marques chinoises dopées à la tech et aux prix cassés.  

    Au cœur du projet se trouve une expression employée par Alfa Romeo : la « Bellezza Necessaria », autrement dit la beauté nécessaire. Cette philosophie consiste à réduire le dessin à ses éléments essentiels, en faisant converger l’esthétique, la fonctionnalité, la technologie et la qualité. 

    A la fois sportive et sensuelle

    La première qualité réside sans nul doute dans le mélange d’élégance, de sportivité et de sensualité de ses courbes, à mille lieues du futurisme cyber ou de l’épure clinique, nouveaux dogmes esthétiques du moment. Sa carrosserie apparaît comme une sculpture presque monolithique. Les lignes de rupture sont limitées et les éléments fonctionnels cherchent à se fondre dans le volume général. On trouve donc un mélange de galbes sensuels et de lignes agressives. La puissance visuelle est obtenue par la géométrie et les proportions. 

    La carrosserie prend la forme d’un coupé 2+2, c’est-à-dire une sportive offrant deux places principales à l’avant et deux places supplémentaires à l’arrière. Cette configuration lui permet de se situer à la croisée du coupé sportif, de la grande routière et de la supercar, dont elle reprend la présence spectaculaire. Avec 4,70 mètres de longueur, 1,98 mètre de largeur et seulement 1,331 mètre de hauteur, la Cuorerosso adopte des proportions particulièrement affirmées. Elle est bien campée sur ses grandes roues, prête à bondir comme un félin. Son empattement de 2,93 mètres participe à l’impression d’une voiture étirée, basse et solidement posée sur la route. La masse annoncée est de 1 750 kilos. 

    Scudetto, Trilobo et Codatronca : le triptyque Alfa

    Le pavillon, les flancs et les volumes arrière participent à une silhouette tendue. De trois quarts, elle rappelle un peu son ancêtre Brera. La grande calandre, ornée d’un grand Biscione à l’avant, rappelle celle de la Giulia QV, ou même le one-off Giulia Zagato aperçu en 2022.  

    Les phares sont à la fois agressifs et simples dans leur dessin, un peu à la façon d’une 147. Mais dommage que l’on ait juste quelques leds horizontaux pour signer le regard, au lieu des optiques ronds qui donnaient aux Alfa cet air animal sauvage si caractéristique. Le Scudetto semble émerger directement du volume sculpté du nez, avant de se prolonger visuellement sur le capot et de se terminer avec une ligne de rupture. Alfa Romeo décrit cette forme en évoquant le sillage d’une embarcation qui glisse sur l’eau. Le capot, vu de devant, est bombé dans sa partie centrale, telle une muscle car ! 

    La surface latérale semble se contracter vers la poupe pour se terminer sur l’un des éléments les plus emblématiques de son architecture : la Coda Tronca. Alfa Romeo a régulièrement exploré les avantages esthétiques et aérodynamiques d’un arrière abrupt, notamment dans le développement de voitures sportives et de compétition, comme la Giulia TZ.

    La Cuorerosso reprend ce principe, où l’extrémité arrière apparaît comme le prolongement naturel des flancs. Sur le plan aérodynamique, la forme de la poupe et le diffuseur intégré contribuent au travail sur les flux d’air avec un coefficient de traînée Cx de 0,28. La poupe n’est pas sans rappeler l’Alfasud Sprint, avec son grand béquet aéro intégré à la carrosserie, alors que les phares ronds lui donneraient presque un air de Stratos. En tous cas, la vue trois quarts arrière évqoque une voiture de rallye.  

    Détails et lumière

    Les poignées traditionnelles disparaissent au profit d’une commande tactile intégrée au toit. Les vitrages affleurants, les logos intégrés à la carrosserie et les portes arrière à ouverture antagoniste renforcent l’impression d’un objet conçu comme un ensemble homogène. Même les rétroviseurs ont fait l’objet d’un travail spécifique. Leurs incrustations successives évoquent le drapeau italien et des ailettes aérodynamiques, tandis que leur dessin cherche à alléger visuellement la silhouette. 

    Les roues forgées revisitent le motif historique dit « téléphone ». Six éléments circulaires sont répartis selon une architecture 2+2+2 sur les trois branches. Des ouvertures triangulaires inspirées du Scudetto participent à leur identité graphique.  

    La Cuorerosso propose une teinte spécifique inédite baptisée Liquid Ink Red. La finition repose sur l’association d’une base contenant des particules d’aluminium à grain très fin et d’un vernis transparent teinté. Cette combinaison modifie sa perception en fonction de l’éclairage. La lumière semble pénétrer la peinture avant de se réfléchir depuis les couches internes. Les volumes peuvent ainsi paraître presque liquides, oscillant entre des reflets métalliques et des tonalités plus sombres. 

    Le Cannochiale revisité

    La configuration 2+2 repose sur quatre sièges individuels, entourés par une console centrale allongée et des panneaux de porte qui structurent l’espace dans le sens de la longueur. Le tableau de bord adopte une ligne horizontale fine et transversale.  

    Alfa Romeo cite comme référence l’architecture intérieure de la 33 Stradale de 1967, ainsi que celle de sa réinterprétation contemporaine.  Inspiration aviation donc, mais aussi mélange de design futuriste avec le volant et les pédales, puis de design un brin rétro avec les buses d’aération et des molettes de réglages (le sélecteur en bas de la console fait un peu raclette à neige, quand même). Mention spéciale à la langue italienne qui orne les inscriptions, comme à la grande époque : benzina, batteria, giri, etc 

    La pièce maîtresse du tableau de bord réside dans le nouveau Cannocchiale Vivente, une réinterprétation du combiné d’instruments traditionnel d’Alfa Romeo. Le dispositif propose deux configurations. En mode « Immersivo », il conserve une organisation à deux éléments, dans l’esprit des instruments classiques. En mode « Concentrato », les deux éléments coulissent et fusionnent physiquement pour former un ensemble unique et plus compact. L’interface graphique change de configuration dans cette cinématique.  Effet garanti !

    En mode Concentrato, la présentation se rapproche du dépouillement des voitures de compétition historiques, en réduisant les informations visibles lorsque la concentration du conducteur devient prioritaire. Alfa Romeo veut donc se positionner en réaction à l’inflation des interfaces écrans, des menus et des fonctions numériques. Une sorte de « fatigue » digitale dont le remède est un retour au physique et au concret.  

    Sur la console centrale, le système « Magma Display » combine une surface tactile, une molette rotative, un sélecteur de modes de conduite et plusieurs commandes physiques. Trois modes sont prévus : Cruise, Sport et Quadrifoglio. 

    Le volant est associé à une direction de type steer-by-wire. Dans une architecture conventionnelle, le volant est relié mécaniquement aux roues directrices. Un système steer-by-wire transmet au contraire les commandes par voie électronique, au moyen de capteurs, d’actionneurs et de dispositifs de contrôle. Le concept explore cette difficulté à travers le dispositif baptisé Con-tatto Volante. Alfa Romeo évoque des retours haptiques et acoustiques destinés à maintenir une relation sensorielle entre le conducteur et la voiture. 

    Un V6 hybride, pour entretenir la flamme ?

    Dans le communiqué, Alfa Romeo insiste sur un principe : quelle que soit l’architecture retenue, la technologie doit rester au service de l’émotion et du plaisir de conduite. 

    La perspective la plus extrême évoquée pour Cuorerosso associe un groupe motopropulseur hybride complet à un V6 2.9, une transmission intégrale Q4, une boîte automatique à convertisseur de couple et un arbre de transmission en fibre de carbone, comme sur les Giulia et Stelvio. Le V6 2.9 est associé aux versions les plus sportives de la Giulia et du Stelvio Quadrifoglio. Alfa Romeo veut conserver la possibilité d’une expression sportive forte au sein d’une gamme appelée à s’adapter aux évolutions technologiques. 

    A rebours de l’électrification totale pour 2027 annoncée en 2022 (c’était déjà hier !!!), la marque évoque des architectures flexibles et multiénergies, destinées à couvrir les principaux segments du marché, avec des modèles pouvant atteindre 4,70 mètres de longueur. Le constructeur mentionne également le potentiel d’accueillir des versions Quadrifoglio. Cette précision est importante, car elle suggère que la transition vers de nouvelles architectures ne doit pas nécessairement faire disparaître les variantes les plus performantes. 

    La Cuorerosso ne désigne donc pas un modèle précis à venir, mais une série de principes que les futurs véhicules pourraient décliner : proportions affirmées, identité visuelle cohérente, commandes pensées autour du conducteur et diversité des solutions énergétiques. Il serait prématuré d’en déduire les caractéristiques exactes d’une future Giulia ou d’un prochain Stelvio, mais on espère évidemment que ce concept ne demeurera pas simplement un beau manifeste.   

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    Nicolas Anderbegani
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    Petit-fils de "Citroëniste" et fils de "Béhémiste", je suis tombé dans la potion magique automobile tout petit. Charmé avant tout par les belles Italiennes, je suis passionné par les sports mécaniques, Formule 1 en pole position évidemment. Toujours prompt à dégainer mon appareil photo, je suis de près l'actualité sous toutes ses formes, aimant "shooter" des bolides en mouvement et faire des montages vidéos. Mes champs de prédilection sont l'actualité produit des marques Italiennes et des sportives en général, le sport automobile et les évènements historiques, qui recoupent ma profession d'enseignant d'Histoire. Je retranscris ma passion enfin dans l'écriture d'ouvrages.

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    2 commentaires

    1. SGL on 12 octobre 2026 18h56

      Pourra-t-on ouvrir facilement en grand et les défiler ?
      Merci d’avance.
      Car là, ça a l’air d’être du lourd !? 😍

      Reply
    2. amazon on 12 octobre 2026 19h03

      1800 kg thermique, oui c’est du lourd; un peu à rebours de la tendance de l’industrie.

      Reply
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