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    Essai Nissan e-NV200 : l’électrutilitaire

    Thibaut EmmeThibaut Emme13 juillet 2014Updated:12 décembre 2024Aucun commentaire
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    A l’extérieur

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    Esthétiquement ce e-NV200 évolue peu par rapport à son jumeau thermique et c’est surtout sur la face avant que cela se passe. La grille de calandre disparaît au profit d’une trappe façon Nissan Leaf. Les feux évoluent également. Ils sont plus larges et avec une forme moins simple que sur le thermique. Technologiquement, ils intègrent un éclairage diurne à LED qui dessine le fameux boomerang, gimmick visuel cher à la marque.

    La face avant très lisse sans sa grille de calandre donne une perception étrange dont l’oeil n’a plus l’habitude depuis l’avènement des calandres imposantes. Le bouclier, relativement simple et large, reste non peint. Cela affine un peu la face avant assez verticale comme d’habitude avec un utilitaire de ce gabarit (bien que le capot soit ici rebondi). Sur le profil, des lignes de force autour des ailes ou sur la porte arrière dynamisent un peu le trait. Cela reste un utilitaire tout de même mais Nissan fait quelques efforts comme la surface vitrée au dessus de l’aile avant ou des lignes brisées (fenêtre avant par exemple).

    Pour l’anecdote, le « détail qui tue » est la trappe à essence côté droit qui subsiste malgré la motorisation électrique. Elle ne s’ouvre pas mais la découpe de carrosserie est bien là. A l’arrière, les feux sont toujours aussi discrets avec leur forme en « B » mais adoptent ici une finition blanc cristal. Sur les carrosseries blanches ou claires cela rend plutôt bien. Pour le reste, ce e-NV200 reste très proche de la version thermique. Bien sur, le « zero-emission » est bien en évidence un peu partout sur la carrosserie et les logos Nissan sont bleutés.

    Vie à bord

    A l’intérieur en revanche pas de changement par rapport au NV200. Les habitués des utilitaires s’y retrouveront pleinement. Les plastiques sont plutôt sonores mais l’alternance des tons de gris et l’utilisation de certaines textures (contre-portes par exemple) égayent un peu le tableau. S’il présente bien, l’intérieur manque cruellement de rangements. La boîte à gants est minuscule et l’espace sur le dessus de la console centrale n’accueillera qu’un stylo et deux ou trois babioles qui glisseront au premier virage faute de revêtement accrochant.

    Le volant, repris de la Leaf, est très (trop) horizontal ce qui finit par être assez désagréable. Les boutons de vitres électriques trouvent leur place dans des excroissances où sont les manivelles dans la version de base. Ces excroissances sont pile au niveau des genoux. Par contre les sièges sont confortables et l’habitacle est assez lumineux, même en version tôlée comme ici.

    Le silence et le calme de l’électrique

    Mais le point fort de cet utilitaire reste sa motorisation bien sur. Silencieux en ville, on apprécie l’absence totale de vibration et de claquement arrêté au feu rouge. Dès le feu vert, le e-NV200 est capable de glisser là encore sans un bruit tel un tapis volant, mais est également capable de fortes accélérations. Les 109 chevaux et surtout le couple de 254 Nm de 0 à 3008 tr/min permettent de lancer les 1500 kg à vide dans une bonne dynamique.

    Bien sûr il ne faut pas regarder le 0 à 100 km/h (14 secondes) mais plutôt les accélérations vers les vitesses urbaines. Au niveau du chargement, le e-NV200 peut embarquer 4,2 m3 ou 2 euro-palettes, 770 kg ou des objets de 2,04 m de long. L’accès est évidemment facilité par les portes latérales coulissantes et par les portes arrières ouvrant sur un seuil de chargement à seulement 52 cm de haut.

    Le e-NV200 emprunte beaucoup d’éléments de la motorisation de la Leaf. Comme sur la berline électrique, outre un mode éco, l’utilitaire dispose d’un mode B. Dans ce mode, le frein régénératif est plus important. Cela permet de récupérer plus d’énergie dès qu’on lève le pied de l’accélérateur. Très pratique en ville, il permet à vide de se passer de freiner ou presque, et à pleine charge, il soulage grandement les freins.

    Sur la route, l’absence de moteur thermique est aussi très appréciable. Seuls les bruits aérodynamiques et le léger sifflement du moteur électrique se font entendre. La batterie située dans le plancher abaisse le centre de gravité et le e-NV200 ne souffre pas trop de roulis. Comme à chaque fois avec une motorisation électrique, la conduite change instinctivement. On est plus apaisé derrière le volant et on se prend très vite au jeu de faire du « lift and coast », c’est à dire anticiper les ralentissements, les virages, etc. ce qui économise d’autant l’autonomie.

    Côté autonomie justement, le e-NV20 est homologué pour 170 km en cycle NEDC ce qui va correspondre à la majorité des trajets des utilitaires urbains. Que ce soit des artisans, des livreurs ou des entreprises, ils devraient pouvoir se passer de recharge dans la journée. Côté « sur-consommation », il faut compter environ 3% pour 100 kg de charge (soit 21% à la charge maximum autorisée).

    S’ils en ont besoin, le e-NV200 offre différentes possibilités comme la wallbox, la prise domestique classique ou la charge rapide CHAdeMO. Ce mode de charge permet de récupérer 80% d’autonomie en 30 minutes. Sur une prise domestique 16A, il faudra compter 8 h de charge à l’aide du câble livré de série, ou 4 h avec la wallbox 32A/6,6kW (en option). Il est même possible de « biberonner », c’est à dire brancher pour 1h le temps du déjeuner et ainsi récupérer un peu d’autonomie.

    Côté entretien, Nissan avance un coût 40% moins cher que son équivalent thermique. L’absence de courroie de transmission, d’huile, le moindre freinage, etc. permettent de justifier ce coût inférieur. L’entrée de gamme Visia propose de série ABS, ESP, Airbags et…c’est tout ou presque. Les vitres électriques, les rétros électriques et l’équipement audio sont disponibles dès la deuxième finition Acenta et il faut aller à la 3ème finition Optima pour avoir l’air conditionné. Cette finition devrait représenter le coeur de gamme.

    Nissan a un marché potentiel de 200 000 utilitaires par an environ et met toute les chances de son côté en affichant le e-NV200 à partir de 14 310 euros HT, bonus déduit, en version Flex avec location de batterie (depuis 73 euros HT). Dans la version toute équipée le prix est de 17 720 € HT. Au final le e-NV200 est 1 500 euros moins cher que la version dCi 90 équivalente ! De quoi convaincre les pros de l’adopter ? En tout cas c’est le pari de Nissan qui a confié à plusieurs entreprises testeuses ses fourgons électriques depuis plusieurs mois. Visiblement les retours sont positifs.

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    Thibaut Emme

    Thibaut Emme est journaliste automobile et auteur pour Le Blog Auto, média spécialisé dans l’actualité auto, les essais de véhicules, les voitures électriques et l’industrie automobile créé en 2004. Depuis 2011, il couvre les nouveautés des constructeurs, les évolutions du marché automobile, les technologies liées à l’électrification ainsi que les enjeux réglementaires du secteur. À travers ses analyses et articles spécialisés, il décrypte les tendances qui façonnent la mobilité moderne.

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