Aclara investit 277 millions $ dans une usine de terres rares en Louisiane, visant à réduire la dépendance américaine à la Chine.
Aclara investit dans une usine stratégique aux États-Unis
Aclara Resources Inc., société minière cotée à Toronto et détenue à 57,7 % par le groupe Hochschild, a annoncé un projet majeur : la construction d’une usine de séparation des terres rares lourdes en Louisiane. Évalué à 277 millions de dollars, ce projet représenterait la première installation de ce type aux États-Unis, marquant une étape importante dans la stratégie de réindustrialisation américaine face à la domination chinoise sur les métaux critiques.
L’usine traitera les matériaux issus des gisements d’argile d’Aclara au Brésil et au Chili, essentiels à la production d’aimants permanents utilisés dans les véhicules électriques (VE) et les éoliennes. Selon la société, la construction devrait s’achever d’ici fin 2027, sous réserve de financements et d’accords d’enlèvement conclus avec de futurs clients industriels.
L’État de Louisiane soutient fortement cette implantation. Le site, situé sur 82 acres au Port de Vinton, bénéficiera de 46,4 millions $ d’incitations fiscales et de subventions. Cette implantation traduit la volonté américaine de relocaliser les chaînes d’approvisionnement critiques et de réduire la dépendance aux importations chinoises de terres rares, notamment le dysprosium et le terbium, indispensables à la motorisation électrique.
Une réponse à la dépendance mondiale envers la Chine
Aujourd’hui, la Chine assure l’essentiel de la production mondiale de terres rares, contrôlant l’ensemble de la chaîne : de l’extraction au raffinage. La future capacité de production d’Aclara en Louisiane représenterait environ 14 % de la production officielle chinoise de dysprosium et de terbium.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte géopolitique et industriel tendu, où les pays occidentaux cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en minéraux stratégiques nécessaires à la transition énergétique. Sous l’administration américaine, plusieurs projets miniers et industriels ont été soutenus pour réduire cette dépendance, notamment par le biais de financements publics.
Le mois dernier, Aclara a d’ailleurs obtenu un soutien financier du gouvernement américain pour un projet minier au Brésil. La US International Development Finance Corporation (DFC) s’est engagée à contribuer jusqu’à 5 millions $, assortis d’une option d’acquisition d’actions de la société. Ce partenariat confirme l’intérêt stratégique que représente Aclara pour Washington, dans un secteur jugé essentiel à la souveraineté énergétique et industrielle des États-Unis.
Des partenariats technologiques et industriels clés
Pour mener à bien son projet, Aclara a fait appel à Hatch Ltd., société d’ingénierie chargée de concevoir l’usine américaine. Un rapport de pré-faisabilité est attendu à la mi-2026, étape cruciale avant la décision finale d’investissement.
Aclara multiplie également les collaborations : un projet pilote avec Virginia Tech est en cours sur le campus de Blacksburg, tandis qu’un partenariat industriel avec l’entreprise allemande Vacuumschmelze GmbH vise à développer une usine de fabrication d’aimants en Caroline du Sud. Ces synergies renforcent la présence d’Aclara sur le sol américain et pourraient favoriser, à terme, une relocalisation partielle de ses activités depuis Vancouver.
Le directeur général, Ramon Barua, a confirmé être en discussion avec plusieurs constructeurs automobiles américains, européens, japonais et sud-coréens. Ces négociations visent des accords d’approvisionnement qui pourraient sécuriser le financement du projet tout en garantissant des débouchés durables pour les matériaux produits.
Notre avis, par leblogauto.com
Le projet d’Aclara en Louisiane illustre la dynamique actuelle de réindustrialisation verte aux États-Unis. En ciblant les terres rares, l’entreprise se positionne sur un segment essentiel à la mobilité électrique et à la transition énergétique mondiale. Si le financement reste à consolider, l’implication du gouvernement américain et des partenaires industriels crédibilise cette initiative. À terme, cette usine pourrait contribuer à réduire la dépendance occidentale envers la Chine, tout en créant une filière nord-américaine des métaux critiques.
Crédit illustration : Ndtv.
