par Nicolas Anderbegani

Propos racistes : Juri Vips viré par Red Bull

La question du racisme s'invite dans le sport automobile ces derniers jours. L'estonien Juri Vips, pilote Red Bull de F2, paie très cher son dérapage de la semaine dernière.

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Le mot de trop

La question "raciale" s'était invitée brutalement dans le microcosme de la F1 en 2020, portée par Lewis Hamiltonen plein mouvement #blacklivematters, à coups d'agenouillements et de t-Shirts revendicatifs. D'abord timorées, la F1 et la FIA ont vite emboité le pas, à grand coup de communication en faveur de l'inclusivité et de la diversité, à l'image du programme "We race as one". Une bonne manière aussi de redorer une image qui fut assez sulfureuse par le passé, entre la jeunesse trouble d'un Balestre, les déclarations à l'emporte pièce d'Ecclestone ou les frasques privées et le pédigrée politique de Max Mosley.

L'estonien Juri Vips n'a pas assez tourné sa langue dans sa bouche, surtout à l'heure des réseaux sociaux et des live où tout est scruté, enregistré et potentiellement explosif par la viralité des médias. Au cours d'une partie online diffusée en direct, l'estonien, membre du programme jeunes Red Bull, a lâché contre un adversaire le mot "nigger" puis a plaisanté sur le port d'une casquette rose qui faisait "gay", un combo parfait pour délencher désormais un tollé viral, réveiller le tribunal du net et susciter un appel immédiat au cancel.

Suspendu dans un premier temps par Red Bull, Vips est désormais purement et simplement envoyé du programme avec effet immédiat, alors qu'il avait pu participer à sa première séance d'essais libres F1 à Barcelone. Le couperet est tombé aujourd'hui dans un communiqué : "Après avoir enquêté sur un incident survenu en ligne et impliquant Jüri Vips, Oracle Red Bull Racing a résilié le contrat de pilote d'essais et de réserve de Jüri. L'équipe ne tolère aucune forme de racisme."

Les mauvaises langues diront que c'est aussi un pretexte pour écarter Jüri Vips, qui a enchainé les bourdes cette saison. Il avait rejoint le programme junior de Red Bull en 2018 et court en Formule 2 depuis 2020. Malgré deux poles, Vips a connu bien des déboires et s'est manqué à Bakou avec une sortie de piste. L'erreur de trop pour certains, et le dérapage verbal est venu couronner le tout. Vips court sous les couleurs de l'équipe Hitech Grand Prix, qui n'a pas encore indiqué si son pilote allait poursuivre la saison alors que le prochain meeting du championnat arrive.

Cette affaire devrait rappeler à la jeune génération de pilotes, biberonnée à internet et adepte du gaming sur twitch, qu'ils sont des personnages publics et que, même dans le cadre d'une partie entre amis, ils représentent leur employeur et doivent surveiller de près leur communication. N'oubions pas aussi que dans le monde anglo-saxon, le mot "nègre" est tabou et doit selon l'usage être remplacé par "N-Word", même s'il est cité de manière didactique et explicative. Plusieurs universitaires aux USA et au Canada ont été vilipendés pour avoir prononcé le "n-word", alors même qu'il s'agissait de le contextualiser dans le cadre de cours d'histoire et de sociologie. Lutter contre un terme et les préjugés raciaux qui s'y rattachent, sans pouvoir le nommer clairement...un paradoxe très orwellien n'est-ce pas ?

Nelson au piquet

Autre affaire qui a défrayé la chronique ces dernières heures : une vidéo montrant Nelson Piquet interviewé suscite une vive polémique, après que l'ancien champion du monde, évoquant l'accrochage entre Hamilton et Max Verstappen (son beau-fils) à Silverstone en 2021, ait traité Hamilton de "petit nègre". Outre que cela renvoie à la problématique raciale de son pays, où la communauté afro-brésilienne et les métis souffrent d'un mépris profond de la part de l'establishment, ce dérapage de Piquet a immédiatement sucscité condamnations sans équivoque de la F1, de la FIA et de plusieurs équipes dont Mercedes et McLaren.

En même temps, c'est Nelson Piquet , un habitué des phrases assassines et des attaques personnelles. Souvenez-vous quand il lançait des rumeurs sur la vie privée de Senna, affirmait être le meilleur des deux car "encore en vie", ou quand il s'attaquait la femme "moche" de Mansell et à sa stupidité.

Pour résumer

Juri Vips est renvoyé avec effet immédiat de la filière Red Bull suite à des propos jugés racistes, qui ont été prononcés dans le contexte d'un live sur les réseaux sociaux...l'estonien subit un coup d'arrêt brutal dans sa carrière.

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