En Chine, les ventes automobiles chutent encore malgré des exportations record de véhicules électriques et hybrides.
Le marché automobile chinois continue de traverser une période contrastée. Si la demande intérieure reste en difficulté, les constructeurs automobiles du pays compensent de plus en plus ce ralentissement grâce à la progression rapide des exportations. En avril, les ventes de voitures neuves en Chine ont enregistré leur septième mois consécutif de baisse, illustrant les difficultés persistantes du premier marché automobile mondial. Dans le même temps, les expéditions vers l’étranger poursuivent leur accélération, notamment dans le secteur des véhicules électriques et hybrides rechargeables.
Selon les données publiées par la China Passenger Car Association (CPCA), les ventes domestiques ont reculé de 21,6 % sur un an pour atteindre 1,4 million de véhicules en avril. Cette baisse prolongée intervient dans un contexte de concurrence intense entre constructeurs automobiles, alors que les consommateurs chinois restent prudents face aux dépenses liées à l’automobile.
Les ventes de véhicules thermiques et hybrides sous pression
Le ralentissement touche plusieurs segments du marché automobile chinois. Les véhicules équipés de moteurs thermiques souffrent notamment de la hausse des prix du pétrole, un facteur qui pèse sur les intentions d’achat. D’après Cui Dongshu, secrétaire général de la CPCA, les modèles à moteur à combustion n’ont pas répondu aux attentes commerciales au cours du mois d’avril.
Les hybrides rechargeables connaissent également une période plus compliquée. Les ventes combinées de véhicules électriques et hybrides rechargeables, qui représentent pourtant 60,6 % des ventes totales de voitures particulières en Chine, ont reculé de 6,8 % sur un an. Cette baisse prolonge une série de quatre mois consécutifs de repli pour les véhicules dits à “énergies nouvelles”.
Le marché chinois de l’automobile reste donc confronté à une demande intérieure insuffisante, notamment sur les modèles d’entrée de gamme. Les voitures abordables représentent encore une part importante des immatriculations neuves, mais ce segment montre des signes de faiblesse persistants. Pour les acteurs du secteur, cette situation constitue désormais un frein majeur à la reprise globale du marché.
Les exportations automobiles soutiennent les constructeurs chinois
À l’inverse, les exportations affichent une dynamique particulièrement robuste. Les exportations de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont progressé de 111,8 % sur un an, dépassant largement la hausse de 80,2 % des exportations automobiles globales.
Cette progression s’explique notamment par la hausse des prix mondiaux des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques liées à la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Dans plusieurs marchés étrangers, cette situation favorise l’intérêt des consommateurs pour les véhicules électriques, considérés comme une alternative plus économique à l’usage.
Les constructeurs automobiles chinois renforcent ainsi leur présence à l’international afin de compenser la faiblesse de leur marché domestique. Le cas de BYD illustre cette tendance. Le premier fabricant mondial de véhicules électriques a vu la baisse de ses ventes mondiales se poursuivre pour un huitième mois consécutif en avril, malgré des exportations toujours soutenues.
Les analystes de Morgan Stanley anticipent d’ailleurs une accentuation de ce phénomène en 2026. La banque américaine prévoit désormais une croissance des exportations automobiles chinoises de 33 %, contre une estimation précédente de 15 %. Dans le même temps, elle s’attend à une aggravation du recul des ventes domestiques, estimé à 11 % sur l’année.
Les constructeurs misent sur les SUV premium
Face à ce contexte difficile, les marques chinoises adaptent progressivement leur stratégie produit. De nombreux constructeurs automobiles s’éloignent désormais des véhicules économiques vendus sous le seuil des 150 000 yuans afin de privilégier des modèles plus imposants, mieux équipés et positionnés sur le segment premium.
Le salon automobile de Pékin a récemment mis en lumière cette évolution avec l’arrivée massive de nouveaux SUV haut de gamme. Cette montée en gamme bénéficie notamment à des marques comme Nio ou Zeekr, filiale du groupe Geely, qui misent sur des véhicules électriques premium riches en technologies et en équipements.
Cependant, cette stratégie ne suffit pas encore à relancer pleinement le marché automobile chinois. Malgré la forte croissance des modèles électriques haut de gamme, la faiblesse persistante des ventes de véhicules accessibles continue de pénaliser l’ensemble du secteur.
Pour répondre à cette problématique, la CPCA évoque la possibilité de créer un segment spécifique inspiré des “kei cars” japonaises. Ce type de véhicules miniatures et économiques pourrait permettre de répondre aux besoins des consommateurs ruraux et âgés tout en stimulant la demande sur l’entrée de gamme.
Notre avis, par leblogauto.com
Le marché automobile chinois confirme actuellement un déséquilibre marqué entre consommation intérieure et croissance des exportations. Les constructeurs locaux semblent désormais dépendre davantage de leur développement international pour maintenir leur activité. La montée en gamme des véhicules électriques et des SUV premium traduit également une transformation profonde de l’industrie automobile chinoise. Reste à savoir si le segment des véhicules abordables pourra retrouver une dynamique suffisante pour soutenir durablement le marché intérieur.
Crédit illustration : Leblogauto.com.

