Face à la flambée du pétrole et du marché des carburant délirant, liée aux tensions au Moyen-Orient, plusieurs pays annoncent des mesures pour limiter l’effet à la pompe. Baisse de taxes, subventions ou contrôle des prix : les réponses divergent en Europe et en Asie. En France, aucune décision concrète n’est encore actée. Tant mieux ou tant pis ?
L’Italie baisse les prix de 25 centimes
L’Italie a adopté un décret visant à réduire de 25 centimes par litre le prix des carburants. Cette mesure s’applique pendant 20 jours à partir du 19 mars et concerne le gazole, l’essence et le GPL.
Le texte inclut également deux dispositifs complémentaires :
- un crédit d’impôt destiné aux transporteurs routiers et aux pêcheurs pour compenser la hausse des coûts sur les mois de mars à mai
- un mécanisme de surveillance renforcée pour limiter les comportements spéculatifs sur les prix
L’objectif est de contenir les effets de la hausse du gazole sur les prix des biens de consommation et d’encadrer l’évolution des tarifs en fonction des cours du pétrole.
Le Japon opte pour des subventions
Le Japon a lancé un programme d’urgence reposant sur des subventions. Le gouvernement vise un prix de l’essence autour de 170 yens par litre (soit 0,93 Euros par litre NDLR).
Cette mesure intervient après un pic historique à 190,8 yens par litre. Le dispositif doit aussi être étendu à d’autres produits pétroliers comme le diesel, le fioul lourd ou le kérosène.
Portugal, Espagne, Serbie : des baisses de taxes ciblées
D’autres pays européens ont également annoncé des mesures fiscales :
- La Serbie réduit de 20 % les accises sur les carburants
- Le Portugal prolonge et élargit une baisse de taxes, avec un gain estimé à 1,8 centime par litre pour le diesel et 3,3 centimes pour l’essence
- L’Espagne prépare un plan inspiré de 2022, incluant des réductions fiscales et des aides directes à la pompe
Ces décisions visent à amortir la hausse rapide des prix liée au contexte international.
Allemagne et France privilégient le contrôle des prix
L’Allemagne travaille sur un projet de loi visant à renforcer le contrôle du marché. Les compagnies pétrolières soupçonnées d’abus devront justifier leurs pratiques.
En France, le gouvernement évoque un possible plafonnement des marges, sans mesure concrète à ce stade. Certains distributeurs se sont engagés à contenir les prix, mais aucun dispositif généralisé n’a été officialisé. Des contrôles ont eu lieu, mais visaient surtout des infractions techniques comme un prix communiqué à l’Etat qui n’était pas celui affiché en station.
En effet, en France, les prix des carburants sont libres. Aucun contrôle ne pourra trouver « d’abus » en l’Etat actuel du droit. Durant l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie, la France avait décidé d’un rabais sur les taxes carburant pour limiter le blocage de son économie. Pour le moment ici, pas de mouvement de ce genre évoqué.
Une flambée liée aux tensions au Moyen-Orient
Depuis la fin février, les cours du pétrole brut ont bondi de près de 50 %. Cette hausse est liée notamment aux frappes visant des infrastructures énergétiques en Iran et au Qatar, ainsi qu’au blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Le Brent a ainsi dépassé ponctuellement les 112 dollars le baril, après avoir frôlé les 120 dollars. Mais, la folie des prix à la pompe est désormais en grande partie décorrélée du prix du brut. En effet, le carburant est un bien qui s’achète et se vend. Le prix en Europe est fixé par le marché de Rotterdam.
Ainsi, même avec un prix en sortie de raffinerie de 50 centimes le litre (pour un baril à 80 dollars environ), il peut se négocier bien plus cher. C’est comme cela que l’on a eu des hausses brutales à plus de 2 €/l alors que ce prix n’était pas justifié par le prix du baril.
Pour rappel, un baril acheté maintenant ne sera livré grosso-modo que dans 2 ou 3 mois. La hausse aurait donc dû être décalée dans le temps sans le fameux marché de Rotterdam.
Dans ce contexte, les politiques nationales restent hétérogènes, entre soutien direct aux automobilistes et encadrement du marché.
Un coût budgétaire immédiat pour les États
La baisse des taxes sur les carburants représente un manque à gagner important pour les finances publiques. En réduisant les accises ou en finançant des subventions, les États renoncent à des recettes fiscales significatives, parfois de plusieurs milliards d’euros. À court terme, ces mesures pèsent directement sur les budgets et peuvent creuser les déficits.
Un levier pour soutenir le pouvoir d’achat
En parallèle, ces dispositifs visent à limiter l’impact de la hausse des prix à la pompe sur les ménages. En atténuant le choc, les gouvernements cherchent à préserver la consommation, qui reste un pilier de l’activité économique. Un carburant moins cher permet de maintenir une capacité de dépense dans d’autres secteurs.
Des effets en chaîne sur l’économie
La baisse des prix du carburant agit aussi indirectement sur les entreprises. Elle réduit les coûts de transport et de logistique, ce qui peut freiner la hausse des prix de nombreux biens. Cela contribue à contenir l’inflation et à soutenir la demande globale.
Un équilibre entre perte fiscale et retombées économiques
Ces politiques reposent sur un arbitrage. D’un côté, une perte de recettes immédiate pour l’État. De l’autre, l’espoir de retombées économiques plus larges, avec une activité soutenue et des recettes fiscales qui se maintiennent. L’efficacité de ces mesures dépendra donc de leur impact réel sur la consommation et la croissance.

Je vois de nombreuses raisons de ne rien faire:
1- une grande partie des automobilistes peut supporter + 30cts/litre sans se retrouver à la soupe pop, il faut donc un traitement spécifique (chèque carburant par exemple) qui visera les populations vraiment concernées
2- les caisses sont à sec, pas d’argent à mettre
3- Il est possible de négocier avec Total par exemple qui est une société 100% intégrée et qui peut donc réduire sa marge commerciale
4- Nous avons des objectifs de réductions des émissions de CO2, autant en profiter pour passer au VE, faire du vélo et prendre le train
5-le coût au 100km d’un VE est de 2.5 à 6 € en fonction du point de recharge, soit jusqu’à 10€ d’écart au 100 km.
6- on entre dans une période de grande turbulence géopolitique, après 30 ans de stabilité. il se peut que ce phénomène (la volatilité du prix du pétrole) se reproduise régulièrement, cf point 4 et 5
« les caisses sont à sec »
Arrêtons de distribuer des chèques (bientôt en bois), ce qui est votre 1ère proposition, elles se renfloueront très vite vu nos ponctions de classe mondiale.
Finançons que des VE plutôt que des pleins qui ne profitent que ponctuellement et qui ne règlent absolument rien… Sauf la fin de mois.
D’où l’intérêt des Subventions !
Globalement d’accord @ Amazon
Je rajouterais.
Acheter des énergies fossiles…c’est faire plaisir à Trump, Poutine et les monarchies pétrolières.
Le pétrole est relativement cher depuis 1974… Avant, ce n’était rien, aucune valeur, sauf pour les Allemands et les Japonais pendant la guerre forcément…
Comme par « hasard », la France va justement, mal, économiquement depuis 1974 !
J’adore les sportives thermiques… Mais pour les déplacoirs de tous les jours… Nous avons l’intérêt général à passer au maximum au VE au moins dans 3/4 des cas !
Je reproche à Macron d’avoir cédé du lest en 2018 vis-à-vis des GJ… c’est la rue qui dirige !
Il aurait fallu faire un plan « Messmer » pour le VE des déplacements quotidiens… En 2018, il avait déjà la Zoe qui n’était pas un mauvais VE… Qui aurait été utile en 2026 massivement en occasion !
Les milliards dépensés dans les baisses des taxes carburants… Les riches Suisses et Belges s’en souviennent encore… La honte de la France !
Le souci c’est la chaîne des pétroliers et distributeurs : ils augmentent de suite le prix à la pompe alors qu’ils sont sur des stocks précédents, le tout pour se faire de la trésorerie qu’il leur permettra d’acheter le pétrole plus chers et quand le baril baisse, ils ne le répercutent pas de suite pour avoir de bonnes marges…
Derrière c’est le consommateur qui trinque comme d’hab…
Après, le prix du pétrole en lui-même n’est pas très cher au litre vu qu’il y a 60 ou 65 % de taxes. Et pour l’Etat français, c’est plutôt une aubaine à court terme avec des rentrées d’impôts. Sur le moyen terme et long terme, si la situation s’éternise, ce ne sera plus le cas avec les impacts négatifs sur la conso, l’activité, les entreprises qui coulent…
Les modalités mises en place par les pays européens font peut-être forcer le gouvernement à faire quelques chose mais ils devront bien ciblés les bénéficiaires car une baisse généralisée est une ineptie dans la situation actuelle.
« pour l’Etat français, c’est plutôt une aubaine à court terme avec des rentrées d’impôts » effectivement c’est oublier que importer du pétrole c’est transférer notre argent vers les pays du moyen orient et autres « shithole countries », havre de paix, de tolérance et qui ne nous veulent que du bien.
Donc oui l’état va toucher un peu plus (uniquement via la tva, la ticpe étant fixe) mais ça appauvrtit la France
Achetez des renault électriques, c’est le meilleur choix économique pour la France : fabriquée en France , y compris l’assemblage de la batterie (les cellules sont fabriquées en Pologne), consomme des électrons bien Français
Avec l’écart de TCO très en faveur des VEs, la transition va s’accélérer c’est certain, et Renault a surement la gamme la plus sympa en ce moment (pour les populaires..) en attendant la future génération en 800V et batterie LFP.
Cette notion d’appauvrissement par l’achat de pétrole est difficile à comprendre, mais c’est la réalité. comment se sont construites les villes des UAE que l’Iran arrose aujourd’hui?Bin avec nos pleins les gars! Pourquoi L’Iran /Russie malgré les sanctions ont toujours la tête hors de l’eau ? Grace aux hydrocarbures!
Bref la plupart des pb de ce monde proviennent du Pétrole; pas de pétrole, pas d’invasion en Irak, au Vénézuela, pas d’Amoco Cadiz, pas de réchauffement climatique, etc…
Il restera toujours qq chicailleries entre voisins, mais aucune chance que cela tourne à l’embrasement mondial
Et le transfert de la TIPCE vers l’électricité, si tout le monde achète des mixers à roulettes, vous le sentez comment dans un pays ou on a pour tradition de subventionner les canards boiteux (le VE non citadin en est un parmi tant d’autres) et d’acheter (de moins en moins efficace, va falloir songer s’inscrire au club de tir, pas mal l’ont déjà fait parmi collègues/amis) un semblant de paix sociale à coups d’alloc ou de chèques ceci-cela?
C’est quand même mieux des taxes sur des énergies que l’on produit nous-mêmes… Que d’autres qui enrichissent nos ennemis et qui créaient moins d’emplois.
(sans parler l’environnement et la santé publique)
Il y a quand une notion d’alignement des planètes nettement plus favorables à passer massivement aux VE !? En France… Voire même Chinoise !? Et Dieu sait que je n’approuve que cela très moyennement !
Quand on voit qu’au Japon on est sous l’€… Comme quoi c’est possible y compris dans la situation actuelle.
Ici l’état grippe-sous privilégie le gain fiscal de court terme… et encore, si les gens ne modèrent pas leurs déplacements ce qui a toujours été le cas dans ces situations… aux impacts économiques de moyen/long terme.
Aujourd’hui le baril de pétrole… Le Brent a atteint 115 $… Mais l’important est qu’il pourrait rester durablement au-dessus des 100 $ !
Le raz-de-marée sur les achats des VE d’occasions va bientôt s’arrêter… Pas par manque de clients !
Mais par pénurie de VE disponible !