Xiaomi renforce la sécurité de ses VE

Après plusieurs accidents en Chine, Xiaomi crée un comité consultatif pour renforcer la sécurité de ses véhicules électriques.

Le constructeur chinois Xiaomi a annoncé la création d’un comité consultatif dédié à la sécurité de ses véhicules électriques, dans un contexte de critiques croissantes après une série d’accidents impliquant ses modèles en Chine. Cette décision intervient alors que le groupe, connu pour ses produits électroniques, poursuit son développement sur le marché automobile avec sa berline électrique SU7.

La mise en place de ce comité vise à évaluer et renforcer les standards de sécurité des voitures électriques produites par l’entreprise. L’annonce a été faite par Hou Jinglei, responsable du département sécurité des véhicules électriques de Xiaomi, lors d’un livestream organisé depuis l’usine de production de véhicules électriques située à Pékin. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de gestion des risques et d’amélioration continue des systèmes embarqués, des composants mécaniques et des dispositifs de protection des occupants.

Un comité consultatif face aux critiques

Dans le détail, Xiaomi prévoit d’organiser des réunions régulières associant propriétaires de véhicules, représentants des médias et experts techniques afin de recueillir des retours sur la sécurité automobile de ses modèles. La première session est programmée pour le premier semestre de l’année. Cette démarche participative vise à renforcer la transparence du constructeur et à répondre aux préoccupations relatives à la fiabilité et à la sécurité active et passive de ses voitures électriques.

Le groupe indique également disposer d’une équipe dédiée à la sécurité composée de plus de 3 500 personnes. Celle-ci inclut un centre d’enquête interne chargé d’examiner les accidents impliquant ses véhicules, d’analyser les données techniques et d’identifier d’éventuelles défaillances des systèmes électriques, des batteries ou des équipements de carrosserie.

Cette communication intervient après la médiatisation d’un accident mortel survenu en octobre dernier. Selon le média chinois Caixin, citant un rapport d’expertise judiciaire, une berline Xiaomi SU7 aurait été impliquée dans une collision avec un autre véhicule, entraînant une panne de courant. Les portes du véhicule seraient devenues inopérantes, empêchant l’ouverture après l’impact, et le conducteur aurait péri dans l’incendie qui a suivi.

L’accident de la SU7 sous les projecteurs

L’affaire a suscité une attention particulière dans les médias chinois spécialisés dans l’automobile et l’économie. Le fournisseur d’informations Yicai a relayé les conclusions médico-légales et publié un commentaire appelant Xiaomi à rappeler l’ensemble des SU7 de première génération afin d’« éliminer complètement les dangers liés aux poignées de porte ».

La question des systèmes d’ouverture des portes et de leur fonctionnement en cas de panne électrique soulève des enjeux importants en matière de sécurité passive. Dans les véhicules électriques modernes, fortement dépendants des systèmes électroniques et des architectures haute tension, la gestion des coupures d’alimentation constitue un élément clé de la conception. L’incident met en lumière les défis techniques liés à la sécurité des batteries, des circuits électriques et des dispositifs d’évacuation d’urgence.

À ce stade, Xiaomi n’a pas répondu aux demandes de commentaires concernant les rapports publiés par les médias chinois. L’entreprise cherche toutefois à afficher une posture proactive en annonçant des mesures structurelles visant à améliorer la sécurité de ses véhicules électriques et à restaurer la confiance des consommateurs.

Un enjeu stratégique pour Xiaomi

Le lancement d’un comité consultatif intervient dans une phase stratégique pour le constructeur. Entré récemment sur le marché des véhicules électriques, Xiaomi ambitionne de s’imposer face à une concurrence intense sur le segment des berlines électriques et des modèles connectés. Dans un environnement où la fiabilité, la sécurité des batteries lithium-ion et la gestion électronique des ouvrants sont scrutées de près, chaque incident peut avoir un impact significatif sur l’image de marque.

La constitution d’une équipe de 3 500 spécialistes de la sécurité et la création d’un centre d’enquête interne témoignent d’une volonté d’industrialiser les processus d’analyse des accidents et de renforcer les protocoles de contrôle qualité. Sur le marché chinois des véhicules électriques, où la croissance des immatriculations s’accompagne d’une surveillance accrue des autorités et des consommateurs, la capacité à démontrer une maîtrise technique constitue un facteur déterminant.

L’initiative de Xiaomi pourrait également s’inscrire dans une logique d’amélioration continue des systèmes de sécurité embarqués, qu’il s’agisse des dispositifs de verrouillage, des capteurs, des logiciels de gestion de l’énergie ou des mécanismes d’ouverture d’urgence. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer l’efficacité de ces mesures et leur impact sur la perception des modèles de la marque.

Notre avis, par leblogauto.com

La création d’un comité consultatif montre que Xiaomi prend au sérieux les critiques liées à la sécurité de sa SU7. L’ampleur de l’équipe dédiée et l’existence d’un centre d’enquête interne indiquent une structuration rapide des processus industriels. Toutefois, les appels au rappel des premières générations soulignent l’importance des enjeux techniques autour des systèmes d’ouverture et de gestion électrique. La réponse concrète du constructeur sera déterminante pour sa crédibilité sur le marché des véhicules électriques.

Crédit illustration : Xiaomi.

(5 commentaires)

  1. Dans les années 80, c’est les turbos qui avaient tendance à enflammer la sportive accidentée tandis que, même si les portes avaient encore des poignées normales, le conducteur y était plus souvent coincé/encastré avec au final le même résultat.
    40 ans de progrès, pour en revenir là…

    1. Dans les années 80 ils finissait très souvent éjecté car hein la ceinture balec….
      Déjà qu’on a encore 20 % des tués automobilistes (soit environ 350 tués) qui ne portent pas leur ceinture….

      1. Ceux qui ne mettent pas leur ceinture sont présents dans 20% des accidents; comme je ne pense pas qu’il y a 20% des conducteurs qui ne mettent pas leur ceinture, c’est qu’en plus d’être imprudent avec leur santé ils conduisent comme des pieds

        1. Il n’y a pas forcément que le conducteur dans une voiture… Surtout qu’il est à la seule place (la place conducteur est toujours occupée sur un véhicule en mouvement tandis que les autres ont besoin d’un capteur de poids, qui n’a longtemps pas été présent sur les modèles basiques) qui est depuis sans doute plus de 20 ans systématiquement couverte par les bip-bip qui vous font mettre la ceinture même pour simplement bouger la voiture entre le garage et la rue! Et comme c’est contrôlé au CT, pas grand monde ne doit ponter le switch de l’attache de ceinture.

          En conséquence, comme on ne compte en France que le corporel et que le taux d’occupation moyen d’un véhicule est de l’ordre de 1.3, possible que les 30% de passagers présents statistiquement pèsent bien plus lourd dans les 20% non attachés au bilan global que les conducteurs.

          Ce chiffre global ne permet en tout cas pas de faire une corrélation entre port de la ceinture et aptitudes.

          A noter que l’acte fondateur de la LCVR fut la mort des 2 filles de sa fondatrice dans la voiture du beau-frère, percutée par l’arrière (au passage, l’autre partie avait été relaxée, donc probable déboîtement sans précaution): Elles furent les 2 décès sur 5 personnes dans la voiture, dont un nourrisson. Les seules à ne pas être attachées (le couple à l’avant l’était ainsi que le couffin à l’arrière).

          Là ou cela devient cocasse vu la suite à la LCVR, c’est qu’elles ne l’avaient pas été sur demande explicite de la mère (et fondatrice), malgré la proposition de le faire du beauf: Sa voiture récente étant une des premières équipées à l’arrière.

          Elle ne s’est épanchée qu’une fois sur cette négligence (vraiment tâche s’agissant de qui a tant donné de leçons aux autres ensuite et été en partie responsable du développement répressif plutôt qu’apprendre aux gens à conduire, justement) dans une interview aujourd’hui introuvable (internet était encore loin de permettre de tout stocker/retrouver), expliquant avoir eu des craintes sur la partie thorax vs la taille de ses filles et disant que prenant souvent l’avion, la ceinture était pourtant une habitude chez elle. Et c’est là qu’avec cette précision, la double faute arrive en fait en cherchant l’excuse: Pourquoi ne pas les avoir attachées en passant la partie thoracique derrière, comme en avion justement? C’est ce que mes parents ont toujours fait en l’absence de rehausseurs/sièges enfants inexistants dans les années 70.

          S’il y a un lien à faire entre non port de le ceinture (plus encore s’agissant de ses enfants) et un trait de comportement/caractère, AMHA c’est juste de pure bêtise qu’il s’agit.

  2. C’est une information proprement… ahurissante. En gros, Xiaomi fait un communiqué pour dire aux clients qu’ils ont mis sur le marché des voitures dangereuses et qu’ils doivent faire appel à un comité consultatif (consultatif ???) concernant la sécurité de ses voitures !!!

    C’est juste avouer que le développement des voitures a été fait en négligeant la sécurité. Et en plus c’est surtout mettre un blâme sur les ingénieurs maison qui ont développé les produits.
    Hey les gars, vous n’avez pas bien étudié la sécurité, il y a eu plein d’accidents alors comme on n’a plus confiance en vous eh bien on fait appel à un comité qui va vous surveiller et corriger votre boulot !

    Ahurissant je vous le dis. Enfin ça sent à plein nez le fonctionnement d’une société communiste – genre commissaire du parti qui surveille tout.

    La perte de confiance dans cette marque est gigantesque. La réaction normale d’une marque serait de faire une campagne de rappel publique, parce que c’est la seule chose qui intéresse le possesseur d’une Xiaomi.

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