Assouplir le permis pour avoir plus de réussite : la fausse bonne idée de la Sécurité Routière

Selon plusieurs médias, la Sécurité Routière examinerait en coulisse la possibilité d’assouplir une nouvelle fois l’examen du permis de conduire pour en limiter les échecs.
Le permis sur les traces du baccalauréat ?

Lorsque l’on passe l’examen du permis de conduire, il y a plusieurs fautes éliminatoires. Prenez un sens interdit, refusez une priorité, ou même glissez un stop et c’est le demi-tour, retour à la case départ. Et l’examinateur se fiche de savoir s’il y a eu un danger ou non.

Pas assez de places, il faut donner le permis de conduire

Eh bien c’est cela que voudrait remettre en cause la sécurité routière. Depuis décembre, un groupe travaille sur plusieurs aménagements de l’examen. Le constat est sans appel, les échecs restent importants et les places sont rares. Les délais pour passer l’examen s’allongent.

Dans ce groupe de travail, on retrouve différents acteurs : administration, syndicats d’inspecteurs et organisations professionnelles d’auto‑écoles. S’ils font le bon constat, ils se trompent sur la solution.

En effet, depuis dix ans au moins, le taux de réussite national au permis reste sous les 60 %. Et quand on regarde les échecs, 93 % d’entre eux comportent au moins une des fameuses erreurs éliminatoires (cela semble logique). Réponse implacable de ce groupe de travail : il ne faut plus que les erreurs soient éliminatoires. BAM ! Lâchez le micro.

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L’Europe prône la souplesse

Pour avoir cet avis péremptoire, le groupe évoque les règles européennes, plus souples. Même en cas d’erreur manifeste, l’échec n’intervient que s’il y a une mise en danger manifeste d’autrui. On invente donc les « erreurs pas graves ». C’est quand même cette même Europe qui veut interdire le « permis à vie » et instaurer des visites médicales.

Sauf qu’au lieu de niveler par le bas, il faut, au contraire, rester exigeant tout en donnant la possibilité aux impétrants d’obtenir plus efficacement le précieux « papier rose » (qui n’est plus un papier NDLA). Ce n’est pas parce que le BAC était difficile qu’il fallait en baisser encore et encore le niveau pour afficher des taux de réussite supérieurs à 85 %.

Le Président du syndicat Mobilians, Patrice Bessone est d’ailleurs de cet avis. « Là on met des jeunes en circulation qui pourraient être, par manque de compétences, dangereux pour eux, mais également pour ceux qui circulent » déclare-t-il à BFM TV.

Notre avis, par leblogauto.com

La sécurité routière est schizophrène. Elle demande à la fois plus de rigueur sur la route, mais serait prête à assouplir l’examen qui donne droit à conduire un véhicule motorisé de plus de 50 cm3 sur route ouverte.

Comment demander à des gens à qui on donnerait le permis de suivre les règles ? Que l’Etat mette en place plus d’inspecteurs et renforce la formation et là on pourra en reparler. Toute autre décision serait une capitulation.

Autant donner automatiquement le permis de conduire, cela ira plus vite encore. Imaginez la scène demain « oui monsieur l’agent, j’ai grillé le feu rouge. Mais il n’y avait personne, il n’y a pas eu de mise en danger manifeste ».

(3 commentaires)

  1. De ce que j’ai lu par ailleurs, il s’agirait d’être plus coulant sur les stop glissés… Alors il y a certes la version « stricte » et si en voiture l’inspecteur était à bord pour se rendre compte, à moto on poussait le vice a ce qu’il puisse constater de la voiture suiveuse un temps d’arrêt strict… via des sculptures du pneu arrière un temps immobiles!
    Et comme j’avais déjà pour habitude de pas poser les pieds sur les temps d’arrêt courts (voir la durée d’un feu, on s’occupe comme on peut!), le monit m’avait dit de faire bien gaffe à ce point.

    Alors OK, c’est le jeu et pour ce jour on peut faire un effort même si on n’a pas vraiment une conduite de troud’balisé par un manche à balai, mais s’il n’y avait que des stops là ou la visibilité pose un réel problème au lieu de la signalisation la plus adaptée (un cédez le passage) quand la visibilité est là… cela se saurait aussi!

    Bref, si tous les stops étaient parfaitement justifié au lieu d’être plutôt à classer au rayon « abus de droit », personne ne se poserait la question d’être « ferme sur les principes, mais souple dans leur application »: Causes => Conséquences,
    on en revient toujours là.

    Mais sur le fond, assez d’accord que l’examen comporte toujours une part d’exercice de rigueur qu’il est bon de se forcer à faire au moins une fois. Pour ma part, quitte à changer qqchose aux permis, je serais plutôt pour faire sauter le nb d’heures minimum imposé depuis au moins 30 ans et qui emmerde ceux qui font l’effort d’être efficaces dans un apprentissage tout en n’ayant absolument rien résolu niveau taux de réussite, bien au contraire: Il en est toujours ainsi avec les bachotages imposés.

  2. Depuis le Covid, j’observe en banlieue, la nuit que beaucoup d’automobilistes ne s’arretent plus au feu rouge……

    Ils ralentissent, observent et passent…..

    Évidemment, jamais un flic……

  3. Permettre le jour du permis de commettre une faute qui pourrait être sanctionnée si elle est reproduite une fois le permis obtenu, c’est une plaisanterie de mauvais gout
    Le message adressé au au candidat au permis de conduire est vraiment mauvais, doit on apprendre le respect des règles ou bien faire passer l’idée que l’on peut les respecter à peu près
    On entend souvent parler du bilan de la sécurité routière dénoncé comme étant catastrophique et on apprend que pour le permis on pourrait autoriser les candidats à ne pas respecter toutes les règles.

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