Ford aurait exploré un partenariat avec Xiaomi pour produire des véhicules électriques aux États-Unis.
Ford a récemment été impliqué dans des discussions avec le fabricant chinois de véhicules électriques Xiaomi concernant un potentiel partenariat visant à produire des véhicules électriques sur le marché américain. Selon plusieurs sources proches du dossier, ces pourparlers, encore préliminaires, pourraient ouvrir la voie à l’implantation des constructeurs automobiles chinois aux États-Unis, un sujet sensible dans le contexte actuel de sécurité nationale et de commerce international.
Vers une coentreprise américaine ?
Les discussions portaient sur la possibilité de créer une coentreprise entre Ford et Xiaomi pour fabriquer des véhicules électriques sur le sol américain. Ford a également exploré des collaborations avec BYD et d’autres constructeurs chinois afin d’évaluer différentes opportunités sur le marché local. L’objectif pour le constructeur américain serait d’accélérer l’accès à la technologie chinoise en matière de véhicules électriques et de batteries tout en restant compétitif dans un marché automobile en pleine transition vers l’électromobilité.
Cependant, ces initiatives sont potentiellement controversées à Washington. John Moolenaar, président républicain du comité de la Chambre sur la Chine, a exprimé ses réserves, affirmant que ce type d’accord pourrait rendre les États-Unis plus dépendants de la Chine et nuire aux partenaires américains et alliés. Du côté des entreprises, Ford et Xiaomi ont démenti toute négociation concrète. Ford a déclaré que les informations étaient « complètement fausses », et Xiaomi a précisé qu’elle ne vend pas ses produits aux États-Unis et qu’aucune discussion de coentreprise n’était en cours. BYD a refusé de commenter.
Les enjeux stratégiques et la concurrence chinoise
Le directeur général de Ford, Jim Farley, a souvent souligné l’importance de surveiller les entreprises chinoises sur le marché des véhicules électriques. Il a importé un modèle SU7 de Xiaomi pour un usage personnel et a averti que les concurrents chinois pourraient représenter une « menace existentielle » pour les constructeurs occidentaux, disposant d’une capacité suffisante pour dominer le marché mondial depuis la Chine. Les entreprises chinoises, telles que BYD et Geely, ont déjà réalisé des percées importantes en Europe, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, en proposant des véhicules électriques et hybrides abordables et souvent produits localement.
Ford a néanmoins signé un accord de licence avec CATL, le géant chinois des batteries, pour produire des cellules aux États-Unis. Cette collaboration a été critiquée par certains membres du Congrès et le Pentagone, qui ont soulevé des préoccupations liées aux liens présumés de CATL avec l’armée chinoise, que la société nie. Ces discussions s’inscrivent dans un contexte politique plus large : l’administration Biden a imposé des droits de douane de 100 % sur les véhicules chinois, tandis que l’ère Trump avait introduit des restrictions supplémentaires sur les logiciels et le matériel chinois.
Perspectives pour le marché américain
Les commentaires récents de Donald Trump à Detroit ont suggéré un intérêt pour attirer des investissements chinois sur le sol américain, mais certains responsables restent opposés à l’arrivée de constructeurs chinois. Geely, propriétaire de Volvo et Polestar, a indiqué envisager une entrée sur le marché américain dans les prochaines années, ce qui pourrait intensifier la concurrence pour Ford et les autres constructeurs traditionnels. Cette dynamique souligne l’importance stratégique de la mobilité électrique et de la production locale pour rester compétitif dans un marché automobile en rapide transformation.
Si un accord avec Xiaomi ou d’autres entreprises chinoises se concrétisait, il pourrait créer un effet domino, incitant d’autres constructeurs américains à collaborer avec la Chine pour survivre, selon des anciens responsables américains. La question de l’équilibre entre investissement, sécurité nationale et compétitivité devient donc centrale dans le développement des véhicules électriques aux États-Unis.
Notre avis, par leblogauto.com
Les discussions entre Ford et Xiaomi montrent l’intérêt stratégique pour les véhicules électriques et les batteries avancées, mais elles restent démenties officiellement. La situation souligne la pression concurrentielle exercée par les constructeurs chinois sur le marché mondial de l’électromobilité. Les enjeux de sécurité nationale et de régulation commerciale compliquent l’arrivée de ces acteurs sur le sol américain. Ford devra équilibrer innovation technologique, compétitivité et conformité réglementaire pour rester un acteur majeur des véhicules électriques.
Crédit illustration : Xiaomi.
