Limiter la vitesse maximale des petites voitures à 118 km/h : l’idée est avancée par Fiat pour répondre aux contraintes réglementaires européennes. En toile de fond, la hausse marquée du prix des citadines et la question de l’utilité de certaines technologies sur des véhicules urbains.
Depuis juillet 2024, les véhicules neufs immatriculés dans l’Union européenne doivent être équipés de systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS). Ces dispositifs sont pensés pour renforcer la sécurité, notamment sur les axes rapides.
Une réglementation européenne de plus en plus contraignante
Selon Fiat, cette obligation a contribué à une augmentation d’environ 60 % du prix moyen d’une citadine au cours des cinq à six dernières années. C’était déjà une accusation portée contre les équipements de dépollution pour les renforcements successifs des normes Euro.
La proposition de Fiat : vitesse limitée et équipements réduits
Olivier François, directeur général de Fiat, évoque la possibilité de brider certains modèles urbains, comme la Fiat 500, la Panda ou la Grande Panda à 118 km/h. Cette valeur correspond, selon lui, à la vitesse maximale légale moyenne observée en Europe.
L’objectif affiché est double : réduire les coûts liés aux technologies embarquées et adapter les véhicules à un usage majoritairement urbain, où les vitesses très élevées sont peu sollicitées.
Une logique déjà observée sur certains modèles électriques
Le bridage de la vitesse n’est pas inédit. Plusieurs voitures électriques compactes sont déjà limitées : la Panda électrique ne dépasse pas 132 km/h, tandis que la Citroën ë-C3 est plafonnée à 125 km/h. D’autres constructeurs comme Renault ou Volvo décident eux aussi de brider leurs modèles. Mais, c’est à 180 km/h pour eux, et non à 118 !
Ces choix techniques illustrent une approche orientée vers la sobriété et l’adéquation avec l’usage quotidien. Renault propose même pour des raisons de sécurité de brider électroniquement la Clio à 110 km/h pour les jeunes permis. Sauf qu’elle reste conçue pour aller plus vite.
Sécurité, prix et acceptation des conducteurs
La réduction des équipements d’aide à la conduite soulève toutefois des interrogations. Caméra de recul, freinage d’urgence ou radars de stationnement font désormais partie du quotidien de nombreux automobilistes.
Si certains estiment que ces technologies sont indispensables, d’autres considèrent qu’un véhicule moins équipé pourrait suffire, à condition qu’il reste accessible financièrement. Reste une question centrale : les consommateurs sont-ils prêts à accepter des voitures neuves plus simples et moins rapides pour en réduire le prix ?
Les Français seraient-ils prêts au sacrifice ?
Et surtout, quel serait la baisse réelle du prix d’achat pour un véhicule « sous équipé » ? Les constructeurs plaident en ce moment pour la création d’une nouvelle catégorie de « sous voiture » en Europe. Avec la catégorie M1E, les constructeurs auraient là un moyen de ne pas avoir à mettre tous les ADAS et autres technologie. Sauf qu’il s’agit pour cette M1E de cibler les véhicules électriques.
Alors quid ? Déjà, les feux matrix led, complexes, chers et qui éblouissent tout le monde ne sont pas obligatoire en Europe. La climatisation non plus, ni trois couches d’insonorisation. Alors pourquoi le DG de FIAT ne retire pas cela de ses voitures ? S’il est si convaincu de la pertinence de son idée, pourquoi ne l’applique-t-il pas déjà ? Peut-être se dit-il, finalement, qu’une voiture totalement dépouillée ne se vendra pas plus qu’une autre. Le succès de la Logan mk1 est loin désormais. Ainsi, même les Sandero d’entrée de gamme se vendent moins que celles avec des options.
Surtout, en France, la vitesse maximale légale est de 130 km/h. Olivier François est pourtant Français et devrait le savoir. Prendre la moyenne c’est prendre le risque que toute une partie de l’Europe considère comme « sous voiture » ces FIAT bridées.

Toujours prendre les problèmes à leur origine: Avoir rendu obligatoire toujours plus dispositifs dont on se passait très bien, jusqu’à des trucs peu fiables (lecture panneaux, freinage automatique) avec de gros surcoûts. Idem avec les dépollutions qui sont allé trop loin après Euro6 avec au final une situation contre productive niveau fiabilité des modèles actuels et un parc qui vieillit car ils sont devenu trop chers (avec les malus en prime).
Voir aussi Carney à Davos qui expose ce pb global tournant au suicide collectif:
https://philippesilberzahn.com/2026/01/26/innover-ou-perir-la-lecon-de-mark-carney-pour-l-europe-et-la-france/