La première voiture électrique à batterie solide arrive : faut-il croire à ses 1500 km d’autonomie ?

La première voiture à batterie solide arrive : faut-il croire à ses 1 500 km d’autonomie ?
Crédit Chery

Pendant des années, la batterie solide a été présentée comme le graal de la voiture électrique. Autonomie record, recharge ultra-rapide, sécurité renforcée : les promesses sont nombreuses, mais toujours repoussées à un futur plus ou moins lointain. Pourtant, un constructeur chinois affirme aujourd’hui être prêt à franchir le pas. Avec l’Exeed Liefeng, Chery annonce la première voiture de série équipée d’une batterie solide, capable d’atteindre jusqu’à 1 500 km d’autonomie.

Une annonce spectaculaire… qui mérite d’être analysée avec méthode. Car entre avancée technologique majeure et discours marketing, la frontière est parfois mince.

La première voiture à batterie solide arrive : faut-il croire à ses 1 500 km d’autonomie ?
Crédit Chery

Une première mondiale revendiquée par Chery

Chery n’est pas un inconnu du secteur automobile. Fondé en 1997, le groupe fait partie des géants chinois de l’automobile et accélère depuis plusieurs années sur l’électrique et l’export. Sa marque premium Exeed entend désormais se positionner comme pionnière d’une technologie que tous les grands constructeurs convoitent.

Le modèle mis en avant, l’Exeed Liefeng, serait équipé d’une batterie à électrolyte solide dès sa version de série, avec une commercialisation évoquée à court terme en Chine. Une première, là où la plupart des acteurs — européens, américains ou japonais — en sont encore aux phases de tests avancés.

Batterie solide : de quoi parle-t-on exactement ?

Contrairement aux batteries lithium-ion actuelles, qui utilisent un électrolyte liquide, la batterie solide repose sur un électrolyte… solide. Ce changement, en apparence simple, bouleverse en réalité toute l’architecture de la batterie.

Cette technologie promet plusieurs avantages clés : une densité énergétique bien plus élevée, une réduction drastique des risques d’incendie, et une meilleure stabilité dans le temps. En clair, plus d’énergie stockée dans un volume équivalent, avec moins de contraintes thermiques et chimiques.

C’est précisément cette densité énergétique accrue qui permet à Chery d’évoquer des autonomies dépassant largement les standards actuels du marché électrique.

La première voiture à batterie solide arrive : faut-il croire à ses 1 500 km d’autonomie ?
Crédit Chery

1 500 km d’autonomie : un chiffre à contextualiser

L’annonce d’une autonomie pouvant atteindre 1 500 km a immédiatement attiré l’attention. Sur le papier, ce chiffre dépasse de loin ce que proposent aujourd’hui les meilleures voitures électriques, même haut de gamme.

Mais comme toujours, le cycle d’homologation est déterminant. Les chiffres avancés par les constructeurs chinois reposent généralement sur le cycle CLTC, nettement plus favorable que le cycle WLTP utilisé en Europe. Une conversion réaliste ramènerait probablement cette autonomie à un niveau inférieur, mais toujours impressionnant.

Même ramenée autour de 900 à 1 000 km WLTP, l’Exeed Liefeng resterait nettement au-dessus de la moyenne actuelle, tout en réduisant fortement l’angoisse de la recharge longue distance.

Une avancée technologique… encore progressive

Il est important de rester prudent. Les premières batteries solides commercialisées ne sont pas encore des versions “idéales”. Dans la plupart des cas, il s’agit de batteries semi-solides, combinant électrolyte solide et liquide, afin de faciliter la production industrielle.

Cette approche hybride permet de passer plus rapidement du laboratoire à la route, tout en conservant une partie des bénéfices promis par la batterie solide. Chery ne fait pas exception, et les premiers modèles ne représenteront probablement qu’une étape intermédiaire avant une généralisation complète de la technologie.

Autre point clé : le coût. La fabrication de batteries solides reste complexe et chère. Les premiers modèles devraient donc être positionnés sur des segments premium, loin des voitures électriques accessibles au grand public.

Sécurité, recharge et durée de vie : les vrais bénéfices attendus

Au-delà de l’autonomie, la batterie solide suscite un intérêt croissant pour ses avantages en matière de sécurité. L’absence d’électrolyte liquide inflammable réduit fortement les risques d’emballement thermique, un sujet sensible pour l’image des voitures électriques.

La recharge est un autre enjeu majeur. En théorie, la batterie solide autorise des puissances de charge plus élevées, sans dégradation prématurée. À terme, cela pourrait rapprocher l’expérience de recharge de celle d’un plein de carburant, en quelques minutes seulement.

Enfin, la durée de vie constitue un argument décisif. Une batterie plus stable chimiquement signifie moins de perte de capacité au fil des années, et donc une meilleure valeur résiduelle pour le véhicule.

Un signal fort pour l’industrie automobile mondiale

Que les chiffres soient pleinement atteints ou non, l’annonce de l’Exeed Liefeng marque un tournant symbolique. La batterie solide n’est plus un simple concept de salon ou de laboratoire : elle arrive sur la route, portée par un constructeur capable d’industrialiser rapidement.

Pour les acteurs européens et américains, le message est clair : la Chine entend jouer un rôle central dans la prochaine révolution de la voiture électrique. Et pour les consommateurs, cette avancée ouvre la voie à une nouvelle génération de véhicules plus endurants, plus sûrs et plus polyvalents.

L’Exeed Liefeng ne prouve pas encore que la batterie solide a atteint sa maturité ultime, mais elle démontre que la technologie est suffisamment avancée pour entrer en production. L’autonomie annoncée doit être relativisée, mais le saut technologique est bien réel. Plus qu’un simple coup de communication, ce modèle pourrait bien annoncer la prochaine grande étape de l’électrification automobile.

Un commentaire

  1. Une annonce récente en moto avec ce type de batterie, avec une version donnée pour 600km… ce qui serait une autonomie, même en prenant une réalité inférieure, supérieure aux modèles thermiques actuels:
    https://www.vergemotorcycles.com/mc_fr/ts-pro/

    Par contre le mode d’entraînement évite chaîne/courroie (et la perte de rendement allant avec) mais bonjour la complexité probable de démontage de la roue arrière au moment de faire changer ses pneus…

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